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443. La vertu et le vice

 Cette annonce suscite au moins deux questions. La première est, bien entendu, l’inscription du droit (ou de la liberté, selon une autre formulation proposée plus restrictive) à l’interruption volontaire de grossesse dans la Constitution, et d’après les analystes, cette inscription a toutes les chances d’être adoptée par les 3/5 des assemblées.

L’IVG encadrée par la loi est une nécessité. Ayant en tant que jeune médecin, avant la loi de 1975, assisté à la détresse des femmes recourant aux « faiseuses d’anges » qui les amenaient trop souvent à l’hôpital pour des complications parfois mortelles après un avortement dit « criminel ». Le fait qu’il soit considéré comme « criminel » et qu'il soit dangereux ne dissuadaient pas les femmes, en raison de leur situation, à ’interrompre leur grossesse dans des conditions le plus souvent déplorables.

Je comprends donc que l’on veuille protéger au maximum la loi qui permet aux femmes de recourir à l’IVG si elles le désirent, en sachant bien que ce recours est difficile, pénible, et jamais décidé de gaité de cœur de leur part. Pourtant cette loi a-t-elle sa place dans une charte dont le but est de préciser les principes et le mode de gouvernement ? Un fait médical au milieu des lois de gouvernance ? Je suppose que l’introduction de la loi de 1975 dans la Constitution rendrait son abrogation difficile mais pas impossible sous un gouvernement d’une autre nature.  D’autres sont sûrement mieux placés pour discuter de la légitimité et de l’efficacité d’une telle démarche.

La deuxième question est plus politique. D’après le texte cité ci-dessus, le droit à l’IVG se retrouverait au milieu d’une révision plus large de la constitution et pourrait constituer, en quelque sorte, un cheval de Troie pour que le reste soit adopté. C’est malin, mais vicieux, si c’est le cas et dans la mesure où les articles du projet de révision de la Constitution ne seraient pas susceptibles d’être adoptés séparément. Le vice n'est jamais loin de la vertu.

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S
 <br /> Du temps des boomers, il était interdit d'interdire, dans Charlie Hebdo est paru le "Manifeste des 343 salopes" illustré par Cabu. Et la loi Veil fut adoptée sans problème.<br /> Aux USA, chaque Etat légifère, ce qui provoque des inégalités de traitement du contentieux quand il y en a. Il est arrivé que le géniteur s'insurge contre une IVG et demande réparation, la Cour Suprême l'a débouté.<br /> Macron prend peut-être les devants : droit à l'IVG dans la Constitution, et les litiges seront réglés en Conseil Constitutionnel (les "Sages")
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B
Deux ou trois reflorions sans intérêt particulier :<br /> "...élaboré dans un recherche de consensus... etc. ", ç'aurait été tout aussi bien si l'Elysée et ses porte-paroles de l'Express avaient parlé de "élaboré après et à l'issue d'une  longue recherche collective et citoyenne d'un consensus" (mais je peux me tromper !)<br /> Je ne suis pas sûr que Madame Simone Veil qui n'est quand même pas pour rien dans la "dépénalisation" de l'IVG autre que pour convenance personnelle il y a bientôt 50 ans ait souhaité que celle ci devienne un droit constitutionnel (mais je peux me tromper !)<br /> "Je suis évidemment partisan, comme les 3/5 des élus..."...alors ça, j'ignorais que vous faisiez partie des zheureux zélus... Moi, plus modestement, comme 20% des concitoyens, je veux bien que l'IVG soit encadré par la Loi, mais guère plus (mais, etc...) <br />  
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