Ce temps est révolu. Le praticien est couramment agressé dans son cabinet de consultation, et souvent violemment, pour une attente trop longue, ou une ordonnance qui ne satisfait pas l’ayant-droit. Les échauffourées dans les services des urgences sont courantes jusqu’à briser les mains d’un urgentiste parce que celui qui accompagnait le patient s’était un peu « énervé ». Les agressions dans les hôpitaux sont pratiquement quotidiennes. Il faut comprendre : certaines personnes, surtout lorsqu’elles viennent du sud, ont le sang chaud.
En Syrie, les hôpitaux sont les cibles privilégiées des bombardements, ce qui permet d’achever les blessés, et de soulager le travail des quelques médecins survivants. Les ambulances conduites par des suicidaires sont devenues dans plusieurs villes d’Irak des armes explosives efficaces contre les civils sans méfiance qui leur laissent courtoisement la priorité pour aller tuer plus aisément dans des lieux plus peuplés.
L’OMS dit que ce n’est pas bien d’utiliser les ambulances pour tuer des gens. Cette organisation onusienne sera sûrement écoutée car elle explique à ces grands enfants turbulents pourquoi il est vilain de faire une chose pareille. Il faut espérer que les futurs « martyrs », s’il leur reste quelques neurones en état de marche, seront sensibles à des arguments aussi ringards.