Il y a une expression très prisée par nos politiques, à commencer par Emmanuel Macron, et qui tourne d'un dirigeant à l'autre, c’est celle de « révolution copernicienne ». Ce qui veut suggérer un changement radical dans un projet ou une conception comme le fut celle du chanoine et médecin polonais Nicolas Copernic affirmant que la Terre tournait autour du Soleil et non l’inverse. Une conception en effet révolutionnaire qui ne fut divulguée qu’après sa mort, ce qu’il n’avait pas fait de son vivant par un souci d’exactitude, et pour ne pas heurter sa hiérarchie ecclésiastique qui a longtemps pensé que l’Homme étant une création de Dieu devait être, en toute modestie, au centre de l’univers, Galilée en a su quelque chose. On voit à quel point cette expression sortant de la bouche d’un politique est à la fois d’une extrême prétention, et d'un ridicule achevé en mettant sur le même plan une conception de l'univers et une décision, le plus souvent foireuse, touchant une petite fraction hexagonale de la croûte terrestre. Une telle proclamation grandiloquente annonçant un nouveau monde a l'ambition d'impressionner les électeurs et leur faire tourner la tête, mais ceux-ci ne la perdent pas, ayant assistés à une « révolution copernicienne » à peu près tous les ans, ils aimeraient ne pas être pris pour des billes, et se gardent bien d’y croire pour ne pas avoir le tournis et se faire rouler. Illustration Joannès Vermeer : "L'astronome"