Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais le terme de « citoyen » qui revient sans cesse, servi pour n’importe quoi, comme alibi, comme argument, comme moralité, finit par m’exaspérer.
Les hurluberlus (ceux qui ne sont pas dangereux) de la Place de la République de Paris enlèvent des dalles pour créer un « jardin citoyen », bavardent sans fin dans des assemblées citoyennes qui ne représentent qu'eux pour prendre des décisions citoyennes destinées à stationner dans le iCloud. Et le chef de l’Etat lui-même s’est livré à un « débat citoyen » !
Que veut dire ce « citoyen » ? Evidemment, le terme sent la Révolution de 1789 où tout le monde avait acquis par lui un statut égalitaire, l’inégalité réapparaissant cependant lors d’une décapitation.
Il n’est pas étonnant qu’il est utilisé par les pseudo révoltés citadins dont une bonne partie est entretenue par la collectivité ou les parents, mais le Chef de l’Etat a également éprouvé le besoin de qualifier sa prestation audiovisuelle de la sorte. Pourtant n’est-il pas lui-même un citoyen ? Un débat entre citoyens d’un même pays n’est-il pas tout simplement un débat.
Alors pourquoi ajouter de plus en plus « citoyen » à toute démarche que celle-ci vienne des politiques ou contre eux ? Pour montrer sans doute que la démarche prétend être faite dans l’intérêt de tous. Argument de moralité qui perd beaucoup de sa crédibilité par l’emploi excessif du terme. Un emploi excessif qui sent la propagande à l’heure où la citoyenneté n’est justement pas admise par tous.