Nous baignons dans les champs électromagnétiques (CEM) d’origine multiple : radio, micro-ondes, téléphones portables, wi-fi… dont nous ignorons la nocivité réelle, mais jusqu’à présent elle n’a jamais été mise en évidence. Cependant, des gens se plaignent (et c’est une souffrance réelle) d’être « électro-sensibles » et de ressentir des troubles difficiles à cerner en raison même de leur profusion puisque 55 symptômes différents ont été recensés dans une étude en 2005, mais également de leur nature subjective, allant des sensations de picotements aux vertiges en passant, bien sûr, par la lassitude. 46 études portant sur 1175 volontaires n’ont pas permis d’établir un lien entre ces symptômes et les CEM, et dans certaines d’entre elles, les mêmes troubles ont été provoqués par des expositions simulées (effet nocebo). (Lire la suite de l’article « 107. Les ondes maléfiques »).
Début juillet, pour la première fois en France, le Tribunal du contentieux de l'incapacité (T.C.I.) de Toulouse, se basant sur une expertise médicale (je serais curieux d’en connaître la teneur), a jugé qu’une plaignante, Marine Richard, souffrait d'un syndrome dont « la description des signes cliniques est irréfutable ».
Le T.C.I., a évalué sa déficience fonctionnelle à 85%, et a estimé qu'elle ne pouvait pas travailler. Il lui a été accordé le droit à une allocation pour adulte handicapé - environ 800 euros par mois - pour trois ans, éventuellement renouvelable.
La plaignante se disait électro-sensible et accusait les ondes électromagnétiques de provoquer ses troubles non spécifiques car retrouvés dans un grand nombre d’affections.
Ceux qui se déclarent « hypersensibles » citent souvent les antennes-relais, portables, téléphones sans fil ou wifi comme causes directes de leurs maux, mais l'hypersensibilité n'est pas reconnue officiellement en France comme maladie et fait l'objet de controverses entre experts.
A noter ici que la justice a statué sur le taux d’invalidité de la plaignante en raison de ses symptômes. Il ne s’agissait pas de juger si les symptômes en question étaient dus - ou non - aux ondes électromagnétiques.
Même si la relation de cause à effet ne fait pas partie du jugement, il risque néanmoins de faire jurisprudence : « Cette reconnaissance par la justice est une grande première en France », a commenté Etienne Cendrier, porte-parole de l’association Robin des Toits qui milite pour la sécurité sanitaire dans les technologies sans fil. « C'est une percée », a ajouté Marine Richard.
Mais il est à craindre que dans cette percée vont s’engouffrer les simulateurs à la recherche d’une pension d’invalidité puisque cet handicap peut fort bien être simulé, et les névrotiques à la recherche d’une cause précise à leurs troubles.