Pour un homme public et surtout pour un politicien, il est de plus en plus difficile de mentir. La masse des données disponibles est telle, la facilité avec laquelle les affirmations peuvent être vérifiées, et la rapidité de la diffusion de l’information, devraient inciter les politiques à ne pas mentir sciemment. Le seul mensonge qui peut, à la rigueur, passer est le mensonge par omission (dont les politiciens font un large usage), sans être certain qu’il ne sera pas un jour ou l’autre découvert.
A cet égard Mr Fillon a montré qu’il est un homme du passé. A plusieurs reprises il a stupidement menti comme d’affirmer qu’il n’avait qu’un seul compte avec son épouse alors qu’il en a, je crois, dix-sept, et c’est lui-même qui a été amené à rétablir la vérité. Pourquoi avoir dit, alors que personne ne le lui demandait, que la journaliste du Sunday Telegraph qui avait réalisé l’interview de Mme Fillon où celle-ci déclarait qu’elle n’avait jamais été l’assistante de son mari, s’était manifestée auprès de Penelope « pour lui dire à quel point elle était choquée par l’utilisation qui a été faite de cette interview », ce qui a été immédiatement démenti par la journaliste britannique dans un tweet sans équivoque.
Je vais finir par croire que François Fillon – outre son amour de l’argent - n’est pas très intelligent.
Mais dans le cas du politicien français menteur, le mensonge n’a qu’un temps. Par contre avec Mr Trump le mensonge est affirmé contre toute évidence et maintenu comme une « réalité alternative », une autre vérité, que les réseaux sociaux de ses partisans se chargent d’authentifier par leur approbation massive (la fameuse « post-vérité »).
A tout prendre, je préfère les mensonges de Mr Fillon que personne ne prend pour des vérités à ceux de Mr Trump qui me paraissent plus dangereux car proférés par le dirigeant de la première puissance mondiale, se conduisant en Narcisse enfermé dans un monde parallèle avec le risque qu'il prenne des décisions ne cadrant pas avec le monde réel.