Le ministre de l’Economie Emmanuel Macron ne semble guère être apprécié par beaucoup de membres du parti socialiste dont il n’a d’ailleurs pas la carte. Dans un article qui lui est consacré dans un magazine, il est rapporté les propos peu amènes d’un de ses collègues du gouvernement, secrétaire d’Etat : « Il n’a aucune autre légitimité que d’être le collaborateur de François Hollande. Il suffit que le président claque des doigts pour que sa carrière s’arrête ! ».
Ce secrétaire d’Etat se sent légitime à son poste parce qu’il a été élu quelque part. Est-il maire d’une commune, et a-t-il été élu par ses administrés pour le récompenser d’avoir planté des platanes sur la place de la mairie ? Est-il le député d’une circonscription, et a-t-il été élu après avoir serré cordialement les mains sur les marchés ou simplement parce qu’il se présentait au nom de son parti dont il avait reçu l’investiture ? A moins qu’il soit sénateur, élu par ses pairs et aucunement par les citoyens. Je ne saurais le dire
Mais ce secrétaire d’Etat se sent légitime à ce poste national parce qu’il a recueilli les suffrages à un scrutin local.
Curieusement à ses yeux la compétence, l’action, les décisions apparaissent comme secondaires et ne rendent pas légitime. Pour lui la légitimité permettant d’agir sur le plan national ne peut sortir que des urnes aussi peu nombreuses soient-elles, quelles que soient les magouilles qui ont abouti au choix du candidat, et quelle que soit sa médiocrité.
On voit bien par là qu’en France, la politique est un métier et souvent le seul que connaissent les politiciens, et qu’une élection est une onction, alors ils n’aiment pas ceux ou celles qui ne jouent pas le jeu.
Dessin de Geluck