Avec un smartphone on peut pratiquement tout faire, si bien qu’il fait partie intégrante de la plupart des personnes surtout lorsqu’elles sont jeunes. Les femmes, en particulier, ne s’en séparent jamais, et elles le portent le plus souvent dans une main pour ne pas prendre le risque de perdre une communication le temps de le chercher dans leur sac, mais en prenant en contrepartie le risque de se le faire voler à l’arraché comme je l’ai vu récemment faire dans le métro parisien.
C’est d’ailleurs dans le métro que l’on voit la place prise par cet objet quand on compte le nombre de voyageurs les yeux fixés sur l’écran de leur téléphone, et qui continuent à le fixer, comme hypnotisés, dans les couloirs et les escaliers. J’ai lu récemment une boutade de Sylvain Tesson : « Dans le métro, je profiterai des correspondances pour écrire des lettres ». C’est ce que font les voyageurs du métro en tapant leurs messages avec leurs pouces tout en marchant pour changer de ligne.
Il y aurait actuellement 1,5 milliard d'utilisateurs de smartphone dans le monde, et il semble que L'addiction au smartphone est similaire par de nombreux aspects à la dépendance à internet
Une étude a été faite sur 319 étudiants turcs (203 femmes et 116 hommes, âgés de 20,5 ans en moyenne). Pour ce qui concerne le sommeil, l’anxiété et la dépression, l’évaluation a été faite sur les non utilisateurs (71), les faibles utilisateurs (121) et les forts utilisateurs (127). Il existe une corrélation positive entre les scores d'addiction et les niveaux de dépression, d'anxiété, de mauvaise qualité subjective du sommeil et les troubles du sommeil. Ce sont les femmes et les jeunes utilisateurs qui sont les plus vulnérables à une forte utilisation et à une addiction au smartphone.
Mais on pourrait aussi renverser la corrélation et considérer les scores importants de dépression, d'anxiété, le sexe féminin, et le jeune âge comme des facteurs prédictifs d'une forte utilisation du smartphone. (Source : Journal international de médecine du 9/10/15)
Il est incontestable que les objets connectés sont abrutissants, surtout lorsqu’ils sont mobiles et donc omniprésents. Est-ce la raison pour laquelle les religions semblent s’y intéresser ?
Dès janvier 2010, le prêtre anglican David Parrott avait transformé la traditionnelle “bénédiction des charrues” en “bénédiction des portables”. A Londres, il avait prononcé à l’époque cette prière : “Que nos langues soient douces, nos e-mails simples et nos sites web accessibles.” Tandis que ses ouailles tendaient leur téléphone, le prélat s’était ainsi adressé à Dieu : “Par ta bénédiction, Seigneur, que ces téléphones et ces ordinateurs, symboles de la technologie et de la communication dans notre vie quotidienne, nous rappellent que tu communiques avec nous et nous parles par ton verbe, amen.”
Récemment, en Belgique, dans la ville de Beauraing, 300 personnes environ ont demandé à l’abbé Christophe Rouard d’asperger d’eau bénite leurs terminaux connectés, tablettes et smartphones, après qu’ils aient participé à une conférence dont le thème fut « Tablettes et smartphones… quand c’est le ciel qui sonne ? », censée « expliquer aux chrétiens le sens que peut avoir un smartphone »,
Est-ce bien sensé ?