Pour la première fois le Grand Palais expose des oeuvres de la peintre suédoise Hilma af Klint (1862-1944). Si elle gagnait sa vie en peignant des oeuvres figuratives, elle a exprimé ses expériences de contact avec l’Au-Delà fournies par ses séances de spiritisme, puis sa conscience trans-religieuse obtenue grâce à la Théosophie et enfin ce que lui a apporté le cosmos et la nature par l’anthroposophie de Steiner, en peignant des oeuvres forcément abstraites car comment exprimer autrement le spirituel que par l’abstraction ? En peignant ces oeuvres spirituelles parfois de façon automatique, l’artiste affirmait se sentir traversée par des forces occultes qui guidaient sa main.
C’est ainsi que cette artiste (un peu à côté de ses pompes tout de même) s’est retrouvée à l’avant-garde d’un mouvement pictural sans le vouloir, en demandant cependant que ces oeuvres « spirituelles » ne soient rendues publiques qu’au moins vingt ans après sa mort, elles le furent quarante-deux ans après.
Les tableaux exposés font partie du cycle des « peintures du Temple » (1906-1915). Il y en avait beaucoup, en voici quelques-uns :
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Que dire de ces tableaux ? Indépendamment de la valeur spirituelle qu'on pourrait leur attribuer, notamment pour les deux derniers reproduits, je les trouve beaux en eux-mêmes, certains préfigurent ceux de Kandinsky. Notons cependant que pour ce type de peinture, l'accumulation des oeuvres placées côte à côte dans une exposition donne une impression de répétition qui les dévalorise un peu.