Voici revenu le temps de la guerre mondiale. Jamais deux sans trois. Pendant que les uns jettent sur des tableaux de la soupe et de la purée en utilisant ce qu’ils ont dans la tête, d’autres ne cessent de parler de guerre atomique autrement plus efficace que le pétrole pour provoquer un réchauffement climatique définitif manifestement lié à l’activité humaine. L’attardé du 20ème siècle qui loge au Kremlin lorsqu’il quitte sa demeure impériale nous menace régulièrement de l’apocalypse, fort bien décrit par les médias à sa botte, en répétant comme un gamin turbulent qui met le feu : ce n’est pas moi, c’est lui. Le vieux de la Maison Blanche répète qu’il a les moyens de le punir s’il appuie sur le bouton qui le gratte, tout en gardant un œil sur le Chinois à l’air pas commode et qui laisse son petit copain joufflu de la Corée du Nord jouer avec de grosses allumettes dont l’une est passée récemment dans le ciel du Japon. Les généraux, les amiraux, les experts et expertes parlent de guerre et de stratégie sur les plateaux avec une satisfaction manifeste, en profitant de l’instant pour étaler leur science du désastre comme si c’était un spectacle à suspense où les morts plus ou moins entiers, plus ou moins carbonisés, victimes de tueurs de masse qui ne seront jamais condamnés, se relèvent à la fin pour saluer le public, à condition que celui-ci soit revenu de la manifestation pour défendre le pouvoir d’achat lui permettant de consommer des produits fabriqués ailleurs, dans un climat social qui se réchauffe avant d’exploser.