Si en ce moment les médias en France sont surtout occupés par le déluge qui s’est abattu sur la Côte d’azur, cela fait tout de même quelques temps que l’on n’entend plus guère parler de la vague migratoire à l’assaut de l’Europe, mise à part l’assaut de l’Angleterre par l’envahissement du tunnel sous la Manche.
Quelques journaux se sont seulement livrés à des additions. Libération signale que depuis le début de l’année, 630000 migrants sont entrés illégalement en Europe. Certains journaux allemands commencent à s’affoler en calculant qu’en 2015 l’Allemagne aura la chance d’accueillir 1 million 500000 personnes venues du Moyen Orient et d’Afrique, et estiment qu’avec le regroupement familial, il est à prévoir que ce chiffre pourrait atteindre 7 millions 360000 ! La popularité d’Angela Merkel serait en passe de baisser au fur et à mesure que le nombre d’immigrés augmente (Le Figaro)
Mais même avant le déluge sur la côte de la Méditerranée, les reportages sur les traversées méditerranéennes chaotiques des migrants, les noyades et les repêchages effectués par le Européens sur les conseils bienveillants des passeurs ont pour l’instant disparus, ainsi que les images des foules cherchant à passer les frontières.
Est-ce à dire que la vague migratoire a cessé ? Sans doute pas. Mais si les médias n’en font pas état, l’évènement n’existe plus. S’il n’est pas transmis, il reste local et ignoré du monde. Un évènement ignoré n’a plus d’existence.
Nous pourrions appeler ce phénomène d’évanouissement de l’évènement par l’occultation médiatique de médialyse.
Inversement, les médias peuvent hypertrophier un évènement en en parlant sans cesse, en multipliant les reportages et les images, en sélectionnant les images les plus parlantes, voire arrangées pour provoquer l’émotion. Il arrive même que pour une bonne cause les interviews et les images soient non seulement arrangées mais fausses, comme ce fut le cas du faux charnier dont furent accusées les autorités communistes de la Roumanie et qui contribua à leur chute.
Nous pourrions appeler ce phénomène de transformation (ou de manipulation) médiatique de la réalité de médiaplastie. Une chirurgie de l’évènement parfois pour l’améliorer, plus souvent pour l’enlaidir.
Petite illustration : "Le lecteur" d'Edouard Vuillard