Avec la régression actuelle de la pandémie en Europe, et la guerre en Ukraine, les militaires ou les stratèges ont expulsé les médecins des plateaux. Je m’en réjouirais plutôt si l’évènement ayant provoqué cette expulsion n’était pas une manifestation tragique et stupide de l’ego et de la paranoïa d’un criminel qui ne sait peut-être pas lui-même où se trouve la vérité et où se trouve le mensonge. Comme le dit Steven Pinker : "que Poutine se soit assis sur la norme proscrivant les guerres d'agression ne lui vaut pas une réputation de géant historique, mais de truand détraqué"... Ce qui réunit les médecins et les militaires, c’est la mort. Les premiers exposaient jour après jour des stratégies pour tenter de l’éviter avec des fluctuations qui ont pu parfois irriter, les seconds analysent les stratégies pour la provoquer. Si les médecins avaient plutôt l’air triste et compassionnel, les militaires ont quasiment le sourire et semblent littéralement jouir de commenter sur les cartes les péripéties de la guerre en Ukraine. La carte n’étant pas le territoire, on ne voit pas sur le dessin aux belles couleurs, les décombres des immeubles d’habitation, des hôpitaux, des écoles, les gens qui se terrent, les gens qui fuient, les morts et les amputés pour rien, absolument rien tant que Poutine ne disparaîtra pas. On pourrait me rétorquer que les Ukrainiens se battent courageusement et meurent pour préserver leur liberté et leur indépendance. C’est vrai, ils se battent et meurent pour des principes et pour des avantages que nous possédons, et qu'ici les uns négligent alors que d'autres en abusent en prétendant ne pas les posséder et que certains aimeraient même supprimer. Je crains que les Ukrainiens ne meurent héroïquement que pour la gloire mais avec l’espoir pour ceux qui suivront de vivre comme ils le désirent. Illustration Fransisco Goya « Le 3 mai 1808 »