Il arrive parfois que l’Union européenne s’en aille de la tête avec un vague pourrissement céphalique du côté de sa grosse commission. Nous avons eu la prodigieuse promotion du voile islamique comme un symbole de liberté avec des photomontages à l’appui montrant la même femme avec la moitié de sa tête voilée, aussi est-il surprenant que les Iraniennes qui bravent les barbus enturbannés en tentant de retirer leur voile n’aient pas compris le message. A la suite de ce symptôme de distraction, pour ne pas dire de débilité mentale, des hautes sphères européennes qui continuent généreusement, avec notre argent, à financer des associations proches des frères musulmans dont on connaît l’ouverture d’esprit sur le monde, nous avons eu l’accouchement par une commissaire, dont je me suis empressé d’oublier le nom, d’un lexique du langage proposé à l’ensemble des instances de l’UE pour ne pas heurter la sensibilité à fleur de peau des minorités et notamment celle d’une microscopique minorité très embarrassée par son sexe, ne sachant pas trop dans quel genre le mettre. Un embarras que je comprends fort bien, et qui nécessite sans doute de l’aide (l’assurance-maladie s’en charge), mais qui commence à nous emmerder, avec tout le respect que je dois à ces personnes que l’on peut considérer comme des victimes d'une erreur de distribution des organes génitaux. Les problèmes de cette microminorité, dont il faut sans doute tenir compte, finissent par occuper un espace disproportionné, qu’il s’agisse des toilettes où les pénis veulent se mêler aux vulves et vice-versa ou de la transformation du langage qui, comme dans le lexique de la grosse commission, cherche péniblement à faire disparaître la distinction masculin/féminin, une binarité dans laquelle la microminorité ne se reconnaît pas. Si l’on s’efforce ainsi d’exclure le sexe/genre, n’exclut-on pas du même coup la démocratie ? Depuis quand la majorité, très attachée au sexe que la nature lui a donné, doit-elle se plier aux oukases d’une minorité au genre indécis ? Respecter une minorité et même l’aider au besoin, c’est bien, respecter la majorité, notamment dans son langage qu’elle pratique depuis des lustres, est un impératif démocratique. Une démocratie qui, justement, ne rejette pas les minorités, alors qu’elles le sont dans les régimes autocratiques. A force d’inverser le sens de la démocratie, elle va finir par prendre une mauvaise direction.