L’obligation du pass sanitaire en entreprise est en discussion. Comme il va se muer probablement en pass vaccinal, cette obligation est, bien sûr, une forte incitation à se faire vacciner. Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a d’emblée déclaré, avant la réunion prévue avec la ministre Elisabeth Borne, qu’une telle obligation serait « absurde et totalement inefficace ». Qu’elle soit difficile à mettre en œuvre, c’est probable, mais elle n’est pas absurde, et elle n’est sûrement pas inefficace, d’une part pour pousser les gens à la vaccination, et d’autre part, on sait qu’entre vaccinés la contamination est plus faible, et même en cas de contamination le risque de se retrouver aux soins intensifs est nettement moindre. Voilà donc un responsable syndical qui se prétend compétent pour prendre les bonnes mesures sanitaires, même s’il l’est pour discuter les modalités de leur application. Depuis le début de cette pandémie la plupart des opposants au gouvernement mettent en doute la plupart des mesures sanitaires imposées par ce dernier comme s’il s’agissait de mesures politiques, or le gouvernement ne fait que suivre les recommandations des équipes médicales qui le conseillent, mais en tenant compte des impératifs autres que sanitaires dans un équilibre qui ne serait simple pour personne. Tout cela pour dire qu’il est plus que regrettable de mélanger
politicailleries et mesures sanitaires. Les opposants qui ne le font pas se grandissent, d’autant plus qu’il y a bien d’autres critiques à faire au gouvernement en dehors du domaine de la santé. Ceux qui choisissent ce terrain pour s’opposer sont finalement minables. Quand la pandémie sera contrôlée, on pourra alors faire le bilan de la gouvernance pour lutter contre elle en fonction des connaissances du moment, mais s’opposer pour s’opposer en cette matière fait douter du sens des responsabilités de l’opposant.