Comme le suggère Pangloss, l’application de la réforme de l’orthographe de 1990 (ce qui prouve la nécessité urgente de son application pour pallier les insuffisances de l’enseignement du français), risque de provoquer une éclosion de nouvelles fautes d’orthographe, comme si leur nombre actuel était insuffisant.
Il est en effet possible que « l’apprenant », devant l’incertitude des références, soit amené à hésiter entre deux façons d’écrire un mot pour trouver finalement, grâce à son imagination fertile, une troisième façon, en espérant que le ministère de l’Education nationale se sentira obligé dans l’avenir de l’entériner afin de ne pas le stigmatiser.
L’impératif absolu de l’école d’aujourd’hui étant de ne pas stigmatiser le cancre et non pas de l’amener à ne plus l’être.
Il faut admirer les subtilités de la gouvernance actuelle capable de susciter des débats parfaitement stériles et de promouvoir des réformes cosmétiques sur la façon de battre la mesure pendant que le Titanic s’enfonce dans les flots.
Cette réforme autoritaire de la langue française aura néanmoins l’intérêt de diviser la France en deux, ajoutant une division supplémentaire à celles qui existent déjà entre :
Les nouveaux néo-réac qui continueront à écrire les mots tels qu’ils ont été fixés au cours du temps par l’évolution historique de la langue, et en respectant la façon dont ils ont été enseignés par une école qui s’efforçait de transmettre le savoir et non pas de pallier aux inégalités.
Et les progressistes pour lesquels le progrès consiste à faire « autrement », sans pour autant être assurés de faire mieux et en risquant de faire pire, affolés (soyons optimiste) devant la faillite de l’école qui pond chaque année un nombre faramineux d’illettrés (on dénombre aujourd’hui la bagatelle de 2,5 millions d’adultes illettrés, passés par l’école en France). Pensent-ils que l'accent circonflexe et l'oignon y sont pour quelque chose ?
La priorité est-elle donc dans la suppression de l’accent circonflexe ou du trait d’union ou de transformer oignon en ognon ? N’y a-t-il pas mieux à faire que de créer deux catégories dans la population : celle qui possède une certaine culture opposée à celle qui ne possèdera qu’une langue simplifiée, un peu châtrée, curieusement imposée de façon autoritaire (car la langue évolue toujours, mais lentement, au cours du temps). Quel CV, selon sa rédaction, aura la préférence d'un DRH ?