• Comment qualifier l’attitude qui consiste à nier des faits évidents, en discuter la véracité malgré l’évidence ou leur trouver des causes extérieures pour exonérer leurs auteurs de toute responsabilité ? Malhonnêteté ? Aveuglement par entêtement ? Imbécillité ? Malhonnêteté est finalement le qualificatif le moins péjoratif quand il s’agit du monde politique susceptible de s’abriter derrière le fameux : « la fin justifie les moyens », en évitant de penser qu’il y a des moyens qui détruisent la fin.

    Au siècle dernier nous avons connu de grandes intelligences et de grands talents qui se sont révélés malhonnêtes ou idiots. Ce fut le cas de personnalités comme Aragon ou Sartre, pour ne citer que ceux-là, qui ont soutenu des assassins de masse comme Staline ou Mao Zedong (pour ne citer que les plus efficients) tout en proférant les pires insultes envers ceux qui avaient une idée exacte de la situation, comme Raymond Aron, et qui osaient le dire. Voir "L'idéologie rend-elle idiot"

    Le monde politique regorge d’anciens trotskystes qui peuvent toujours arguer que leur héros n’a jamais eu les pleins pouvoirs et n’a jamais pu donner toute sa mesure. Des ex maoïstes sont toujours là et continuent à sévir dans les mêmes eaux sans le moindre repentir pour la plupart. Des ex trotskystes, des ex maoïstes ou d’autres embourbés dans des idéologies qui ont fait largement la preuve de leur inefficacité et de leur nocivité en rendant les peuples malheureux lorsqu’elles sont appliquées, continuent à nier l’évidence devant le malheur du Venezuela, pays riche s’il en est, richesse en partie confisquée par les militaires qui de ce fait soutiennent pour l’instant le régime au pouvoir, l’impérialisme américain étant accusé d’être le seul responsable de la ruine du pays.

    Bien sûr, les mélenchonistes ayant vanté ce régime (comme celui de Castro) jusqu’à envisager de l’appliquer à la France n’ont pas le courage et l’honnêteté de se déjuger car que leur resterait-il à proposer ? Mélenchon et ses partisans pourraient être au moins en faveur de nouvelles élections au Venezuela, et cette fois libres, mais ils soutiennent toujours Maduro qui, après Chavez, a fait le malheur de son peuple et ruiné son pays. Ils se retrouvent ainsi en bonne compagnie avec tous les autocrates de la planète. Les insoumis au bon sens s'avèrent également des gens malhonnêtes lorsqu’ils ne veulent pas voir le malheur des Vénézuéliens, lorsqu'ils rejettent les témoignages et méprisent parfois les témoins comme le fit Mélenchon avec l'historienne Laurence Debray (la fille de Régis dont la famille vit au Venezuela) qu'il traita de menteuse et de propagandiste des USA le 30 novembre 2017 à une émission sur France 2.


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  • Contre

    En France les manifestations se multiplient, s’entrecroisent, s’associent, ou se heurtent. Nombre de Français finissent par vivre plus dans la rue ou sur les routes que chez eux. Rues et routes sont devenues des sites de rencontre courus où les amitiés et parfois les amours peuvent se nouer. Une aubaine pour les retraités qui sortent ainsi de leur solitude télévisuelle et sédentaire jusqu’à trouver leur âme soeur.

    Pour ceux et celles qui revêtent un gilet jaune, on ne sait plus très bien les motivations (qui au départ étaient justifiées) qui les poussent à prendre l’air de façon aussi obstinée et régulière, en dehors de la rencontre avec son prochain ou sa prochaine dont la situation est semblable et le fait d’être tout simplement contre, ce qui donne un but dans la vie pour ceux et celles qui n’en ont plus ou n’en ont pas encore. Si le gilet est revenu à la mode, on se demande qui va prendre une veste.

    En matière de mode, le foulard rouge tente également de se manifester. Notons que sur le plan esthétique le jaune et le rouge forme un joli couple coloré bien que désuni.

    Pour enrichir cette agitation productive, des protestations météorologiques se manifestent « contre le réchauffement climatique », ce qui laisse, il faut bien l’avouer, le climat totalement froid.

    Pour compléter ce tableau dynamique, nous attendons les grèves dont la France est la championne et l’on s’étonne qu’elle n’ait pas encore essayé d’améliorer son record à l’occasion de ces mouvements de foule désorientée.

    Finalement on peut se poser la question : parmi les peuples européens, en existe-t-il un autre plus con que le peuple français ? Un peuple capable de scier la branche sur laquelle il est assis parce qu'elle n'a pas le confort souhaité. Mais la question pourrait également se poser pour ses gouvernants.

    Illustration : "Lille (France). 19 janvier. Ces femmes déguisées en Marianne “blessée” participent à une manifestation antigouvernementale organisée par le mouvement des “gilets jaunes”. Une partie de ces derniers ont annoncé cette semaine vouloir présenter une liste aux élections européennes de mai prochain ».  PHOTO DENIS CHARLET / AFP (photo victimaire parue dans Courrier international)


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  • Thérapie de groupe

    Ce petit dessin résume assez bien, à mon avis, l’ambiguïté du débat national proposé par le gouvernement. Il est d’ailleurs regrettable que le dessinateur ait fait passer les deux personnages pour des alcooliques du « Café du commerce » car la remarque est des plus sensées et pourrait venir de personnes sobres (dont je suis).

    Les questions posées sont connues (et même celles que l'on a évité de poser) et demander à la population de donner les réponses est la preuve à la fois de l’échec de la politique, dont le rôle est justement de fournir des solutions acceptées par la nation, et d’une fausse naïveté de la part de l’exécutif pour ne pas parler d’hypocrisie. Car peut-on penser un instant que chacun d’entre nous est armé pour trouver des solutions à des problèmes complexes alors que le gouvernement possède tous les moyens et tous les experts pour le faire.

    Dans le débat initial entre les maires et Macron, celui-ci a montré qu’il était parfaitement au courant des dysfonctionnements qui lui avaient été exposés. Alors s’il les connaît, à quoi rime de demander des solutions à ceux qui ne sont pas à même de les fournir ? Peut-être le sont-ils au niveau local mais il est peu probable qu’ils puissent résoudre des dysfonctionnements au niveau national.

    On va donc sans doute assister à une thérapie de groupe, à une psychanalyse nationale, et, comme chacun le sait, les cures de psychanalyse sont onéreuses. Celle à laquelle nous allons assister nous coûtera sûrement très cher, mais il n’est pas certain qu’elle nous guérisse, et il n’est pas impossible qu’elle nous aggrave.

    Mais quoi qu’il en soit de ce débat, quoi qu’il puisse en sortir, il existe, et à l’initiative du chef de l’Etat. Son existence même est la preuve que nous vivons en démocratie, même si elle est imparfaite. Que ceux qui parlent de la dictature de Macron ne savent manifestement pas ce qu’est un dictateur. C’est celui, qui, comme le dit l’écrivain algérien Kamel Daoud « tue la moitié de son peuple pour gouverner l’autre moitié agenouillée ». C’est celui qui envoie sa police ou son armée, non pas pour reculer devant les coups de poings d’un boxeur, mais mitrailler la foule et laisser derrière elle des dizaines de victimes sur les pavés des rues.

    Alors, il faut peut-être psychanalyser l’inconscient des dirigeants politiques qui parlent de la dictature de Macron tout en admirant eux-mêmes des autocrates sanguinaires. Peut-être faudrait-il mettre à nu les fantasmes des manifestants qui se veulent révolutionnaires et qui font jouer à Macron le rôle de dictateur pour donner à leur révolution un quelconque crédit, car peut-on prendre au sérieux une révolution qui se déroule dans une démocratie libérale où l’exécutif pose des questions à la population, même si son rôle est d’apporter les réponses ? Jouer au révolutionnaire dans un pays comme la France, en comparant la police aux SS allemands, c’est se moquer de tous ceux qui en s’élevant contre une dictature se sont retrouvés en prison, torturés ou morts.


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  • La France est maladeUne partie de la population est atteinte d’une maladie de foi républicaine qui provoque une jaunisse ne touchant que le thorax.

    Il semble que les premiers cas furent signalés en octobre 2018 mais la contagion a été rapide au point d’atteindre près de 300000 personnes à la mi-novembre en provoquant déjà à l’époque quelques morts. La maladie a d’abord touché la province, et ce n’est que dans un second temps qu’elle toucha les villes importantes en l’absence de mesures d’isolement.

    Au départ l’essence de l’affection se borna à un coup de pompe frappant des populations souffrant d'un déficit d’argent, une fatigue que tout le monde pensait transitoire et en particulier les autorités (in)compétentes qui ont manifestement négligé ces premiers symptômes qui paraissaient, il est vrai, anodins. Pourtant, les personnes touchées furent dès le début amenées à sortir de chez elles et à se rassembler sur des ronds-points pour comparer leurs symptômes et exiger un traitement urgent.

    C’est ainsi que le coup de pompe initial fut suivi d’une agitation qui entrava la circulation sur les routes pour connaître des paroxysmes hebdomadaires qui poussèrent des cohortes à se déplacer dans les grandes villes où des infirmiers pourtant durement équipés eurent bien du mal à les contrôler afin d’éviter que les (im)patients ne se blessent dans leurs mouvements désordonnés en se coupant avec les vitres brisées des magasins, les échardes des portes enfoncées ou les arêtes des pierres historiques.

    Cette maladie toucha même des personnalités qui ne souffraient d’aucun déficit en argent. Ce fut le cas de Mr Wauquiez qui fut atteint d’une désorientation au point de ne pas savoir s’il avait enfilé un gilet ou pas ou de Mr Mélenchon dont le comportement devint inquiétant, et bien qu’insoumis, il serait souhaitable qu’il se soumette à un examen de conscience.

    Quelques tentatives thérapeutiques furent faites sans grand résultat, la jaunisse persiste et l’agitation avec elle. Ces prochains jours doit s’ouvrir un congrès pour débattre de la situation sanitaire de la France. Espérons, mais le pronostic reste incertain.


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  • La cruauté de l’arithmétique

    C’est en ce premier jour de l’année que les opérations de base de l’arithmétique apparaissent implacables.

    La situation de la France ne s’exprime-t-elle pas le plus nettement par la division ? Cette division a donné pendant longtemps deux parts quasiment égales, aujourd’hui le résultat de la division aboutit à fragmenter la société en petits morceaux sans le moindre dénominateur commun, sinon celui du rejet de l’autre.

    Et pour chaque individu l’addition des années n’est-elle pas implacable ? Certes, on peut s’estimer heureux d’avoir pu en ajouter une autre, mais il y a cette putain de soustraction sur le capital de vie qui, quoi que l’on ait pu investir, ne rapporte aucun dividende et uniquement des pertes qui se multiplient.

    Je vous souhaite néanmoins une bonne année et que votre racine reste carrée.

    Illustration par Magritte : "décalcomanie"


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  • Il suffit de revêtir un gilet jaune pour que tout s’éclaire et devienne simple, que les solutions à des problèmes apparemment insolubles depuis des décennies surgissent à l’évidence, et en écoutant toutes ces personnes illuminées par le vêtement jaune, on se demande pourquoi nos élites ne les ont pas trouvées plus tôt.

    C’est ainsi que l’on voit défiler sur nos écrans des personnes, le plus souvent sympathiques, revêtues du talisman jaune, chacun aplatissant son « œuf de Colomb » devant des journalistes stupéfaits et un public ébahi :

    « Enfin, ce que nous demandons est simple, il suffit d’augmenter les minimas sociaux et les salaires en diminuant les taxes et les impôts et prendre l’argent aux riches en leur demandant de rester en France pour créer des emplois. Si ces demandes simples et justes ne sont pas satisfaites, nous continuerons à manifester ».

    Limpide. Si la classe politique n'a pas appliqué ces solutions jusqu’à présent, c’est qu’elle est incompétente ou corrompue, vendue, achetée ou composée de marionnettes dont les fils sont tirés par les banques, le grand capital ou l’étranger.

    Je caricature à peine. Ce qui ne veut pas dire que les demandes de ces "gilets jaunes" n‘étaient pas sensées au départ, cela ne veut pas dire, non plus, qu’il n’existe pas un déficit de démocratie que la représentation par les élections ne permet plus de combler. Mais on assiste à présent à l’étalage de tous les arguments, les récriminations, les accusations plus ou moins haineuses, et les calomnies habituellement brandis par les leaders populistes pour prendre le pouvoir. Le mouvement des « gilets jaunes » est une démarche populiste à l’envers car spontanée et pour l’instant sans leader. Un corps remuant sans tête comme un poulet décapité. Mais de ça, je ne m’en plaindrais pas.


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  • Noël est passé. Une bonne chose de fête, mais ça sent toujours plus ou moins le sapin. Semaine semi-molle en attendant qu’elle se durcisse dans quelques jours. Nous allons d’exactions en exactions en attendant la prochaine, et en se demandant quelle sera la forme qu’elle prendra.

    La bagnole, prônée par les uns et rejetée par les autres, a toutes les chances de montrer qu’elle est nantie d’un moteur à combustion. Les quartiers sensibles auront sans doute à cœur de montrer leur sensibilité écologique en brûlant les pollueuses. Le sacrifice pour la planète sera sans doute avantageusement comparé à celui de l’année précédente. Que serait une nation si elle ne respectait pas ses traditions ?

    Les ronds-points destinés à disperser les voitures après leur rencontre sont devenus des lieux de rencontre que l’on n’arrive pas à disperser.

    Ils disent qu’ils sont le peuple qui, comme toute assemblée humaine, contient le pire et le meilleur, le pire s’exprimant davantage que le meilleur. Chacun ne représente en fait que lui-même : ses besoins, ses aspirations et son ressentiment contre les autres auxquels il attribue ses échecs. Ils réclament le pouvoir au peuple, c’est à dire à eux-mêmes, mais le peuple quand il devient foule n’a que le pouvoir de lyncher. Seuls ses représentants peuvent construire. Le peuple, lui, ne peut que détruire, et il finit toujours par détruire ses représentants accusés de ne plus le représenter tout en aspirant pour ses meneurs à prendre leur place : « la révolution n’est qu’un changement de propriétaire ».

    Ça sent toujours plus ou moins le sapin


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    La peste

    Les médecins du Moyen Âge pendant les épidémies de peste se couvraient entièrement le corps, portaient un large chapeau et un masque au long bec bourré de plantes odoriférantes.

    Ces accessoires ne pourraient guère nous protéger contre la peste qui touche une partie de la population française, car cette peste, c’est la haine.

    La haine envers la France, nous la connaissons depuis des années, c’est celle qui s’est emparée d’une partie des descendants d’émigrés d’Afrique.

    Celle qui au nom de l’islam pousse des criminels fanatisés à tuer aveuglément ceux qui ne sont pas aussi cons qu’eux, y compris leurs coreligionnaires.

    Celle des Français d’origine africaine qui bénéficient des bienfaits du pays mais qui continuent à considérer la France comme un pays colonisateur, en revendiquant dans un fantasme masochiste le statut confortable de victimes perpétuels de la colonisation qu’ils n’ont jamais connue et en considérant les descendants des colonisateurs comme des colons haïssables.

    Aujourd’hui, nous assistons à la contagion d’une haine de Français envers leurs représentants élus, envers les institutions, envers leur président de la République légitime. Dans une démocratie comme la nôtre, il est coutumier, et heureusement possible, de critiquer et de se moquer de nos dirigeants, mais pourquoi tant de haine envers le chef de l’Etat, une haine dont l’intensité est habituellement réservée dans d’autres pays à des dictateurs sanguinaires. Une haine qui a fait dire à cet excité de Ruffin que Macron finirait assassiné comme Kennedy, déshonorant ainsi l’écharpe tricolore qu’il arborait pour le claironner.

    Toute cette haine est une peste qui rend le masque protecteur inutile car elle est à l’intérieur de soi ; elle rend aveugle et irresponsable jusqu’à la violence.

     

    Illustration par Arnold Böcklin : « La peste »


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  • La température monte dans les foyers

    En démocratie, le peuple peut s’exprimer librement par son bulletin de vote ou en manifestant sa protestation ou ses revendications dans la rue ou par ses grèves. Lorsque cela ne lui suffit pas, il cède à la violence, sans même savoir ce qu’il veut vraiment et s’attaque aux institutions qui lui permettent pourtant de s’exprimer. Il devient alors une populace privée de raison et donc imperméable à tout argument ou à toute concession. Un peuple peut vouloir construire, une populace ne veut que détruire ce qui est, enivrée par sa puissance, en espérant dans le chaos trouver pour certains une situation qu’ils prétendent mériter en prenant la place de ceux qu’ils détruisent. Les Français ont la fâcheuse tendance de vouloir rejouer la Révolution de 1789 à la moindre occasion.

    Dans « La généalogie de la morale », Nietzsche voyait le ressentiment comme l’expression d’une aspiration vaine et désespérée à « être quelqu’un autre » : « Sur ce terrain du mépris de soi, véritable marécage, pousse toute mauvaise herbe, toute plante vénéneuse, tout cela petit, caché, trompeur et fade. Ici grouillent les vers de la vengeance et du ressentiment ; ici l’air empeste de choses secrètes et inavouables ; ici se trame constamment la conspiration la plus méchante, la conspiration de ceux qui souffrent contre ceux qui ont réussi et vaincu ; ici la simple vue du vainqueur excite la haine. Et que de mensonges pour ne pas reconnaître que cette haine est de la haine ! » ( cité par Pierre-Antoine Delhommais dans un éditorial paru dans Le Point du 29/11/18) 

    La populace se formait par contagion, uniquement dans la rue, son degré d’intelligence étant inversement proportionnel au nombre de participants réunis en un même lieu. Aujourd’hui, la phase initiale de sa formation se fait à domicile, dans son fauteuil, bien au chaud, en famille devant un écran par contagion virale électronique.

    Il peut s’agir de l’écran de TV livrant en boucle des images, des commentaires de politologues ou d’experts, ceux des journalistes qui ont enfin quelque chose à commenter et font de l’audimat, ceux des inconnus que l’on interroge avec gourmandise et qui ne représentent souvent qu’eux-mêmes (et c’est heureux car leur discours est souvent affligeant), accédant ainsi et de façon miraculeuse à leur quart d’heure de célébrité. Et tout ce beau monde mousse et se fait mousser en mettant de l’huile sur le feu.

    Et la température monte dans les foyers.

    Il y a, bien sûr, l’écran d’ordinateur ou même du smartphone où sans bouger on peut s’exciter en regardant ce qui se déverse sur les réseaux sociaux : de la colère, des revendications sensées ou farfelues, des mensonges mobilisateurs, des appels à la violence ou même au meurtre, et à la destruction inconsidérée des institutions puisque, étant en démocratie, ce qui les remplacera risque d’être pire que ce qui est.

    Une soupe redoutable bien chauffée par des politiciens irresponsables qui espèrent à cette occasion prendre le pouvoir qu’ils ont été incapables de conquérir, et dont on devine ce qu’ils pourraient en faire.

    Et la température monte dans les foyers jusqu’à incendier la rue.

    Illustration de Chu Teh-Choun


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  • Vous n’êtes pas sans avoir remarqué que Daniel (Dany pour les intimes) Cohn-Bendit est sans cesse invité sur les plateaux et sur les ondes (on a même vu réapparaître Serge July) comme spécialiste du soulèvement populaire inattendu en raison de son passé de meneur lors des monômes étudiants de Mai 1968, assortis de propositions farfelues pseudo révolutionnaires, suivis d’une grève générale qui ébranla l’Etat français jusqu’à faire fuir le général De Gaulle en Allemagne, ce qui compte tenu de son passé fut assez paradoxal.

    Il faut noter qu’il y a plus de motifs aujourd’hui de mécontentements qu’en 1968, année faisant partie sur le plan économique des « trente glorieuses ».

    Mais le processus est comparable avec une disproportion entre la cause immédiate et les conséquences.

    Hier, la brèche fut provoquée au départ par une protestation à Nanterre, puis au quartier latin, contre l’arrestation d’étudiants lors d’une manifestation anti-impérialiste (et plus précisément antiaméricaine, contre la guerre au Viêt-Nam).

    Aujourd’hui, la brèche a été provoquée par les « gilets jaunes », issus d’une classe moyenne en difficulté, protestant contre l’instauration de la taxe carbone (motif plus justifié et moins idéologique que celui de 1968). Le risque est que profitant de cette brèche, tous les mécontents et les opportunistes s’y engouffrent jusqu’à ébranler l’autorité de l’Etat et le menacer sans avoir le moindre projet cohérent à proposer pour remplacer celui du gouvernement actuel.

    Est-ce que soulever un peu le couvercle de la cocotte-minute suffira à calmer les esprits ? Nous savons que les esprits ont tendance à s’échauffer lorsqu’ils se frottent les uns contre les autres. C’est de la thermodynamique. Espérons que cette énergie qui va dans tous les sens se transformera en énergie utile et non pas en anarchie ou en autoritarisme, le second suivant en général la première.


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