• EffractionEn ces temps où les musées sont veufs de leurs visiteurs qui ne peuvent regarder que leurs façades, l’artiste JR permet la visite d’une salle du palais Strozzi à Florence. Une visite par effraction grâce à un collage en trompe-l’œil qui ouvre une large brèche (l’oeuvre étant intitulée « La Ferita », la « Blessure ») dans la façade permettant de voir deux tableaux de Botticelli et une sculpture de Jean Bologne. (Vous pouvez cliquer sur l’image pour l’agrandir). Je trouve cette idée originale et le collage en lui-même ne manque pas de beauté. L’œuvre de JR inaugurée le 19 mars 2021 est assez symbolique de la place grandissante de l’image comme substitut du réel ou carrément pour le remplacer en le faisant disparaître comme dans la « réalité augmentée » fournie en boîte de conserve. Visite virtuelle d’un musée ou du monde, mais aussi sexualité en voyeur et par procuration. Parallèlement à l’invasion de l’image sous toutes les formes, l’écrit a tendance à s’atrophier pour mieux circuler sur les réseaux sociaux. Il est plus facile d’éructer que d’argumenter comme il est plus facile de visiter le paysage assis sur son séant que de le toucher de son corps. Je trouve que le terme : "dématérialisation" qui traduit un phénomène irrésistible, et qui nous est imposé, a quelque chose d'effrayant car il nous annonce que la réalité va devenir de plus en plus fantomatique.


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  • Erection branlanteLe 8 mars dernier, la journée de la femme, le Gang du Clito a braqué un clitoris géant de 5 mètres de haut sur le parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro. Une opération montée de main de maître visant à dénoncer l’invisibilité de l’organe féminin, et son inégalité de traitement par rapport au pénis. Certes, la visibilité du clitoris est moins évidente que celle du pénis, et il existe une inégalité de taille congénitale – si j’ose dire – entre les deux organes difficile à combler. Loin de moi l’idée iconoclaste de défendre le pénis et son traitement, mais j’attire l’attention des membres du Gang du Clito sur la différence de fonction entre le pénis et le clitoris. Le clitoris n’a qu’une fonction, celle du plaisir donné ou reçu, ce qui est loin d’être négligeable, alors que le pénis est un organe multifonctionnel : plaisir, insémination naturelle sous-clitoridienne, et guide directionnel pour le jet d’urine. Je remarque aussi que si l’on voit depuis quelques temps fleurir fièrement des clitoris sur la voie publique, le pénis, lui, en dehors de quelques « œuvres d’art » qui pourraient l’évoquer sans dire son nom, il ne se profile qu’honteusement, dessiné grossièrement et à la hâte, sur la paroi des ascenseurs et les murs des HLM plutôt que ceux des beaux quartiers. Ce qui montre, en y regardant de près, que le pénis est peut-être plus mal traité que le clitoris depuis que celui-ci a fait son « coming-out ». Il serait par ailleurs opportun, dans un souci d'égalité, d'introduire le néologisme de "clitoricrate" pour faire le pendant avec phallocrate. Et pendant ce temps la photo ci-dessous (Silvio Avila - AFP) montre un service Erection branlantehospitalier au Brésil (Porto Alegre) débordé par les patients atteints de la COVID-19, en contraste avec la préoccupation pour le moins frivole de ces femmes soucieuses de donner un statut officiel à leur clitoris dont elles peuvent pourtant user à volonté, cela ne regarde qu'elles, nous, on s'en branle. La cause des femmes mérite mieux que ces exhibitionnistes un peu perturbées.

     


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  • Faux-semblantAujourd’hui, en ce 1er mars, un temps superbe sur Paris. Tout semble avoir repris sa place. Un étalage de jeunes gens, pour la plupart bas les masques, assis sur les marches de la basilique du Sacré-Cœur, fêtant à leur manière le 150ème anniversaire de la Commune de Paris, face au soleil, et Paris à leurs pieds discrètement noyé dans un zeste de brume. L’immanquable homme-statue sur un piédestal qui semble avoir été installé pour lui, dans sa blancheur immobile est courageusement revenu, statue si parfaite que les passants restent indifférents à sa présence qui fait partie du décor. Une journée à déguster en attendant d’être à nouveau privés de gourmandise.


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  • L'oeuf est un des motifs que l'on retrouve fréquemment en peinture. Sa forme est belle et son symbolisme est riche : création du monde, promesse, fécondation, procréation, naissance mais aussi celui de la fragilité qui nécessite protection. L'oeuf par son symbolisme se prête au surréalisme et quelle que soit l'époque.

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  • Il arrive que l’on se plante en plantantLe végétal est sans doute la forme de vie la plus aimée. De l’arbre, forme de vie majestueuse, pacifique et utile, à la fleur, forme le plus belle avec un talent de coloriste incomparable, en passant par les fruits et légumes qui ont la faveur des médecins et des végétariens. Des végétaux non comestibles ont été plantés dans mon quartier et je m’en réjouis. L’humanité devrait remercier les végétaux.

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  • Souvenirs

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  • Le virus a-t-il touché le marché de l'art ?Il est certain que l'épidémie a provoqué une baisse des adjudications sur le marché de l'art en 2020, mais les ventes ont continué. Le Point rapporte les dix meilleurs ventes. Voici ci-dessous huit d'entre elles (deux ont surtout une valeur historique). A les regarder, je me demande si les créations et leurs acheteurs ne sont pas un peu malades. Je signale que pour les visiteurs ne disposant pas d'un "bloqueur" de publicités, une publicité pourrait s'intercaler entre les oeuvres reproduites et la confusion n'est pas impossible.

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  • Un homme très prudentUn policier péruvien se tient seul au-dessus du site archéologique de Machu Picchu à Cusco (photo tirée de Slate que l'on peut agrandir en cliquant dessus). C'est inca.


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  • L’exposition William TurnerDimanche dernier nous sommes allés voir l’exposition Matisse au centre Pompidou. En fait, je n’aime pas trop Matisse en dehors de trois ou quatre tableaux. Je trouve sa peinture plate et terne malgré la vivacité des couleurs. Je suppose qu’un tel jugement serait estimé bien superficiel par les connaisseurs, mais la peinture exige la complicité entre l’œuvre picturale et la personne qui la regarde, et je n’ai pas de complicité avec Matisse, encore faut-il sans doute apprendre à le regarder. Beaucoup de monde, tous masqués, mais distanciation physique impossible en face des tableaux, aussi la visite fut-elle rapide, poussée par mon manque d’enthousiasme et la probabilité des aérosols infectés nageant dans ce milieu artistique et sans avoir repéré les tableaux de Matisse qui me plaisent. Aussi en mal de photographier, j’ai pris encore une fois une vue de Paris du haut du centre Pompidou, dont je ne me lasse pas. Le lendemain, pris d’une fringale, peut-être favorisée par la perspective d’un nouveau confinement nous L’exposition William Turnersommes allés voir l’exposition William Turner au musée Jacquemart-André. D’abord cet hôtel particulier est très beau et c’est toujours un plaisir d’y entrer. Le très fortuné Edouard André le fit construire autour des années 1870 et il le transforma, avec son épouse Jacquemart, en musée ouvert au public à partir de leur collection privée. C’est un petit musée, les visiteurs masqués admis par petits groupes, si bien qu’il n’y avait pas foule devant les tableaux, essentiellement des aquarelles, quelques tableaux à l’huile, le tout provenant de la Tate Britain de Londres. J’ai pu photographier quelques œuvres, pas toujours de façon habile, le plus difficile fut de choisir, elles sont toutes belles, parfois étranges, bigrement en avance sur leur temps et il n’est pas étonnant que des critiques amateurs de peinture classique n’aient pas épargné Turner, mais il est aussi étonnant qu’il ait pu être apprécié de son vivant. On considère Turner comme un précurseur de l’impressionnisme, à mon avis il est plus impressionniste que les impressionnistes et il va jusqu’à la peinture abstraite. Surtout dans les aquarelles, les lignes et les figures finissent par disparaître au profit de la lumière et des volutes de couleurs se fondant sans limites définies. Le tableau « Impression, soleil levant » de Claude Monet a été peint une vingtaine d’années après la mort de William Turner survenue en 1851 à l’âge de 76 ans, et celui-ci avait peint un « soleil levant » (qui ne figure pas ici) très semblable à celui de Monet cinquante ans auparavant.

    L’exposition William Turner

    L’exposition William Turner

    L’exposition William Turner

    L’exposition William Turner

    L’exposition William Turner

    L’exposition William Turner

    L’exposition William Turner

    L’exposition William Turner

    L’exposition William Turner

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  • Le Jugement dernierHans Memling était un peintre allemand du XVe, classé comme primitif flamand, il est vrai qu’il devint citoyen de Bruges. Avant la création des nations, les gens, et notamment les artistes,  bougeaient beaucoup malgré des moyens de communication qui se résumaient au cheval pour les plus aisés, à la marche pour les plus pauvres et au bateau poussé par le vent pour le lointain.--- Le triptyque ci-dessus est une huile sur bois représentant le Jugement dernier. Il est exposé au musée de Gdansk en Pologne à la suite de son vol par un pirate, dont les armateurs étaient de cette ville, lors de son transfert vers l’Italie pour rejoindre son propriétaire italien qui l’avait commandé au peintre. Si le triptyque a subi par la suite plusieurs vols par différents pays au gré des guerres, il fut finalement restitué au premier voleur, mais jamais à l’Italie.--- Je le trouve impressionnant. D’abord, il est très beau par ses couleurs (il a été restauré). A droite (c’est toujours le bon côté) du Christ, les pieds sur le globe impérial, à la bouche l’épée de la justice et le lys de la miséricorde, l’entrée au paradis des favorisés, accueillis par St Pierre et à qui sont restitués leurs attributs. A sa gauche : la rôtissoire. Au milieu, au pied des élites, c’est le suspense pour ceux qui sortent de terre et qui ont perdu leurs habits de l’enterrement au cours du voyage vers l’au-delà, certains conservant pudiquement leur linceul. Le choix de St Michel, plus guerrier qu’ange, n’est pas toujours simple lors de la pesée des âmes car on voit un ange et un démon se disputer le corps d’un postulant.--- La représentation de l'humanité est dégradante : un amoncellement de corps nus dans tous les sens, grouillant comme des essaims d’insectes ou une fourmilière que l’archange disperse de sa botte de soldat, insensible aux supplications et aux prières de ceux d’en bas, sous le regard indifférent de ceux d’en haut.--- Le Jugement dernier est la représentation de la cruauté, elle est d'ailleurs exprimée par les paroles des messes de requiem où dominent culpabilité et terreur de l'Au-delà. Ce n’est pas une Bonne Nouvelle et l’arc-en-ciel sur lequel trône le Christ et qui se veut le symbole de la réconciliation entre Dieu et l’humanité tient plus de la communication que de la sincérité.


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