Ces directives, recommandations et bonnes conduites quasi quotidiennes* tombent dans près d’un million de boîtes mail. Et ce ne sont pas des petits billets, mais des documents qui ont facilement plusieurs pages, mentionnant les références juridiques des décisions, ce qui n’empêche pas le manque de précision et les contradictions. On finit par ne plus les comprendre et par ne pas saisir le caractère urgent ou non de la communication. Bien sûr, j’en prend connaissance à une vitesse record cherchant une accroche qui pourrait m‘intéresser. Je conçois la réaction excédée de mes confrères en activité devant ce flot d’informations alors qu'ils ont autre chose à faire qu’à lire des poulets concoctés par des administratifs qui n’ont que ça à faire, et de lassitude ils finissent par ne plus les lire. "Nous, médecins, avons une activité assez importante. On voit bien que les gens qui sont à l’origine de ces DGS-Urgent sont des personnes qui passent la journée à se 'masturber l’esprit'. Elles ne se rendent pas compte des réalités de terrain : le généraliste n’a pas le temps pour lire !". Certains parlent même de « harcèlement et de « maltraitance numérique ». Compte tenu de l’évolution incertaine et changeante de l’épidémie, il est certain que la communication est nécessaire mais elle est compliquée, et il n’est pas étonnant qu’une injonction nouvelle vienne contredire l’injonction précédente, qu’une nouvelle organisation rende obsolète l’organisation que l’on avait déjà eu du mal à mettre en place. Ces « DGS-Urgent » destinés à informer les praticiens pour des évènements critiques deviennent envahissants s’agissant d’une situation dont on ne voit pas la fin. La fluctuation obligée des directives me fait penser un peu à la désorganisation de l’armée française en 40 où l’estafette en moto était porteur d’un ordre et son passager sur la siège arrière était porteur du contre-ordre. Notre président ne nous a-t-il pas dit que nous étions en guerre ? * (Le 28 janvier j'en ai reçu 4 !)