S’il y a des prêtres orthodoxes russes qui prennent courageusement parti pour la fin d’une guerre qu’ils estiment fratricide entre la Russie et l’Ukraine, d’autres poussent Poutine à continuer une guerre qu’ils estiment messianique. J’ai vu aujourd’hui à la télévision un prêtre orthodoxe décontracté parler de l’atomisation du monde comme d’un avenir dont il ne faut pas avoir peur, et comme une illustration de la « fin des temps » que seul Dieu peut décider.
Un avenir que nous promettent nombre de religions, soit comme la fin d’un cycle du type « on efface tout et on recommence » sur d’autres bases, soit comme un transfert ailleurs de l’humanité en majorité coupable et dont le sort restera à déterminer.
On ne peut s’empêcher de penser que la fin du monde non recyclable qui figure dans les religions abrahamiques est tout de même l’aveu qu’il était écrit que le monde créé par Dieu, serait un échec puisque sa destruction était prévue, une autodestruction car la mission était impossible. Un travail salopé en quelque sorte. Bien sûr, le croyant pense que ce n’est pas Dieu qui a salopé le travail puisqu’Il ne peut pas se tromper, mais l’Homme à qui Il a donné imprudemment (ce qui suggère que Dieu n’est pas si parfait que ça) une liberté à l’évidence mal employée par sa créature. Chacun rejette la responsabilité sur l’autre. Curieusement, l’athée accuse Dieu auquel il ne croit pas, et le croyant s’accuse lui-même car il est né coupable ou accuse l’athée ou le mécréant de ne pas croire en son Dieu.
Comme l’atomisation du monde est un procédé sûr pour aboutir à la fin des temps, néanmoins localisée à la Terre, l’immensité de l’Univers ayant échappé aux créateurs des religions, on peut se demander qui pourra succéder à l’Homme dans un monde carbonisé pour relancer la machine à perdre. Peut-être que la vie surgira à nouveau de la mer comme la dernière fois. Heureux comme un poisson dans l’eau.