Pendant de longues années j’ai vécu la guerre froide entre les USA et l’URSS. Les crises n’ont pas manqué, notamment celle de Berlin et celle des missiles installés à Cuba, pourtant je n’ai jamais vraiment eu peur d’une guerre entre les deux superpuissances. Peut-être parce que j’étais plus jeune, et au sortir de la Deuxième Guerre Mondiale, la probabilité d’une troisième me paraissait peu probable. J’avais aussi l’impression que ceux qui étaient à la tête des USA et de l’URSS jouaient un jeu équilibré et tenaient les uns comme les autres à cet équilibre qu’ils avaient installé de concert à Yalta. Cette fois, je ne suis pas rassuré. L’équilibre est rompu avec l’implosion de l’URSS et avec l’apparition d’autres puissances qui viennent se mêler au jeu. Et surtout avec un joueur imprévisible, Poutine, qui joue avec un jeu du XXe siècle, jusqu'à traiter l'armée ukrainienne d'armée nazie et l’idée fixe, mégalomaniaque et paranoïaque d’en rétablir la configuration quel qu’en soit le prix. Transposition temporelle, retour vers le passé dans un mauvais film d'horreur. Disposant d’une belle panoplie d’ogives nucléaires, il ne cesse de répéter que son bouton le démange. Son jeu devient dangereux pour la planète, surtout s’il est acculé.