Salvador Dali : « La métamorphose de Narcisse »
Après le mariage pour tous, voilà le mariage pour soi ou plutôt le mariage avec soi ou « sologamie ». D’après un article de Slate se référant à des sources américaines, la première personne à se marier avec elle-même aurait été Linda Baker en 1993. Une certaine Nadine Schweigert aurait déclaré en 2001 au moment de convoler avec elle-même : « Moi, Nadine, promets d’apprécier ma propre vie et de savourer une histoire d’amour pour toujours avec ma merveilleuse personne ». En janvier 2015, une femme de Houston s’est mariée avec elle-même au cours d’une cérémonie devant sa famille et ses amis, accompagnée d’une cohorte de dix demoiselles d’honneur.
On est bien obligé de vivre avec soi-même jusqu’à ce que la mort nous sépare, ce qui n’est pas toujours le cas pour les couples mariés par le maire et même par le prêtre, mais comme dans les couples, on peut s’aimer ou arriver à détester ce que l’on est. Il y a donc des personnes qui s’aiment elles-mêmes à ce point qu’elles éprouvent le besoin de célébrer cet amour devant témoins par une cérémonie de mariage factice. Le mariage donne ainsi un lustre à leur statut que le célibat n'a pas.
Il est à noter que se sont toujours des femmes (dans les exemples donnés et dans les déclarations) qui s’auto-épousent. Est-ce à dire que les femmes ont une meilleure opinion d’elles-mêmes, ou que lassées d’attendre l’âme sœur, ou n’escomptant jamais la trouver, elles décident, en définitive, qu’elles ne trouveront pas meilleur compagnon ou meilleure compagne qu’elle-même.
Ce qui implique une sexualité solitaire car aller se satisfaire ailleurs serait se tromper soi-même. Un adultère du moi à l’égard du soi ouvre des horizons psycho-philosophiques inexplorés. Peut-on être jaloux de soi-même ? Et peut-on divorcer de soi-même en cas de conflit ? Et dans ce cas, qui garderait les enfants ?