• Courage au barbuAvant même son appartenance au parti LR et sa grande taille (ce qui lui permet de dominer nettement son président Emmanuel Macron et encore davantage son prédécesseur Bernard Cazeneuve), ce qui a d’emblée frappé chez le nouveau Premier ministre Edouard Philippe, c’est sa barbe. C’est tout de même la première fois au cours de la Vème République que la France va être dirigé par un barbu. Est-ce un signe ?

    Un article du New York Times dont fait état Slate rapporte une étude sur l’attractivité de la pilosité faciale masculine sur les femmes, l'attractivité de la pilosité faciale féminine sur les hommes n’ayant pas été étudiée. Il est peut-être osé d’extrapoler les résultats de cette étude aux hommes, mais les hommes ne sont-ils pas des femmes comme les autres ?

    Cette étude a été réalisée par des chercheurs de l’université du Queensland en Australie, à l’aide de photos modifiées testées sur 8.520 femmes (en trois groupes), l’image montrant l’homme imberbe, avec une barbe de cinq jours, avec une barbe de dix jours et enfin avec une barbe épaisse d’environ un mois.

    « Les femmes ont ainsi trouvé plus sexy les barbes de dix jours suivies de celles de cinq, tandis que les coups d’un soir les mieux cotés étaient ceux avec une barbe de cinq jours, suivis en seconde place des barbes de dix ».

    Notre nouveau Premier ministre ayant une barbe de plus d’un mois, il n’entre pas dans les catégories précédentes, ce qui peut lui donner quelques regrets. Par contre il peut être préféré pour une relation à long terme : pour « Les auteurs de cette étude… les femmes qui recherchent un partenaire sur le long terme, la barbe serait peut-être plus attrayante parce qu'elle indique une capacité de l’homme à se battre pour des ressources ». De ce point de vue Edouard va devoir se battre (et pas aux poings) pour nous en trouver. Je crains, cependant, la façon dont il les trouvera, mais sera-t-il un partenaire sur le long terme ?


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  • Le sparadrap du capitaine HaddockComme chacun a pu le constater lors des récentes commémorations, Hollande n’a pas perdu une occasion de se coller à Macron comme un sparadrap dont celui-ci avait du mal à se débarrasser sans paraître discourtois. Harcèlement assorti de gestes affectueux et de quelques déclarations qui laissaient sous-entendre qu’il avait placé lui-même son successeur sur le trône de la République. La chronologie des évènements ne plaide guère en faveur d’un rôle quelconque de Hollande pour la mise sur orbite du nouveau Président de la République, car au moment où son ministre de l’économie avait pris ses distances, il est probable qu’il pensait pouvoir encore se représenter.

    Comment interpréter ce sparadrap encombrant ?

    Hollande voulait-il montrer que Macron est bien son poulain en espérant attirer un peu de sa gloire sur lui-même ?

    A moins que Hollande cherchait à suivre par ses démonstrations l’adage de Jean Cocteau : « Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d'en être l'organisateur. ». Ce qui pourrait satisfaire les adversaires de Macron ayant le goût des complots et qui ne voient en lui que la créature de Hollande et son continuateur.

    Reste une hypothèse machiavélique : « je te colle publiquement le sparadrap de l’impopularité, ça t’apprendra à prendre ma place, alors que je t’ai mis le pied à l’étrier ». Une filiation imposée pour nuire, le baiser qui cherche à tuer.


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  • Le guide des « insoumis », à la tête des courageux rebelles à l’oppression qui s’exerce implacablement dans notre démocratie, pourra, s’il n’est pas élu aux prochaines législatives, se reconvertir dans le tourisme.

    Outre l’Amérique du sud pour laquelle il a une certaine affection mais qu’il préfère voir de loin, il connaît bien trois coins de l’hexagone qu’il a visité ces huit dernières années en tant que sénateur de l'Essonne, député européen du sud-ouest, candidat aux législatives dans le Nord, et il compte à présent compléter sa formation de guide touristique en se présentant, avec l’intrépidité qu’on lui connaît, dans un quatrième coin : les Bouches-du-Rhône où le Front national est peu présent. A Marseille, le climat est nettement plus agréable que dans le Nord.


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  • Mouvement brownienDepuis qu’une grosse particule inattendue, appelée "macron", est tombée dans le fluide politique, écartant en heurtant les autres grosses particules, on assiste à l’éclatement de certaines d’entre elles en particules de plus petites dimensions appelées "microns". Ces particules résiduelles s’entrechoquent et semblent animées d’un mouvement aléatoire. Le mouvement n’est aléatoire qu’en apparence car il pourrait être caractérisée par une formule mathématique, appelée « formule de recomposition »[1] où l’intérêt est au numérateur et la conviction au dénominateur : le déplacement est d’autant plus important que ce rapport est haut. (Ci-contre une figure montrant le mouvement brownien d’une particule qui semble affolée).

     

    [1] Que certains appellent plutôt : « formule de décomposition »


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  • Comme d’habitude, l’ONU s’est fait caca dessusL’Arabie saoudite va intégrer la Commission de la condition de la femme des Nations unies dès 2018. L’objet de cette commission étant de "promouvoir l'égalité hommes-femmes".

    Défense de rire, c’est trop triste.

    L’Arabie saoudite est un pays modèle en la matière. Les femmes y sont protégées comme des mineures à vie en dépendant jusqu’à leur mort d'un tuteur légal masculin. « Elles sont dans l'obligation d'obtenir son accord pour tout. Sortir, se marier, travailler. Il s'agit aussi du seul pays au monde où les femmes n'ont pas le droit de conduire ». Elles sont considérées comme des criminelles si elles osent quitter le domicile conjugal, même pour échapper au pire.  

    Depuis 2015, elles ont cependant le droit de vote et de se présenter aux élections communales, mais les candidates doivent tenir leur meeting derrière un rideau pour éviter le regard des hommes !

    L’ONU s’est fait caca dessus, et les membres qui ont été favorables à cette pitrerie doivent probablement s’essuyer avec un billet de banque. (illustration : Bruegel le jeune : "Les flatteurs")

    Source : lexpress.fr


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  • Le matamoreFinis les tréteaux, la poitrine gonflée, le geste menaçant, la voix forte, le verbe haut et le sarcasme hilarant. L'insoumis en chef se dégonfle au premier obstacle, à la première décision à prendre, au premier choix à faire. Il part de la corrida la queue entre les jambes et les oreilles basses au lieu de prendre le taureau par les cornes. Matador matamore.

    Dans une démocratie, comment un responsable politique - quel que soit son bord - peut-il conseiller aux électeurs de s'abstenir de voter ?


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  • Bonnie and Clyde

    Cyril Hanouna qui anime par sa tchatche l’émission TV « Touche pas à mon poste », dont on connaît le bon goût, a fait voter 178 personnes de son public, le 10/04/17, dans un simulacre d’élection pour le premier tour de la présidentielle. C’est Jean-Luc Mélenchon, avec 32% des voix, qui est arrivé en tête de ce scrutin bidon.

    Bon, on se dit que c’est logique : des fans d’un bonimenteur sont d’évidence sensibles au talent d’un autre bonimenteur, d’un autre homme de spectacle aux saillies appréciées comme le sont pour ce public les saillies (pas de mauvais esprit SVP) de leur présentateur préféré.

    Las ! Ce simulacre d’élection a également été organisé sur des campus d’instituts d'études politiques de Lille, Rennes, Grenoble, et d’Aix-en-Provence depuis la mi-mars. Résultat : JL Mélenchon arrive également en tête et Poutou, le trotskyste qui roule des mécaniques, dépasse parfois Fillon !

    Si on peut penser que, peut-être, le public de Hanouna n’a qu’une connaissance imparfaite du programme de Mélenchon et qu’il a été surtout sensible à sa tchatche, il me paraît difficile d’accuser les élèves de « sciences politiques » de l’ignorer (ce qui serait désespérant).

    Donc, les bras m’en tombent que l’on veuille à la tête du pays un revenant d’une idéologie du XXe siècle qui, quelle que soit la forme qu’elle a prise, a fait le malheur des peuples qui l’ont subie. Est-ce osé de craindre qu’elle puisse aboutir au même résultat dans notre pays quelle que soit la forme que Mélenchon veut lui donner, notamment celle qu’il semble apprécier et qui s’illustre tristement en ce moment au Venezuela ?

    Ce comédien qui attire les foules, admirateur de Robespierre, ambitionne de rejouer une adaptation moderne en plus soft de la révolution française, la constituante en bandoulière, et les riches à la place des ci-devant d’antan.

    Avec une autre revenante du XXème, son double sur bien des aspirations, les deux se référant à De Gaulle que leurs camps avaient vomi en son temps, Mélenchon forme un couple redoutable, à la manière de Bonnie and Clyde, que l’on aimerait ne pas voir ensemble à la scène finale.


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  • Bien qu’il n’y ait qu’une chance infinitésimale pour qu’un lycéen en âge de passer son bac s’égare sur mon blog, dans le cas improbable où son égarement le mènerait ici, je tiens à faire œuvre de citoyenneté en l’avertissant que demain se termine un concours organisé par le ministère de l’Education nationale dont on ne peut nier l’importance pour la santé mentale de notre jeunesse. En effet, le ministère en fin de règne, plutôt que de faire des cocottes en papier, invite les lycéens à faire des selfies pour se distraire en pleine révision du bac :

    « Fais une pause dans tes révisions, participe au #DéfiSnapBac et tente de gagner un super cadeau / une carte-cadeau de 350 euros à dépenser dans une enseigne culturelle/. Envoie-nous un selfie quand tu révises. Sois créatif. » « Les participants sont invités à mettre en scène leur état d'esprit pendant les révisions du baccalauréat »

    C’est du sérieux. Les œuvres seront sélectionnées par un jury composé de l'équipe de la Délégation à la communication du ministère de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Rien que ça.

    Et c’est nous qui entretenons ces hurluberlus dont l’objectif semble être de transformer l’Education nationale en parc d’attraction.

    Source : Le Point

    Hurluberlus


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  • Le bal de promotion

    Dans treize jours aura lieu le bal de promotion. Sur le carnet de bal de Marine figurent trois cavaliers. Un seul sera choisi pour danser avec elle la valse viennoise qu’elle affectionne tant :

    Sera-ce le jeune homme fringant ? Avec son inexpérience et son élan il risque de lui marcher sur les pieds. Il est certain que Marine dans sa  robe vichy bleu blanc rouge, qui revient à la mode, le redoute.

    Sera-ce l’homme ténébreux au costume sur mesure mais aux poches trouées ? Bien qu’il prétende connaître la musique, il s’est révélé maladroit au point de décourager sa famille alors qu’il était certain d’être choisi pour valser avec Marine.

    Sera-ce le baratineur en veste Mao ? Ses passes viennent du passé mais il veut les remettre à la mode en voulant faire oublier qu’elles ont toujours abouti à une danse macabre. Avec Marine, ils ont l’un et l’autre la nostalgie du passé décomposé.

    Les autres feront probablement tapisserie, notamment celui en qui sa famille avait imprudemment mis toutes ses espérances, elle en est universellement revenue.

    Tableau de Jack Vettriano


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  • Je n’ai jamais assisté à un meeting politique. Il est vrai que je n’aime ni la foule, ni les politiciens en représentation.

    En cette période électorale, les médias nous permettent d’assister, jusqu'à l’overdose, en direct ou en différé à ces réunions des partisans d’un candidat venus là, plus pour le soutenir et l’acclamer, que pour l’écouter, car ils sont conquis d’avance. Ils savent plus ou moins ce que le candidat va dire, et ils attendent qu’il le dise avec force, panache et ironie. Quant aux éventuels opposants, ils prennent rarement le risque de s’opposer.

    A chaque fois j’ai l’impression d’assister à un spectacle pour enfants : cirque ou théâtre de marionnettes. Les réactions de ce public infantilisé me surprennent toujours par leur débilité. Les hou ! hou ! et les sifflets unanimes qui sortent de centaines de poitrines à chaque fois que l’orateur évoque un adversaire ou ses dires me font douter davantage de l’intelligence humaine. Cette désapprobation mécanique, et souvent organisée, est infiniment plus bête que les réactions spontanées et sincères des enfants devant un théâtre de marionnettes.

    Les meetings politiques permettent de vérifier ce théorème : les capacités du cerveau humain sont inversement proportionnelles au nombre de cerveaux réunis en un même lieu.


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