L’overdose de politique finit par me donner la nausée. Les impasses promises, l’instabilité et le chaos prédits par les augures qui errent de plateau en plateau en nous promettant le pire avec gourmandise m’ont poussé à me réfugier dans une valeur sûre, celle de la peinture de la Renaissance, car l’art actuel risque de me provoquer une recrudescence de la nausée.
Rien de plus classique que la fresque de la Chapelle Sixtine du Vatican de Michel-Ange. Dans l’une des compositions illustrant la Genèse écrite par les Juifs de l’antiquité, on voit Dieu dans un effort surhumain crispant Son visage créer le Soleil et la Lune. Des esprits superficiels pourraient croire que la Lune est le postérieur que l’on voit. Non, et un peu de respect s’il vous plait, car il s’agit du postérieur de Dieu Lui-même (et on se demande pourquoi Michel-Ange a éprouvé le besoin de le découvrir, peut-être pour prouver que nous sommes à Son image) qui, après avoir créé le Soleil (le grand luminaire) de Sa main droite et la véritable Lune (le petit luminaire) de Sa main gauche, s’est retourné à la vitesse de la lumière (qu’Il venait de faire surgir) pour créer la végétation dont on ne voit qu’un modeste spécimen. Et « Dieu dit : Que la terre produise de l’herbe émettant de la semence, des arbres fruitiers faisant du fruit selon leur espèce, qui aient en eux leur semence ! Il en fut ainsi. Dieu vit que c ‘était bien » (Genèse, I, 11-12). Et Il avait raison (comment en serait-il autrement ?), l’arbre est la forme de vie la plus majestueuse, la plus pacifique et la plus utile de la création.