• La risette de la chimèreLes Italiens se sont dotés d’un gouvernement-chimère composé à la fois de membres de l’extrême droite et de membres d’un parti populiste plutôt socialisant. Un assemblage contre nature à la fois national et socialiste qui évoque, toutes proportions gardées, un parti germanique de triste mémoire.

    Il est donc possible que ce gouvernement transalpin à deux corps soit amené à prendre des décisions apparemment contradictoires pour nos esprits que l’on dit « cartésiens », c’est à dire marqués par l’idée plutôt que la pratique.

    Le Canard enchaîné d’hier, à la suite du Figaro, note que « le Conseil des ministres populistes et d’extrême droite a adopté la semaine dernière, un décret qui limite le recours aux contrats courts et encourage les embauches à durée indéterminée ». Une remise en cause de la flexibilité du travail instaurée par Matteo Renzi en 2015.

    Ce qui est étonnant est le commentaire du volatile à la fin de l’entrefilet : « On chasse le migrant mais on fait risette aux chômeurs », en ajoutant, ironique, « c’est peut-être ça le « en même temps » à l’italienne. »

    Donc Le Canard trouve scandaleux que le gouvernement italien privilégie les chômeurs italiens plutôt que l’accueil des migrants africains ou asiatiques.

    Le Canard est ici, non seulement boiteux, mais il court sans tête.

    Illustration : Picasso


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  • Et voilà, l’Europe qui a accueilli des milliers et des milliers d’immigrés venant d’Afrique se doit d’avoir honte et de se sentir coupable d’avoir laissé errer un temps un bateau venant des côtes libyennes, chargé des malheureux jetés à l’eau par des passeurs, heureux de s’en débarrasser après avoir encaissé le prix d’une traversée assurée par des Occidentaux au cœur tendre et à la vue basse.

    L’Europe doit avoir honte, mais pas les pays africains (ou d'Asie) d'où ils viennent et qu’ils fuient au péril de leur vie, pas leurs dirigeants incapables et/ou cupides dont la gouvernance rend leurs peuples malheureux, des dirigeants aucunement gênés de cet exode et accusant plutôt les Européens de ne pas accueillir avec enthousiasme leurs ressortissants. L'Europe doit avoir honte, mais pas les pays musulmans riches, indifférents au sort de leurs coreligionnaires de la fameuse communauté des croyants.

    L’Europe post-impériale a vocation d’être l’éternelle coupable de l’incurie des autres.


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  • La droite ne sait plus où elle habiteSi la gauche sombre dans le ridicule (voir article précédent), la droite perd la tête et ne sait plus où elle habite. Sa politique économique et européenne est faite par Macron si bien qu’il ne lui reste que l’immigration et la sécurité, mais c’est un terrain déjà occupé, en théorie, et depuis longtemps par le nouveau Rassemblement national dont les militants FN n’ont pas changé, et dont les sympathies pour les partis néonazis européens restent intactes. Le parti LR est lui-même divisé entre pro et anti-Wauquiez. Un Wauquiez qui se débat et cherche un bout de terrain où construire sa maison, mais le terrain qu’il choisit s’avère toujours trop étroit, instable, et glissant. Ses « amis » ne sont pas avares de leurs quolibets en attendant sa chute, mais il n’est pas certain qu’ils seraient capables plus que lui de trouver où habiter.

    L’ex FN ne sait pas non plus où il habite, d’autant plus que sa tête souffre de la migraine présidentielle. L’UE lui sert de bouc émissaire, mais la mort du bouc (que ses élus européens n’hésitent pas paradoxalement à traire) n’arrangerait sûrement pas les choses. On y parle de moins en moins du Brexit que le Royaume-Uni traîne comme un boulet, alors que les Britanniques n'ont même pas adopté l'euro. Quant à l’immigration c’est un truc plus difficile à digérer que certains ne le pensent. Admirateurs déçus du Brexit, vont-ils l’être également par la chimère un tantinet monstrueuse à présent installée au pouvoir en Italie quand elle se mettra à l’œuvre, après avoir promis tout et son contraire, et notamment d’éradiquer l’immigration venant d’une Afrique en expansion démographique vers une Europe nourrie de « moraline », et en déclin démographique.

    Quant au « mâle blanc » Macron qui ne manque pas d’entretenir, de temps à autre, la culpabilisation de ses congénères, descendants de colonisateurs, à présent colonisés par les descendants des anciens colonisés, c’est un centriste bonapartiste (oxymore ?), et comme avec tous les centristes, c’est nous qui ne savons pas où nous habitons, avec la crainte que la maison en construction s’avère en définitive bancale puisque les problèmes non économiques qui fâchent ont été jusqu’à présent soigneusement éludés et sans être bien certains du redressement économique promis.

    Illustration : Picasso


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  • La gauche a perdu ses repères et pour remplacer le prolétariat qui n’est plus ce qu’il était, certains vont jusqu’à fumer « l’opium du peuple » avec les musulmans les plus radicaux en leur donnant le statut de nouveaux opprimés à qui on ne permet pas encore d’exprimer pleinement dans notre république leur obscurantisme et leurs mœurs.

    La gauche a perdu ses modèles qui ont tous terminé en dictatures plus ou moins sanglantes en devenant le miroir des dictatures de droite mais en se proclamant dans le camp du Bien. Quelques égarés comme Mélenchon – insoumis à la cohérence - arrivent à tout « mélencher ». Ci-dessous un extrait de l’interview de Raphaël Enthoven dans le Point du 7/06/18 :

    La gauche ne flotte plus mais sombre

    Il reste encore deux choses à la gauche : le participatif et le langage de substitution.

    Pour le participatif nous sommes servis avec les édiles actuels de la Mairie de Paris. Mais le choix répété du collectif aux dépens de l’individu a un petit avant-goût du totalitarisme : « La haine de l’individu, l’éloge du groupe, le culte du grégaire et du collectif, la répudiation de l’éducation de l’esprit comme conquête de l’autonomie du goût et du jugement, au profit de l’effusion abêtissante et des braillements grégaires dans les « fêtes » de foules anonymes et acéphales – on a même inventé une « science en fête » ! – dirigées et subventionnées par l’Etat, toute cette négation récente de l’essence même de la civilisation occidentale, telle qu’elle court de Socrate à Proust, prend sa source en Vichy et, plus généralement, dans les philosophies totalitaires » (J.F. Revel, s’inspirant de Marc Fumaroli).

    La gauche ne flotte plus mais sombre

    Aujourd’hui nous avons droit, non pas à une « fête », mais un travail festif en commun, une « opération de nettoyage participatif » de Paris. C’est à dire que l’on demande aux Parisiens de nettoyer leur ville – effectivement sale -  alors qu’ils payent par leurs impôts plus de 5000 agents pour le faire, à condition, bien sûr, qu’ils soient tous présents. Les Parisiens peuvent même devenir « ambassadrice ou ambassadeur de la propreté, il suffit de créer un rendez-vous sur la carte ci-dessous en cliquant sur « Proposer une action » et de remplir le formulaire proposé (lieu de rendez-vous, nom de l’opération, coordonnées, horaires...)… Vous pourrez alors télécharger votre kit de communication pour promouvoir votre opération de nettoyage et associer vos amis, votre voisinage... La Ville de Paris vous donnera rendez-vous, à l’approche de l’événement, afin de vous fournir du matériel pour votre opération tel que des chasubles, sacs, gants… » Elle est pas belle la vie avec Mme Hidalgo ?

    La deuxième chose qui reste à la gauche est le langage de substitution dont voici un exemple pour la Mairie de Paris révélé par Le Point du 7/06/18 :

    La gauche ne flotte plus mais sombre

    Le langage de substitution est un langage fleuri, à la limite de la poésie qui sert à masquer le réel, à tenter de le nier et donc à résoudre par l’absurde les problèmes qu’il peut poser. On vérifie chaque jour l’aphorisme d’Albert Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ». Ces dernières années et dans tous les domaines, nous en avons ajouté beaucoup. Le seul côté positif de la chose est que le ridicule de ce langage de substitution est plutôt rigolo, mais il semble que ses promoteurs n’en ont aucunement conscience. C’est du triste comique involontaire.

    La gauche ne flotte plus mais sombre...dans le ridicule

    C'est vite dit


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  • Un autre débat sur le voile islam-ique-isteEn ressemblant à une religieuse en rupture de couvent, la nouvelle présidente de l'Unef Paris-Sorbonne ne risque guère de provoquer les hommes. C'est étudié pour. Mais on peut se demander si sans voile elle serait néanmoins susceptible de titiller la libido de la gent masculine.

    On peut donc se poser la question : ce voile est-il superflu en tant qu'arme de dissuasion libidineuse ou au contraire est-il aguicheur en exprimant la soumission de la dame aux désirs du mâle ?  


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  • Emmanuel Macron a fait pendant la première année de son mandat 47 voyages à l’étranger en parcourant 17000 Km. Il a raison, les voyages forment la jeunesse. Dans chaque pays il a distillé ses sages conseils pieusement recueillis par chacun des dirigeants rencontrés, et lancé dans ses discours des projets pour modifier le cours du monde.

    Ses efforts furent récompensés par le sourire impénétrable du mastodonte chinois, le regard sibérien du tsar de toutes les Russies, et par le nettoyage affectueux du revers de sa veste par l’Ubu roi nanti du plus gros bouton atomique du monde.

    Aujourd’hui, des gens frustrés de ne pas recevoir de ses conseils éclairés à domicile descendent dans la rue pour lui en réclamer.

    Voyages au bout de l’impuissance

     

    Des bancs mêlés de poissons sans tête, dans une odeur de pourrissement dégagée par l’élévation de la température fiscale, des trains délaissés, des cerveaux universitaires en surchauffe, des banlieues en décomposition de plus en plus attirées par les effluves des dessous religieux inchangés depuis des siècles.

    Nul n'est prophète dans son pays mais espérons qu'il sera moins impuissant à domicile que chez les autres.


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  • La réalité insoumiseMaduro, qui vient d’être réélu président du Venezuela, semble avoir hérité de la tête de  Staline. Ce n’est qu’une apparence car pour la répression, avec les quelques dizaines de morts dont peut se prévaloir le successeur de Chavez, elle ne fait pas le poids comparée à celles exécutées par le « Petit Père des peuples ».

    Si Maduro ressemble un peu à Staline, les mélenchoniens ressemblent encore davantage aux communistes français de l’époque soutenant envers et contre tout la dictature féroce de Staline, balayant avec violence toutes les preuves et tous les témoins de ce qui se passait en URSS à l’époque stalinienne. Cet aveuglement n’épargnant ni les intellectuels, ni les artistes même après avoir visité le pays de leurs rêves.

    Les mélenchoniens utilisent dans leur rhétorique les mêmes arguments que les staliniens pour défendre le régime qui règne aujourd’hui au Venezuela, et qu’ils ont présenté comme un modèle. Pour minimiser les effets La réalité insoumisede la gestion marquée par l’idéologie et qui s’est révélée désastreuse dans ce pays pourtant riche mais où la population sombre dans la misère, ils avancent :

    Que ceux qui critiquent le régime et Maduro, sont des « larbins des Américains » (Mélenchon).

    Que la présentation faite par les médias de la situation au Venezuela est déformée (Corbière). Alors que les moyens de communication actuels ne prêtent guère à la déformation en raison de la multiplicité des sources.

    L’idéologie pousse au déni de la réalité. Mélenchon n’étant ni idiot, ni ignorant, on peut donc en conclure qu’il est malhonnête. Mais dans le domaine politique où la réalité est embarrassante, il est en bonne compagnie, mais en tête. Si les communistes invitaient tous les peuples à pleurer lors de la mort du "grand Staline", on se souvient de l'envolée lyrique de Mélenchon lors de la mort du petit Castro.


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  • « À l’occasion de la Coupe du monde de football 2018 qui débutera en juin, une brasserie allemande a eu l’idée d’imprimer les drapeaux des 32 pays participant à la compétition sur ses bouteilles. Dont celui de l’Arabie saoudite. » (Courrier international, le 12/05/18)

    Bien sûr cette initiative à visée publicitaire a soulevé des protestations outrées sur les réseaux sociaux, alors que le drapeau saoudien n’apparaissait que sur la capsule de 1 bouteille de bière sur 171.

    L’ambassade saoudienne en Allemagne a déploré “une provocation à l’égard des sentiments des musulmans”, elle a contacté le ministère des Affaires étrangères allemand en exigeant l’arrêt de la production de cette bière, son retrait du marché et des excuses de l’entreprise pour son comportement.

    Dans son communiqué, l’ambassade précise que le drapeau saoudien “contient l’affirmation de l’unicité divine” et son utilisation par la brasserie constitue donc “une atteinte à la sacralité de la profession de foi et un acte de mépris pour le drapeau du Royaume”.

    La brasserie a finalement décidé de retirer les lots déjà livrés, “sur les conseils de la police et des services du renseignement intérieur”

    L’alcool n’est peut-être pas la drogue la plus dangereuse.

    Foi sensible


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  • On peut également être brillant dans la connerieLa cour qui entoure notre bon président s’extasie sur les multiples facettes de son brio jusqu’à lui accorder quasiment la faculté de nos anciens monarques de guérir les écrouelles[1]. Il y a tout de même une facette de son brio que ses courtisans passent sous silence, c’est celle de la connerie.

    Comment qualifier autrement le fait d’invoquer le sacrifice du colonel Beltrame à propos de la réduction mensuelle de 5 € des aides personnalisées au logement, en faisant honte à ceux qui protestent contre cette réduction en la comparant à l’héroïsme du gendarme. Il n’y a aucune raison de s’arrêter : on pourrait ainsi justifier n’importe quoi, ce n’importe quoi paraissant toujours mesquin comparé au sacrifice d’une vie.

    "Le colonel Beltrame est mort parce que, la France, ce sont des idées, des  valeurs, quelque chose d'une guerre qui le dépasse (sic et ?). Les gens qui pensent que la France c'est une espèce de syndic de copropriété (...) et qui pensent que le summum de la lutte c'est les 50 euros d'APL (sic, c'est 60 € par an), ces gens-là ne savent pas ce que c'est l'histoire de notre pays." (Macron dans un documentaire passé sur France 3 le 7 mai).

    Il serait décent Monsieur le Président de ne pas utiliser la mort du colonel Beltrame pour faire passer des mesures stupides.

     

    [1] Déclaration de Bruno Roger-Petit, porte-parole de l’Elysée : « Pour lui, le toucher est fondamental, c’est un deuxième langage. C’est un toucher performant. « Le roi te touche, Dieu te guérit. » Il y a là une forme de transcendance. »


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  • Insoumission


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