L'écrivain américain James Salter avait écrit un livre intitulé : « Chaque jour est un festin » où il glorifiait l'art de la table. « Le repas est l'acte essentiel de la vie » disait-il, avant d'ajouter : « ...c'est le prélude à l'amour » (le sexe avait tout de même sa préférence).
Par les temps qui courent (et ils courent vite) on pourrait paraphraser son titre en disant : « chaque jour est une ordonnance ».
« Dans un document publié hier [le 26/10/15] dans la revue médicale The Lancet Oncology, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), annonce le classement de la viande transformée (par salaison, fermentation, fumaison...) comme "cancérogène pour l'homme" (groupe 1, c'est à dire au même titre que le tabac, l'alcool ou l'amiante), et de la viande rouge (viande de mammifères) comme "probablement cancérogène" (groupe 2A). Cette décision fait suite à des études épidémiologiques qui ont établi un lien entre la consommation de viande et de légères augmentations du risque de plusieurs cancers. » C'est moi qui ai souligné le « probablement » et le « légères » pour montrer la relativité de cette déclaration alarmiste diffusée par les médias.
On a même eu droit à un calcul du nombre de décès par cancer - 50000 - provoqués annuellement par les régimes riches en viande rouge ( Global Burden of Diseases Project). 50000 sur 7 milliards de terriens ?
Ne nous faisons aucune illusion, ce que nous mangeons, inconscients que nous sommes, nous donne soit le cancer, soit une maladie cardiovasculaire, l'un n'excluant pas l 'autre. Mais a contrario, ne rien manger, comme dans l'anorexie mentale, donne des os mais qui ne deviennent pas vieux.
Nous sommes des omnivores avec un nécessaire équilibre entre les protéines d'origine animale et celles d'origine végétale. Est-on certain de vivre plus vieux en se transformant en herbivores ? Les végétaliens vivent-ils plus vieux que les non végétaliens ? On peut en douter étant donné le nombre de carences provoquées par l'exclusion de tout apport de protides d'origine animale et qu'il est nécessaire de compenser pour ne pas tomber malade.
Ne pas manger de viande aurait surtout l'intérêt de supprimer en particulier les bovins et leur dégagement de gaz qui contribue au réchauffement climatique.
Bien sûr, on peut manger de tout (sauf maladie spécifique) mais de façon équilibré. Manger un kilo de viande rouge par semaine ou ne manger que de la charcuterie est manifestement excessif. Mais de là à multiplier les messages sanitaires plus anxiogènes que sains ressort d'un interventionnisme médical qui finit par être intolérable et inutile. Manger et respirer sainement va devenir de plus en plus difficile.
Il faut savoir que vivre est dangereux, la preuve est que l'on en meurt.
Arcimboldo : "Cuisinier"