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Très petite reflexion sur "l'aide à mourir"

Le Parlement doit légiférer sur la fin de vie. S'agissant de "l'aide à mourir", la loi actuelle le permet chaque jour lorsque le patient est en phase terminale. La question se pose pour les malades qui veulent éviter cette phase terminale marquée le plus souvent par la souffrance et la déchéance. On agite toujours le spectre d'une élimination par intérêt, dans les pays qui ont déjà légiféré depuis longtemps dans ce domaine on n'observe rien de cette sorte.
C'est une question absolument personnelle, à ceux qui sont opposés à cette possibilité d'une aide active à mourir, on peut poser la question : en quoi cela vous dérange-t-il que d'autres y aient recours ?

Illustration : Egon Schiele "Agonie"

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P
Certes, il peut y avoir des dérives. Certains procès ont mis en lumière les "excès de compassion". Quant aux aides par intérêt (les poudres de succession du grand siècle), je pense qu'elles sont rares.<br /> Mais que faire face à quelqu'un qui souffre et ne peut s'administrer lui-même le produit létal?
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D
Je mets la religion dans les idéologies, elle est une interprétation du monde dont les idéologues qui l'ont inventée tirent des obligations. Que ceux qui y croient les suivent mais ils n'ont pas à les imposer aux autres.
P
PS: Ni l'idéologie ni la religion n'ont à faire dans cette question si ce n'est dans des cas individuels, c'est à dire lorsque le patient lui-même refuse l'euthanasie.
D
Si on ne peut pas choisir de naître ou pas, on devrait pouvoir choisir le moment et la façon de mourir...simplement. Aucune idéologie portée par autrui ne devrait interférer dans un tel choix. Mais on peut comprendre ceux qui répugnent à en fournir officiellement les moyens.
C
Il me semble que c'est surtout aujourd'hui une opposition de cathos réacs. La religion catholique glorifie la douleur et la souffrance. Pour les plus croyants, il y a le calvaire du Christ qui rachète nos péchés (1). Et aussi , la souffrance des martyrs qui fait d'eux des saints et qui est une des voies pour quitter cette "vallée de larmes" et aller s'installer à la droite de Dieu.<br /> <br /> Pour les plus politiques, il s'agit de passer à bon compte pour un défenseur de la vie ( anti-avortement, anti euthanasie...) avant d'envoyer des centaines de milliers de jeunes à la mort, à la souffrance et aux handicaps lourds pour la gloire d'un dirigeant.<br /> <br /> <br /> (1) au fait, je me pose parfois la question avec angoisse : mes propres péchés sont-ils compris dans le rachat d'origine ? J'espère que Oui, sinon je suis dans la merde !
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D
A propos de ce billet, je ne pense pas que tout ce beau monde est sur la même ligne.
S
Cathos réac, et ceux qui se donnent le beau rôle pour défouler leur agressivité, genre écolo-islamo-gauchistes, wokistes de tout poil déferlant sur les rézozozios.
D
Oui le poids des religions est toujours là avec leurs contradictions : elles respectent la vie, et donnent ou ont donné la mort à l'occasion. La souffrance (qui a été magnifiée) fait partie intégrante du christianisme dont le symbole est tout de même un instrument romain de torture et les reliques mortuaires des objets de contemplation.
B
Parce que c'est un changement radical de paradigme et de société et que (bien que pas médecin et contrairement au docteur Wargon) je ne pense pas que le serment d'Hippocrate soit obsolète<br /> Parce que, légal et gratuit, de fortes pressions sociales voire familiales, médicales ou financières, et ayant un caractère culpabilisant peuvent s'exercer sur les personnes fragilisées <br /> Parce que contrairement à votre déclaration il existe déjà de nombreuses dérives et abus (Belgique, Pays-Bas, Canada...) et qu'il a été reconnu que les critères actuels seront très vite élargis.<br /> Parce que l'idée originelle (pas encore totalement abandonnée) de déclarer une "aide à mourir" ("aide à cesser de vivre"...?) en dit long sur la réalité du problème et l'hypocrisie qui l'entoure.
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D
Pour ce qui me concerne, je n'ai pas une attitude arrêtée sur cette question primordiale car il n'y a que des cas particuliers et si une législation ne peut pas tous les envisager, elle peut suffisamment les encadrer pour éviter des dérives majeures (pressions etc...). En tant que médecin, j'aurais été plus que réticent à donner la mort, mais le patient peut se suicider lui-même avec les moyens qu'on lui donne. Une partie du serment d'Hippocrate est effectivement obsolète dans la pratique courante et un changement de paradigme n'est pas un argument, la plupart des modèles finissent par voler en éclats et dans nombre de cas pour un bien. En matière d'hypocrisie, c'est en France qu'elle règne :" l'aide à mourir" lentement existe déjà : drogues et abstention, ceux qui ont de l'argent peuvent éviter une déchéance douloureuse, pas les autres. Enfin la liberté de mourir est l'ultime liberté et devrait être un choix personnel qui ne regarde personne mais le suicide est un acte difficile à réaliser et encore faut-il être capable physiquement de le réaliser.
L
En effet, il faut laisser chacun choisir la façon dont il veut sauter le pas, légiférer est inutile !
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D
Il peut être difficile de se suicider soi-même.