Le 15 février dernier, l’Iran (dont l’ouverture reste, en fait, aussi fermée qu’auparavant, mais sanctions économiques en moins) a ajouté 600000 dollars à la prime, qui s’élèvera à 3,9 millions, promise à celui qui assassinera Salman Rushdie, l’auteur des Versets sataniques, ouvrage paru en 1988, et considéré comme blasphématoire par le monde musulman et son auteur comme apostat.
Ce livre souleva des manifestations violentes dans de nombreux pays, et même un autodafé en place publique à Bradford (GB). L’immense majorité des manifestants n’ayant évidemment pas lu le livre à l’origine de leur déchaînement de haine, il leur suffisait que d’autres pensent pour eux.
L’appel au meurtre vint de l’ayatollah Khomeini, le premier guide suprême de la théocratie iranienne et la plus haute autorité des années 80 chez les chiites. Cet homme au regard sévère et à la barbe fournie avait auparavant trouvé refuge en France, soutenu, entre autres, par Michel Foucault et le couple Jean-Paul Sartre-Simone de Beauvoir, qui firent en leur temps un sans-faute en n’évitant aucune erreur en matière de choix politique. Les islamo-gauchistes sont en cela leurs dignes successeurs, talent littéraire mis à part.
Khomeini, fidèle à l’islam qui remplace la justice par des fatwas, décisions prises par des individus outrecuidants prétendant posséder la vérité, voire même être inspiré par Dieu lui-même (c’est plus sûr), condamna l’écrivain à mort en février 1989 (quelques mois avant sa propre mort) et demanda à tout « bon musulman » d’exécuter cette sentence. L’ambassadeur d’Iran au Vatican, aucunement influencé par l’Evangile du coin, déclara à l’époque vouloir étrangler l’écrivain de ses propres mains.
L’imam Abdullah al-Ahdal, recteur du Centre islamique de Bruxelles qui, lui, fit preuve de modération, fut assassiné en mars 1989. Les tentatives de meurtre se multiplièrent sur les éditeurs et les traducteurs (un japonais fut même assassiné 1991). Trente-sept personnes d’un festival culturel périrent dans l’incendie d’un hôtel en Turquie.
Et Salman Rushdie vit sous protection depuis 27 ans ! L’importance de la prime offerte et sa majoration devraient attirer des tueurs.
Mais attention, pas d’amalgame, l’islam ne serait aucunement violent, même si les appels au meurtre de nombre de ses guides et la barbarie qui s'en revendique pourraient le laisser supposer. C’est une « religion de paix et de tolérance », qu’on se le dise.