• L’information à la chaîneLes chaînes d’information continue ne sont évidemment que des chaînes d’information répétée, et on ne peut que constater que ce sont celles qui informent le moins et qui sélectionnent le plus l’information. Les débatteurs, presque toujours les mêmes, viennent sur les plateaux pour répéter ce qu’ils ont déjà dit de multiples fois sur les mêmes évènements. A vrai dire, quand je dis qu’ils viennent sur les plateaux, je ne suis pas sûr qu’ils n’y couchent pas. L’un d’eux, qui doit se débattre pour pouvoir exercer sa profession de psychanalyste, fut jadis communiste ou trotskyste, puis maoïste, pour devenir à présent mélenchoniste. Il est sans doute sollicité régulièrement pour la lucidité de ses jugements.  Ces jours-ci, un des sujets favoris des intervenants est de discuter longuement sur ce que va dire le président de la République dans une allocution prochaine. Ils n’en connaissent pas la teneur, mais qu’importe, ils la supposent et en discutent âprement, ce n’est pas de l’information continue, c’est de l’information virtuelle. On fait cependant appel à des spécialistes extérieurs, c’est à dire à des personnes qui ne sont pas là en permanence et que l’on sollicite régulièrement par visioconférence. Ils n’enrichissent que rarement l’information mais leur expertise admise veut donner du poids aux échanges en présentiel et sont censés apporter à l’émission un esprit d’ouverture sur des plateaux confinés qui sentent un peu le renfermé. Ainsi, récemment nous avons eu droit à l’intervention d’Emmanuel Hirsch qui est professeur d’une matière inflammable : l’éthique. Non seulement c’est une matière inflammable mais elle est particulièrement malléable, car l’éthique n’est pas une science mais un point de vue de la plus grande relativité, aussi professer une telle matière doit être une gageure. Le Pr Hirsch lors de son intervention a dit, comme il fallait s’y attendre, tout et son contraire à propos de l’obligation vaccinale, pour terminer par l’antienne habituelle : « il fallait faire un débat ». Un des intervenants qui fait partie des meubles de la chaîne lui alors fait justement remarquer que cela fait des semaines qu’ils en débattent, renvoyant ainsi le professeur d’éthique à ses réflexions oiseuses, mais néanmoins professorales.


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  • « Le pigeon » est un film italien de la fin des années 1950. Une comédie douce-amère comme les Italiens savaient le faire à l’époque, à la sortie de la guerre, marquée par une autodérision où le rire se mêlait à la tristesse avec une tendresse pour des héros à la dérive. Dans ce film, une bande de bras cassés font un casse cocasse pour ne trouver à la fin qu’un peu de nourriture, et je crois que c’est dans ce film, que je n’ai pas revu, qu’un des malfrats perce péniblement un trou dans un mur pour se retrouver face à face avec l’un de ses comparses qui, lui, est passé par une porte pour parvenir de l’autre côté du mur.

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  • Les escarpins de la honteLe ministère de la Défense ukrainien a publié des photos, dont celle-ci, de la préparation d'une parade militaire à laquelle doivent participer, bien entendu, les militaires de sexe féminin (devrais-je dire du genre féminin assumé ?). Elles sont 35000 dans l’armée ukrainienne et le contingent qui doit parader a été chaussé d’escarpins à talon moyen. Des talons aiguilles auraient été périlleux, et les militaires prennent suffisamment de risques sur le champ de bataille pour ne pas courir celui d’une entorse en marchant au pas. Les photos ont déclenché des réactions furieuses sur les réseaux sociaux et des protestations au Parlement. Les internautes, surtout femmes, n’ont pas été tendres avec cette initiative vestimentaire : “Des talons, c’est l’outrage aux femmes imposé par l’industrie de la beauté”, en dénonçant “le sexisme et la misogynie”. “Et pour la flotte ce sera quoi, bikini et palmes ? ». J’avoue que c’est la première fois que je trouve des militaires charmants, mais il est certain que remplacer les bottes militaires par des escarpins, même à talons moyens, est totalement inadapté pour ne pas dire ridicule, c’est un peu comme remplacer les chaussures de course par des escarpins pour courir les 100 mètres. Mais est-ce sexiste ? Les autorités militaires ukrainiennes ont voulu marquer une différence entre les deux sexes. Si les ringards pensent que cette différence existe, les modernes ont l’ambition de l’effacer en créant une indétermination du meilleur aloi. Donc c’est sexiste si l’on affirme qu’il existe des différences entre ceux qui prétendent êtres des hommes et celles qui prétendent être des femmes. Reste que l’affirmer par une tenue militaire est aujourd’hui totalement incongru (j’ai déjà vu défiler des soldates en jupe). Ces escarpins de la honte sont-ils misogynes ? Ils sont un handicap pour courir, mais ils ne sont pas un signe d’infériorité, sinon il faudrait traiter de misogynes les hommes qui préfèrent les femmes en escarpins plutôt qu’en tennis. Si l’on va dans le sens de l’histoire, on ne tardera pas à traiter de misogynes les hommes qui préfèrent les femmes dans ce qu’elles ont de différent par rapport à eux, des différences qu’ils considèrent, non comme des signes d’infériorité mais comme des signes positifs, voire séducteurs. Mais je crains que la séduction elle-même entre les deux genres classiques (je suis prudent) finisse par devenir une démarche honteuse et réprimée, avec ou sans escarpins.


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  • Comme on l’a vu, des verts devenus maires ont pris quelques décisions farfelues qui décrédibilisent l’écologie. Les préoccupations écologistes sont suffisamment sérieuses pour mériter mieux que les clowns qui prétendent s’en occuper. A vrai dire l’écologie devenue politique est un fourre-tout idéologique qui pollue tous les domaines, se mêle de tout, et prétend imposer au nom du sauvetage de la planète une véritable dictature de la pensée estampillée à gauche et du côté de la bien-pensance, celle qui veut faire notre bonheur même malgré nous, et bien sûr pour nous sauver de la fin du monde. Les écologistes persuadés de défendre des causes indiscutables sont donc persuadés d’avoir raison jusqu’à rejeter dans l’enfer ceux qui ne pensent pas comme eux. C’est ainsi que Nicolas Hulot, qui a sûrement des éoliennes dans son environnement, trouve « pathétique » la fronde contre elles : on ne doit pas discuter leurs bienfaits, leurs Quand les verts débordentavantages et leurs inconvénients. Comme l’écologie mène à tout et se mêle de tout, nous devons la dernière à Alice Coffin, conseillère EELV de Paris dont le militantisme écolo-féministe l’a conduit à pondre la demande dont fait état l’entrefilet ci-contre paru dans Marianne du 25 juin dernier. On peut certes en rire, mais le totalitarisme et la dictature qu’ils soient bienpensants ou mal-pensants sont toujours redoutables surtout quand ils cherchent – comme toujours - à façonner les jeunes esprits dès l’école. Je ne trouve pas drôle que l’on cherche à m’imposer une façon de penser et que l’on cherche à pénétrer l’art et la culture pour les « corriger » comme ce fut le propre du fascisme et du communisme.


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  • Crise de foiLes candidats aux élections régionales qui n’ont pas fait le score espéré au premier tour l’expliquent (en partie) par les défaillances de l’acheminement postal de leurs professions de foi au domicile des électeurs. Pour ma part, je dois avouer, à ma grande honte, que j’ai rarement lu ces liasses de propagande qui le plus souvent suivent un circuit court de ma boîte aux lettres à la poubelle dédiée au papier et au plastique car j’ai le tri civique. J’ignore ce que font la majorité des gens, mais je me pose la question : choisissent-ils leurs candidats en fonction de cette propagande à domicile ? J’ajoute qu’intituler ces missives : « profession de foi » est déjà suspect car on y introduit la notion de croyance. S’agit-il de la croyance sollicitée de la part de l’électeur dans les promesses mirobolantes qui s’étalent sur ces tracts ? Ou s’agit-ilCrise de foi de la croyance du candidat en ce qu’il promet ? Je me garderai bien d’accuser les candidats de ne pas avoir de convictions mais croient-ils sincèrement qu’ils pourront réaliser ce qu’ils promettent ? Et pensent-ils que ceux qui votent pour eux y croient ? Il est bien connu que notre démocratie a une crise de foi et ce n’est pas parce que l’on en fait une profession que cela changera quelque chose. Le tableau (ajouté le 26/06/21), paru dans Marianne, montre deux caractéristiques des villes où l'abstention fut la plus forte lors du premier tour des dernières régionales. 


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  • Nous sommes faibles des genouxQuand on vieillit, le genou est un des éléments anatomiques du corps humain qui fait le plus parler de lui, mais en mal. Avec l'âge il est rare que l'on ne se plaigne pas des genoux. Ce qui est vrai pour l'individu âgé semble également vrai pour les sociétés vieillissantes. Depuis que les Américains "éclairés" ont mis le genou à terre comme acte de contrition après le meurtre publique d'un noir par un policier blanc (en utilisant son genou pour l'étouffer) lors de son arrestation, la mode du genou à terre comme signe de protestation contre le racisme envers les noirs (les autres types de racisme n'étant pas clairement envisagés) se répand dans les sociétés occidentales et notamment en prélude des matchs de football. Il est vrai que les noirs sont plutôt doués pour ce sport et qu'il est arrivé  trop souvent aux joueurs de couleur d'être insultés par des spectateurs des gradins. On ne peut que constater que si les noirs sont fréquemment sur le terrain, les imbéciles sont souvent dans les gradins. Pourtant je me demande si ce genou à terre à la mode américaine pour protester contre des actes racistes meurtriers survenus aux USA ne finit pas par devenir quasiment ridicule, tenant plus d'un effet de mode que d'une action recherchant une quelconque efficacité sinon celle d'avoir la bonne conscience du moralement correct. Je pense en effet que ceux qui sont racistes le seront encore davantage après ces démonstrations et ceux qui ne l'étaient pas auront davantage mal aux genoux.


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  • A portée de baffesUn presque trentenaire qui jusqu’à présent avait peut-être raté sa vie, nourrissant ses méconnaissances dans la réalité parallèle d’internet, vient de réussir à dépuceler son casier judiciaire en giflant le Président de la République qui venait vers lui pour lui serrer la main. Par son exploit, cet imbécile a fait monter la cote de popularité de sa victime dont la haine qu'il lui porte semble donner un sens à sa vie. Jugé en comparution immédiate il n’a pas eu l’avantage de converser avec un psychiatre, ce que d’aucuns ont regretté, mais dont l’intérêt m’aurait échappé. Pour ma part je regrette au contraire l’intervention fréquente et décisive de la psychiatrie dans les décisions judiciaires qui tend parfois à faire du coupable une victime. La sentence n’ayant pas frappé le meurtrier de Sarah Halimi en fut la triste caricature.


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  • Se suicider ou être suicidé, là est la questionEn France, et sûrement dans d’autres pays où les conditions de vie sont plutôt bonnes pour la majorité de la population, on se suicide volontiers. Dans les pays souvent pauvres où les conditions de vie sont difficiles, où les attentats se multiplient, où la guerre existe, les gens sont tués ou meurent de misère, mais se suicident peu. Il faut croire que là où on lutte pour vivre, on tient à la vie. Le suicide est un luxe macabre des pays nantis et en paix. Le mal-être existe peu, là où on est mal. En  2019 le taux de suicides pour 100000 habitants en France était de 27,7 pour les hommes et de 8,1 pour les femmes (pour lesquelles les tentatives de suicide sont plus fréquentes que pour les hommes), alors qu'il est par ex. en Afghanistan (et pour nombre de pays africains) de 4,1 Illustration : Degas « Mélancolie »


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  • Le président s’amuseL’irruption des amuseurs dans le personnel politique est devenue commune. Nous avons eu les acteurs Reagan comme président des USA et Schwarzenegger  comme gouverneur de la Californie, les humoristes Bepe Grillo comme fondateur d’un parti en Italie et Zelensky devenant président de l’Ukraine. En France, Coluche fut un candidat remarqué à la présidentielle jusqu’à inquiéter les professionnels de la politique, à présent nous avons Lalanne, voix de la rébellion à défaut de celle d’un chanteur, et Bigard qui fit une intrusion expulsive chez les gilets jaunes mais dont la grossièreté fait merveille dans l’ignoble. Les politiques sont par essence des gens du spectacle exerçant aussi bien dans la tragédie que dans la comédie. Ils interprètent des textes écrits par d’autres, jouent des rôles et ont leurs réalisateurs. Les amuseurs peuvent faire de la politique et même y réussir, les politiques font les amuseurs, et échouent souvent. Tout est bon pour les politiques pour se montrer et se rapprocher du spectateur et de son bulletin de vote : jeux, cuisine, concours, chronique de la futilité etc… Nous avons même eu récemment Emmanuel Macron, qui, il est vrai, a fait du théâtre, se livrer à L’Elysée à un concours d’anecdotes avec des youtubeurs populaires, prestation clôturée par le groupe de Metal Ultra vomit, on ne saurait être plus expressif.


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  • Pourquoi certains dirigeants africains n’ont-ils pas honte ?Le Maroc a rompu les digues migratoires en demandant à sa police de regarder ailleurs et 8000 Marocains ont fui leur pays en 24 heures, en risquant de se noyer, pour rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta, une porte ouverte sur le continent européen. Et les dirigeants marocains rigolent sous cape car ce lâchage d’êtres humains, leurs compatriotes, leurs coreligionnaires, est une bonne farce pour punir l’Espagne d’avoir accueilli pour le soigner le leader du Front Polisario opposé à Rabah sur la souveraineté du Sahara Occidental.

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