Les praticiens à diplôme hors Union européenne (Padhue) ont manifesté dans les rues de la capitale le 12 février, pour protester contre les résultats des dernières épreuves de vérification des connaissances (EVC) avec comme slogan : « pour que cesse ce colonialisme moderne ».
Pour exercer dans les hôpitaux français, les médecins dont le diplôme n’a pas été acquis dans un des pays de l’Union européenne doivent obtenir aux épreuves de vérification des connaissances un note supérieure à 6/20. Donc même pas la moyenne pour leur confier des malades. On ne peut guère parler de sévérité, on pourrait même parler de laxisme s’agissant de responsabilités médicales. Le fait que le nombre de médecins étrangers* ayant obtenu au moins cette note, tout de même minable, soit inférieur au nombre de postes à pourvoir est considéré par les intéressés, qui n’ont jamais été colonisés, comme du colonialisme mais pas comme de l’incompétence. Le terme de colonialisme étant une accusation qui tient de l’automatisme mental puisque l’on refuse au contraire de les exploiter. Ils manifestent pour exiger que tous les postes à pourvoir soient pourvus même si les examinateurs estiment que certains n’ont pas la compétence pour les assumer. Si à chaque fois qu’un descendant de colonisé s’estimant lésé se considère comme victime du colonialisme, c’est vouloir bénéficier d’un statut héréditaire dont on se demande dans combien de décennies il sera abandonné.
* « En 2024, 10 000 candidats ont participé au concours, dont 7 000 déjà présents sur le territoire, selon l'Union fédérale des médecins, ingénieurs, cadres et techniciens de la CGT, qui soutient le mouvement. Sur les 4 000 postes ouverts en médecine, odontologie, pharmacie et maïeutique, seuls 3800 ont finalement été admis »