Hier nous avons profité de la climatisation d’une salle de cinéma. Certes, il a fallu absorber une bonne demi-heure de publicité tonitruante, car c’est le seul endroit où, prisonnier du fauteuil, on ne peut y échapper. Mais en goûtant la fraîcheur, j’ai pu m’amuser en regardant « Spy » un pastiche de film d’espionnage où le héros est une héroïne, petite et obèse, mais dynamique.
Pendant ce temps les Grecs votaient « non » et refusaient ainsi les dernières propositions de l’UE et du FMI qui avaient d’ailleurs été retirées avant le referendum. Un refus qui n’est guère étonnant car il semble que parmi les défenseurs du « oui » figurait la brochette des anciens dirigeants de la Grèce responsables au premier chef de la panade dans laquelle se trouve actuellement le pays, créancier historique et débiteur insolvable. De surcroît, le « oui » était également défendu par des têtes fortunées qui par phobie administrative avaient régulièrement omis de payer leurs impôts, et ne cachaient pas préférer que l’on ampute davantage les petites retraites plutôt que leur train de vie.
Les autres pays de la zone euro expriment une certaine mauvaise humeur à l’idée de devoir encore verser leur argent dans le tonneau sans fond des Danaïdes, appareil astucieux inventé par les Grecs, et qui par respect de leur mythologie n’envisagent de le réparer qu’avec réticence en arguant de leur liberté et de leur résistance devant l’invasion de ceux qui leur prêtent de l’argent.
Mélenchon fait plaisir à voir. Il exulte. Il trouve normal que la Grèce soit définitivement entretenue par les autres, parce qu’il s’imagine avec candeur que ce ne sont pas les peuples qui vont à la fin payer l’addition.
Les esprits communisants semblent garder la nostalgie de l’emprunt russe du siècle dernier dont l’absence de remboursement avait permis aux bolcheviks de faire main basse sur l’argent des épargnants européens.