Voir un poisson sorti de l’eau et agonir sur le sol, soulevé par des soubresauts d’abord frénétiques puis de plus en plus rares, est un spectacle cruel. J’ai la même impression en regardant les tentatives pour survivre du parti socialiste. Mme Hidalgo investie officiellement pour concourir pour la présidence de la République, alors qu’elle est incapable de gérer correctement la ville de Paris, cherche désespérément à se débarrasser de ce fardeau (que Ségolène Royal serait prête à assumer) en faisant des propositions aux autres champions de la gauche, chacun d’eux rejetant avec mépris chacun de ses soubresauts pathétiques. Et voilà que l’inévitable Taubira, tel un Zorro de la gauche, statue du commandeur en matière morale (sauf pour encourager les Guyanais, largement touchés par la covid-19, à se faire vacciner), aimerait jouer au sauveur. Elle se jette à l’eau en pensant pouvoir réunir la gauche sous sa houlette. Curieux pour une personne qui s’était surtout illustrée dans la désunion en ayant jadis provoqué la chute de Jospin par sa candidature à la présidentielle de 2002, et en piquant ainsi les voix qui lui auraient permis d’accéder au 2ème tour contre Chirac. Mme Taubira, toujours imbue d’elle-même, croit pouvoir nager même sur un sol aride.