En 2017, nous avons eu la REvolution de Macron qui est revenue en jaune chaque samedi alors que ce n’était pas celle qui avait été prévue. Depuis, il est apparu la REconquête, parti qui marque un peu le pas, et tout récemment la REnaissance qui cherche à réveiller les marcheurs un peu fatigués de marcher à la baguette depuis cinq ans.
A présent, Macron prévoit la création d’un « Conseil national de la REfondation » alors que nous avons déjà le « Conseil Economique Social et Environnemental » qui représente, en principe, la société civile, mais dont l’inconvénient est de ne pas avoir en son sein des citoyens tirés au sort, procédé totalement inefficace mais qui apporte à un comité Théodule quelconque le sceau de la « démocratie participative », alors que le tirage au sort sélectionne des représentants pas plus représentatifs que les députés élus.
Devant ce projet faramineux de « Conseil national de la REfondation » qui prétend apporter la marque du REnouveau pour son second quinquennat en se plaçant en toute modestie dans le sillage du « Conseil national de la REsistance », il est licite de se poser la question : Emmanuel Macron se moque-t-il de nous (et poser la question, c’est y répondre) en créant pompeusement un machin qui ne servira probablement à rien comme les machins du premier quinquennat. Souvenons-nous du « Grand Débat », manœuvre cependant habile pour tenter d’arrêter le mouvement des gilets jaunes mais dont il n’est rien sorti à partir de la tonne de cahiers de doléances. Souvenons-nous du « truc citoyen pour le climat » qui après de longues délibérations et beaucoup de travail a pondu des recommandations dont il n’a été retenu que l’équivalent d’un pet de papillon.
Le RE est le signe d’un échec de ce qui est, et vouloir créer des institutions parallèles à celles qui existent, c’est admettre que les institutions existantes ne fonctionnent pas de façon satisfaisante, mais c’est aussi admettre que l’on est incapable de les réformer ou plus vraisemblablement que l’on n’a pas l’intention de le faire car elles conviennent très bien aux dirigeants, la création de nouvelles structures pour les doubler n’étant là que pour faire illusion.
Illustration : Jerôme Bosch : "L'escamoteur"