Réalité virtuelle. Magnifique oxymore. Deux mots contradictoires qui s’excluent l’un l’autre et aujourd’hui rassemblés. Concept rendu possible par des casques qui fournissent la vision d’une image réaliste qui n’existe pas. Un décor artificiel dans lequel le porteur du casque a la sensation de pénétrer. Un faux réel dans lequel on peut se déplacer et/ou jouer.
Car les adultes sont devenus de grands enfants : ils passent de plus en plus de temps à faire joujou.
Mais les enfants leur sont supérieurs car quand ils jouent, ils imaginent. Par définition si la fausse réalité est bien faite, l’imagination n’a plus sa place.
Entrer dans le virtuel c’est fuir le réel, c'est vouloir le remplacer, c’est fuir des sensations authentiques même si elles peuvent être parfois traumatisantes. Le goût pour la réalité virtuelle pourra s’apparenter au goût pour la drogue qui est une façon dangereuse de s’échapper du réel. L’abus du casque aura lui aussi ses inconvénients : on ne fuit pas impunément le réel, chasser-le, il revient méchamment au galop.
En février dernier cette photo a fait beaucoup jaser. Mark Zuckerberg, le créateur de Facebook déambulant souriant dans les travées, seul être regardant le réel au milieu d’un public aveugle, déconnecté de la réalité, à qui était servie une soupe virtuelle et qui ne voyait même pas le sorcier marcher à leurs côtés.
Beaucoup d’internautes ont trouvé cette photo à juste titre effrayante, prémisse d’un monde artificiel où irait se réfugier les déçus de la réalité, et ouvrant la porte au lavage de cerveau.
Des jeux et du cirque disait-on jadis, au déclin de l’Empire Romain, pour sortir de la réalité et accepter l’inacceptable.