• Le paradoxe du Juif antisémiteLa figure du Juif qui se range dans le camp des antisémites par intérêt ou masochisme est connue. Le cas d’Eric Zemmour est particulier. Ses convictions reposent, me semble-t-il (car je ne le connais pas personnellement), sur deux fondamentaux : d’abord, il ne se considère pas comme un Juif de souche, en quelque sorte, c’est à dire comme un descendant des Juifs de Judée ayant émigré au Maghreb il y a environ 2000 ans après la destruction par les Romains du Temple de Jérusalem, mais comme un descendant des Berbères qui se sont convertis au judaïsme pour résister à l’invasion arabe. Ensuite, il a un amour incontestable pour la France, tout en la dépréciant dans un magma amour/haine, touché par un nationalisme exacerbé qui attire à lui nombre de partisans dont certains souffrent d’un antisémitisme génétique, mais beaucoup ne voient en lui que le patriote en scotomisant sa judéité et ses déclarations discutables notamment sur les femmes. C’est cet amour toxique de la France qui le conduit à défendre l’indéfendable de son histoire. Se permettant de douter de l’innocence de Dreyfus pourtant largement démontrée. Osant défendre le régime de Vichy dont la police et la milice avaient pourtant arrêté aussi bien les Juifs français qu’étrangers. avec un zèle apprécié par l'occupant (et qui avait sans doute fait perdre leur nationalité française aux ascendants de Zemmour par l'abrogation du décret Crémieux). En attribuant à Pétain un nombre moins important de Juifs déportés de France alors que c’est à la conduite remarquable de nombre de Français, en particulier de prêtres et de religieuses, qu’il faut attribuer le sauvetage de Juifs qui ont ainsi pu échapper grâce à leur action courageuse à la déportation et à leur massacre dont se réjouissaient des antisémites comme Céline. Zemmour ne peut pas supporter ce qui pourrait entacher la grandeur de la France, qui s'arrête pour lui à la révolution de 1789, au besoin en interprétant l’histoire à sa façon, et en restant sourd aux arguments contraires, considérant Bernard-Henri Lévy comme un traître pour avoir jadis écrit L’idéologie française, où il montrait sur des faits historiques, que l’antisémitisme en France touchait aussi bien la gauche que l’extrême droite. On peut constater aujourd’hui que l’antisémitisme de gauche reste vivace, sous le couvert de l’antisionisme. Le Juif antisémite Zemmour – puisqu’il défend les antisémites -  ne supporte pas que l’on puisse traiter une partie des Français d’antisémites. Paradoxal, non ?


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  • Les petits chevauxChaque matin, au petit déjeuner, on me donne la position des petits chevaux. Les dés des sondages sont lancés chaque jour, et sur le plateau du jeu on peut juger de l’état de chaque écurie : la rouge disloquée vire au vert, ses occupants déboussolés tournent en rond ou s'égarent, la bleue, où les bêtes se regardent en chiens de faïence, la brune où les coursiers se grimpent dessus, et celle de couleur indéfinissable dont le petit cheval se baguenaude sur toutes les cases, du terrain de football à hôpital, en attendant le petit cheval qui se détachera des autres petits chevaux qui le suivent. Chaque matin, on me livre le diagramme des avancées ou des reculs des petits chevaux. Chaque jour, et toute la journée, les commentateurs ne cessent de commenter de leurs commentaires définitifs la lutte des petits chevaux pour la seconde place. Plusieurs fois par jour, ils ergotent sans fin sur des non évènements. Car quelles conclusions sur la réalité peut-on tirer d’un lancement quotidien des dés ? Le hasard est commenté, mais pas la nécessité.


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  • Cueillette d'un entrefilet dans Marianne et de quatre titres dans HuffPost.

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  • Le braceletNos juges ne sont pas rancuniers : ils ont offert un bracelet à Sarkozy bien que pendant sa présidence il les ait mis en boîte en les qualifiant de petits pois. Les magouilles en politique finissent par se payer cher. Si cela continue nous n’aurons que des politiques honnêtes. Non pas que l’honnêteté soit incompatible avec l’exercice du pouvoir, mais c’est tout de même un handicap. La politique c’est un peu l’art de mentir en étant cru pour atteindre un objectif nécessaire et comme le disait Edouard Herriot : « La politique, c'est comme l'andouillette, ça doit sentir un peu la merde, mais pas trop ». Le plus bel exemple est le « je vous ai compris » de De Gaulle face à une foule de Pieds Noirs qui l’acclamèrent à Alger avant d’être chassés du pays où ils étaient nés. Si cela continue nous n’aurons que des idéologues, honnêtes mais dangereux car persuadés d’avoir raison au besoin en tordant ou en détruisant la réalité pour satisfaire leurs lubies. Nous aurons une Rousseau qui, comme son grand homonyme, croit que la nature c’est bien et l’homme c’est mal, sauf le sien car il est « déconstruit », et qui se prend accessoirement pour le prototype féminin du Messie. Nous aurons des démodés à la mode Guevara ou Trotski. Nous aurons des zozos persuadés que la solution est de remonter le cours de l’histoire au besoin en y apportant quelques retouches. Ce qui laisse penser que finalement l’idéologie n’implique pas l’honnêteté et peut-être que les idéologues sont encore plus malhonnêtes que les autres car tout est permis lorsque l’on détient la vérité et que l’on veut l’imposer. Illustration : Grosz.


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  • L’œuf de CollombC’est à Lyon, dont le maire fut longtemps Gérard Collomb, que le président Macron lors de sa visite ce jour au salon de la restauration a reçu un œuf dur sur l’épaule. Il faut souligner qu’il ne s’est pas cassé, ce qui n’a pas permis à l’œuf de rester debout sur l’épaule présidentiel selon la technique bien connue du navigateur. Le président de la République est devenu la cible favorite des protestataires et peu importe le motif de la protestation : si le lanceur ne sait pas pourquoi il balance son projectile, Emmanuel Macron doit le savoir selon l’adage où la victime sait pourquoi elle l’est, même si le bourreau ne le sait pas. Au salon de la restauration l’œuf en tant que projectile était bien adapté à l’environnement. Ceci doit conduire à une réflexion de la part du service de sécurité présidentiel dans le cas où les protestataires futurs suivraient cet exemple dans le choix de leurs projectiles. S’il serait prudent d’éviter une visite à Rungis où la panoplie des projectiles est très riche, la visite d’une boulangerie pâtisserie est franchement à déconseiller.


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  • Chapeau l’artisteVoilà un Français de confession juive dont la famille vient d’Algérie, adulé par des Français de souche, chrétiens pour la plupart, et antisémites pour beaucoup. C’est à pisser de rire. Hokusai : "Démon riant"


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  • RefluxLa COVID-19 commence à refluer à la fois sur le terrain et dans les médias mais elle est remplacée par le Zemmour, un peu sur le terrain, beaucoup dans les médias. Nous avons droit pratiquement chaque jour à un sondage où le Zemmour est inclus comme candidat aux prochaines présidentielles alors qu’il n’a pas encore déclaré sa candidature ou même sans savoir si celle-ci sera possible par l’obtention des 500 signatures nécessaires pour se présenter. Ainsi les commentateurs plus ou moins sevrés de la pandémie bavent-ils sur des sondages hypothétiques et sans valeur à plusieurs mois des élections en se posant des questions angoissantes : à qui va-t-il prendre des voix ? Va-t-il nuire à Marine Le Pen ou à Macron ? Va-t-il par sa présence modifier les protagonistes prévus du duo final ? Mélenchon a-t-il raison de débattre demain avec (ou plutôt contre) Zemmour ? Oui si l‘on aime la démesure. Questions fondamentales car plus proches du fondement que de la réflexion. Le reflux apporte toujours des déchets et la panoplie des candidats proposés montre à quel point la stature du personnel politique est à présent frappée de nanisme. Illustration : Velasquez : "Le bouffon Calabacillas"


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  • Le buzz de BuzynJe ne vais pas épiloguer (les médias l’ont fait largement) sur la mise en examen de l’ex-ministre de la santé pour les erreurs d’appréciation qu’elle aurait pu commettre au début de la pandémie de COVID-19 et par lesquelles elle ne se distinguait guère de la multitude mondiale aussi bien de savants que de politiques. Je ne vais pas épiloguer sur l’intervention intempestive et dangereuse du judiciaire dans l’exécutif qui va jusqu’à considérer comme des délits de droit commun d’éventuelles erreurs jugées comme telles et a posteriori dans la gouvernance d’un pays. Je ne vais pas épiloguer sur la dévalorisation simultanée de la politique et de la justice entraînée par une telle décision. Je voudrais seulement poser la question aux connaisseurs du droit : peut-on mettre en examen un juge pour mise en danger de la vie d’autrui ou homicide involontaire lorsqu’un innocent mis en prison par ses soins tente de se suicider ou réussit à le faire ? Illustration : Lucas Cranach « Justice »


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  • Hommage aux confrèresSamedi 27 et 28 août, le Dr Jean-Marie Haegy , médecin urgentiste à Colmar, est descendu dans la rue, pour brandir une pancarte face aux opposants à la vaccination et/ou au pass sanitaire et sur laquelle on pouvait lire : "2.000 patients Covid positifs en réanimation, 85% de non vaccinés : à qui le tour ?", au risque d'être pris à partie par la foule. Le 21 août les manifestants et la police ne lui ont pas permis de continuer. L’urgentiste a néanmoins récidivé le 28 août, essuyant des insultes, la police, cette fois s’est mis à ses côtés. Il faut désormais protéger les gens qui disent la vérité. Des médecins qui s’épuisent depuis le début de la pandémie à soigner des malades atteints de la COVID-19 et qui avaient été applaudis chaque soir avec les autres soignants, sont à présent nommément menacés de mort, eux et leur famille, et récemment dans un article de « France Soir » (anonyme, bien sûr), suscitant la réponse dans une tribune de l’Express des médecins accusés de compromissions et menacés pour voir fait et continuer à faire leur métier.


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  • Curieux glissementL’Occident, et notamment les Américains, ayant échoué à vaincre la barbarie, j’observe une tendance chez des chroniqueurs à attribuer la barbarie à l’Occident. Si la face barbare de l’islam existe, c’est parce que les Occidentaux ont été incapables de l’éradiquer. Ce qui sous-entend que dans cette histoire les Curieux glissementmusulmans n’y sont pour rien, comme n’y sont pour rien les états islamiques où la barbarie est plus ou moins contrôlée. Ceux-ci semblent se réjouir en ricanant de l’échec américain, mais personne n’est à l’abri de la barbarie et les musulmans moins que les autres. On trouve toujours plus barbare que soi. Illustrations : Goya : « Décapitation » et une photo des talibans dans Kaboul, vainqueurs de la première armée du monde.


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