Je suis toujours stupéfait de l’adoration dont sont entourées les vedettes du chaudbise et notamment les chanteurs. Leur apparition sur scène provoque des scènes d’hystérie dans la foule à majorité féminine. Hurlements, trépignements, bras levés et parfois quelques malaises liés à l’émotion de voir en chair et en os leurs idoles le plus souvent bizarrement accoutrées et amplement tatouées. Les cris redoublent dès que l’objet idolâtré daigne sortir de sa guitare et/ou de sa bouche la première note de musique que l’on hésite parfois a qualifier comme telle.
La dévotion des fans s’apparente au sentiment religieux, sauf que là, le dieu (ou la déesse) est vivant. Vivant mais mortel, et lorsqu’il disparait, il laisse ses admirateurs dans le désarroi et l’abandon. Les fidèles abandonnés restent parfois groupés pour pleurer la disparition de leur dieu. C’est le cas des 2000 personnes réunis dans l’association « Michael Jackson community » dont le siège est en France.
Michael Jackson avait du talent, mais il était assez perturbé pour vouloir se transformer de beau noir en vilain blanc au teint blafard et au nez pincé. Quoi qu’il en soit sa vie a été abrégée le 25 juin 2009, par la main thérapeutique lourde du Dr Conrad Murray (condamné pour homicide involontaire). Et depuis ses fans français sont inconsolables. Leur souffrance a été authentifiée par des certificats médicaux (on se demande sur quels critères cette souffrance psychique a été évaluée par les médecins) et ils ont porté plainte contre le Dr Murray pour le préjudice affectif qu’ils subissent en raison de son acte thérapeutique radicale.
Le Tribunal de Grande Instance d’Orléans vient de leur donner gain de cause en accordant à cinq d’entre eux 1 euro symbolique. Cet euro, dit-on, leur permettra de faire leur deuil. L’argent aussi réduit soit-il permet ce miracle. Le destin, lui, est insolvable.