Il s’agit de « La réprimande d’Adam et Eve » de Domenico Zampieri dit Le Dominiquin (tableau peint vers 1623-1625).
A la partie supérieure du tableau figurent des têtes coupées et ailées de bambins, dignes d’un film d’horreur. Deux anges les accompagnent en commentant la scène qui se déroule au-dessous. Ces anges ressemblent manifestement à deux jeunes filles alors que le sexe des anges fut l’objet d’âpres discussions par les théologiens. Les têtes sans corps et les deux anges faisant la. causette survolent ce qui ressemble à un véhicule aérien de transport en commun chargé de voyageurs. Parmi ces voyageurs on reconnait immédiatement Dieu, bien qu’à ma connaissance Il n’ait jamais été vu, mais toujours représenté comme un patriarche d’un âge avancé, barbu et échevelé. La figure archétypale du patriarcat est entourée d’une ribambelle de petits enfants, mais perd un peu de sa majesté car partiellement dénudé en portant une nuisette un peu trop grande. Tout à sa colère contre le couple humain, on se demande si le Tout-Puissant ne lui fait pas un doigt d’honneur. La troupe enfantine qui se presse contre Lui dégage une ambiance suspecte de pédophilie tout à fait déplacée. Le bambin qui le regarde avec son doigt sur la tempe ne semble pas rassuré. A côté, l’enfant qui vous regarde a une tête de bébé et une jambe d’adolescent. Dieu a une main sur un globe et celui-ci semble gêner les enfants comprimés en arrière du bras divin, comme est gêné celui qui est courbé en le supportant.
Cependant le personnage le plus risible du tableau est Adam dont l’attitude montre déjà sa lâcheté en désignant sa compagne comme la responsable de leur indiscipline. Eve a l’air désolé et la main sur le pubis désigne le serpent comme l’instigateur de la déchéance humaine. A côté les animaux semblent s’ennuyer, cet ennui et le manque d’appétence du lion pour la brebis authentifient le lieu comme étant le Paradis qu’Adam et Eve vont devoir quitter, honteux mais déniaisés.