Comme vous le savez sans doute, Yacine Chaouat avait été nommé à « l'Intégration républicaine » dans le « gouvernement socialiste », récemment composé et plutôt pléthorique. Il a du rapidement démissionner car on a vite découvert qu'il avait été condamné à six mois de prison avec sursis pour violences conjugales aggravées sur sa conjointe en mars 2010.
En dehors du fait que la connaissance des dirigeants socialistes sur le passé de leurs responsables laisse à désirer, que « l'Intégration républicaine » me paraît être un poste plutôt honorifique, c'est la réponse de l'intéressé qui ne manque pas de sel, voici la dernière phrase de son commentaire à la suite de sa démission :
« C'est avec tristesse que je constate que dans la France d'aujourd'hui on n'a pas le droit à une deuxième chance quand on est musulman ».
On peut conclure de cette conclusion :
D'abord, que Mr Chaouat est mal intégré dans « l'Intégration républicaine » dont il devait être un des responsables au parti socialiste, puisqu'une des caractéristiques de la République Française est la laïcité.
Ensuite, qu'il se pose en victime d'une discrimination, défense trop aisément mise en avant pour tenter de décrédibiliser une mise en accusation aussi justifiée soit-elle (discrimination qui ne l'a pas empêché d'être auparavant l'adjoint du maire du XIXe).
Enfin, qu'il déplore avec tristesse une discrimination non pas ethnique, qui serait d'emblée interprétée comme un racisme (ce qui ferait désordre au parti socialiste), mais religieuse, en laissant penser qu'une discrimination religieuse est à placer sur le même plan qu'une discrimination raciste. Glissement sémantique bien illustré par le terme d'« islamophobie », non utilisé ici, mais manifestement sous-entendu à la fin de sa déclaration.