Si les Français ont tendance à s’écharper sur la signification des mots et des tenues jusqu’à en faire des polémiques qui occupent l’espace et le temps, les Anglais ont une souplesse à cet égard que l’on ne peut qu’admirer, car éluder un problème est une façon de le faire disparaître à défaut de le résoudre avant qu’il n’explose.
Pour les autorités britanniques, ces tribunaux ne sont pas des tribunaux et les juges qui portent des jugements sur le droit de la famille ne sont pas des juges, mais des arbitres auxquels se réfèrent les plaignants lors des litiges familiaux, et notamment lorsque le mariage ne fut que religieux.
Une justice parallèle à celle délivrée aux autres habitants de Grande-Bretagne, et pour laquelle les femmes musulmanes ne valent sans doute que la moitié d’un homme et sont toujours considérées comme des mineures.
Si ces tribunaux, qui ne sont pas des tribunaux, et si ces juges qui ne sont pas des juges, appliquent la charia qu’Allah, maître d’un l’Univers en expansion que la lumière met un temps infini à parcourir, a pris la peine, par l’intermédiaire de l’l’Ange Gabriel, de dicter lentement, et en alphabet archaïque, aux bédouins du début du Moyen Âge, les musulmanes ne devraient donc pas avoir les mêmes droits que les autres femmes du Royaume-Uni. Situation sur laquelle les autorités britanniques ferment pudiquement les yeux.
Bien entendu, ce panneau indiquant qu’Allah est le seul législateur dans un pays où il existe par ailleurs des lois parfaitement codifiées, paraît être une proclamation pour le moins extravagante. Mais on peut également l’interpréter comme une propagande qui, elle, reste dans la légalité.
Soyons honnête : ces tribunaux dédiés aux familles musulmanes sont-ils si scandaleux ? Les croyances aussi absurdes paraissent-elles aux athées sont des réalités qui touchent un nombre considérable de personnes. Une religion comme l’islam (ou d’autres) cesse, à mon avis, d’être transcendante lorsqu’elle s’abaisse à légiférer et à se mêler des petites affaires des hommes et des femmes. La charia était probablement une nécessité à l’époque des tribus bédouines mais elle est toujours là car considérée d’essence divine.
Il n’est donc pas étonnant que des familles musulmanes très croyantes veuillent s’adresser à des religieux pour avoir l’avis de Dieu sur leurs affaires intimes et veuillent se plier dévotement à cet avis transcendant. La justice des hommes étant toujours là pour être sollicitée, en espérant qu’elle reste encore prédominante Outre-Manche.
Et pour parler d'autre chose : je suis surpris, nous sommes le 3 octobre et la nature reste bien verte. Un peu déçu aussi, j'aime les couleurs de l'automne.