Avec son score obtenu au premier tour des primaires de la droite, Fillon est devenu un trou noir aspirant un à un les politiciens de son camp qui, auparavant, ne lui avaient pas ménagé leurs quolibets. Le trou noir est connu pour éteindre les lumières, surtout lorsqu’elles ne brillaient guère au firmament.
Le pape est un pèlerin que les deux candidats aimeraient attirer en leur sein.
Invité du « 20 heures » de TF1, Juppé n’a-t-il pas déclaré : « Moi, je suis plus proche de la parole du pape François que de La Manif pour tous. » ? Ce à quoi Fillon a répliqué : « Le pape François dit la même chose que moi. »
Dieu reconnaitra les siens, mais Fillon est plus reconnaissable.
Pourquoi cette envie papale ?
D’abord, parce que l’électorat catholique, surtout celui choqué par le « mariage pour tous », et qui avait auparavant largement manifesté son opposition, a joué un rôle certain dans l’ample victoire de Fillon.
Ensuite, parce que le pape est, par sa propre élection, l’interlocuteur privilégié de Dieu, maître de nos destinées. De plus le clergé, et en premier lieu le Souverain Pontife, est l’intermédiaire obligé entre Dieu et les hommes, et accessoirement les femmes. Le pape est comme un secrétaire au seuil du bureau de la personne d’importance à laquelle vous ne pourrez accéder qu’avec son bon vouloir.
Comme le prouve lettre apostolique Misericordia et Misera rendue publique lundi 21 novembre dans laquelle le pape a écrit : « Pour qu’aucun obstacle ne s’interpose entre la demande de réconciliation et le pardon de Dieu, je concède à tous les prêtres, à partir de maintenant, en vertu de leur ministère, la faculté d’absoudre le péché d’avortement ». Ajoutant : « le pardon de Dieu ne peut être nié à quiconque s’est repenti ». (La Croix).
Donc le pape sait ce que Dieu veut, et sait à qui il peut ouvrir la porte de son bureau.
Alors vous pensez bien qu’un tel allié a du poids pour le second tour des primaires de la droite et qu’il est bon de le mettre de son côté.