La première fois que j'ai vu cette photo d'une oeuvre exposée à Hong Kong, j'ai cru qu'il s'agissait d'une "performance" au même titre que celles effectuées par Déborah de Robertis qui font l'objet de l'article précédent.
Impression renforcée par la curiosité de l'enfant pour l'arrière-train de la dame ainsi accroupie.
Erreur bien compréhensible de la part d'un néophyte comme moi, mais je ne suis probablement pas le seul à avoir été bluffé par le réalisme de cette sculpture.
Car il s'agit d'une sculpture de Sam Jinkins, sculpteur australien qui vit à Melbourne. Il utilise de la silicone, de la résine, du carbonate de calcium, de la fibre de verre et des cheveux pour créer des figures réalistes de personnages à des âges différents et dont l'aspect et la posture expriment surtout la fragilité et la vulnérabilité de l'être humain.
En voici quelques exemples :
Impressionnant. On parle ici d'hyper-réalisme. pour définir cet art, mais je trouve que "hyper" est de trop, c'est tout simplement d'un terrifiant réalisme.
L'artiste nous tend un miroir, sans fard, sans concession, sans la moindre poésie pour nous montrer tel que nous sommes ou tel que nous avons été ou tel que nous deviendrons.
Si je regarde les deux images de la femme encore jeune, je ne lui trouve aucun défaut physique évident. Elle est plutôt belle. Et pourtant elle me dérange : ce n'est qu'un corps. Un corps humain sans vie, aussi parfait soit-il, perd sa beauté, alors que, même sans vie, une sculpture de pierre peut être belle, justement parce qu'elle n'évoque pas la réalité; elle n'en est que sa transposition.
Rien n'est parfois plus cruel que l'image fidèle de la réalité.