• Être près du peuple

    Être près du peuple

    Quand il est reproché à un dirigeant de ne pas être assez près du peuple, ce reproche est souvent pris au premier degré par l’intéressé. En tout cas c’est ce qui semble quand on le voit tenter de corriger ce défaut par des manifestations de proximité physique avec ses concitoyens.

    On appelle ça des bains de foule. Des bains pour se laver de tout soupçon olympien. Quoi de plus significatif pour montrer sa proximité physique que de serrer des mains en prenant même le risque d’une transmission infectieuse. Quoi de plus touchant que de prendre un enfant dans ses bras, ce simple geste est très productif car il vous assure la proximité avec toute la famille du gniard.

    Bien sûr, le dirigeant se doit d’être avenant et tout sourire ne serait-ce que pour atténuer les mines patibulaires des malabars qui encadrent étroitement l’homme de pouvoir un peu trop proche du peuple à leur goût.

    Contresens. Être près du peuple ne signifie pas une proximité physique, même si celle-ci n’est pas à négliger (surtout dans les campagnes électorales), être près du peuple c’est avant tout se mettre à sa place, comprendre ses préoccupations, et ses besoins. Les bains de foule permettent trop souvent de s’en laver les mains, jusqu’au jour où le peuple finit par passer un savon à ceux qui les gouvernent et à les vider avec la baignoire.

    Illustration : Lambert Lamy : « foules »    

    « Le machisme japonais est-il un facteur de risque ?Je ne comprends plus rien »

  • Commentaires

    1
    Jeudi 23 Août à 13:18

    Encore faut-il être bien équipé pour aller prendre un bain de foule aux relents de mauvaise transpiration, de bière à bon marché et de tabac froid...

                                               (exemplaire de démonstration)

      • Jeudi 23 Août à 13:22

        Un politicien doit toujours savoir nager, même en eaux troubles, avec ou sans équipement.

    2
    Jeudi 23 Août à 15:38
    Pangloss

    Le politicien se trempe dans la foule. Il ne fait qu'entrer et sortir. Souvent, il va prendre une douche, une fois rentré chez lui. La foule de la baignoire disparaît dans la bonde en un tourbillon joyeux, satisfait et un peu moite.

      • Jeudi 23 Août à 15:43

        Dans le fond, tout ça c'est une histoire de plomberie.

        NB. Comme je n'arrive pas à mettre un commentaire sur votre blog, j'ajoute que vous êtes en forme dans votre dernière revue de presse.

    3
    Jeudi 23 Août à 20:51
    Pangloss

    Je regrette vos commentaires. J'ose croire que ceux chez qui je ne peux commenter éprouve les même regrets.

      • Jeudi 23 Août à 22:55

        J'en suis persuadé puisque j'en bénéficie depuis plus de 10 ans.

      • Vendredi 24 Août à 09:29
        Pangloss

        "éprouvent". J'espère qu'ils sont assez nombreux pour mériter le pluriel.

    4
    Souris donc
    Vendredi 24 Août à 07:43

    Le bain de foule, berk.

    Sauf, peut-être, dans les meetings clairsemés d'EELV où vous avez le temps de prendre un selfie avec chacun, de vous enquérir de la santé de la grand'mère et du chien, et des progrès du petit dernier.

      • Vendredi 24 Août à 11:01

        L'article en lien a nettement agrandi la baignoire. L'objet de mon billet est surtout le contresens commis par la plupart des gens au pouvoir lorsqu'il leur est reproché de ne pas être près du peuple car leur réaction immédiate, sans doute conseillée par leurs proches, est d'y tremper un orteil.

      • Souris donc
        Vendredi 24 Août à 15:50

        Même si on peut répugner au bain de foule, il y a retour sur investissement. Même et surtout si la baigneur est avenant au milieu de ses gorilles à la Benalla qui ont les yeux qui furètent.

        Les JT. Mais surtout les chaînes d'info en continu qui démultiplient.

        Les metteurs en scène d'opéra qui ont toujours une longueur d'avance nous ont sorti un Nabucco se passant sur un BFMTV.

        Nabucco = l'esclavage des Juifs à Babylone dont Nabucco est le roi. La metteuse de la version de l'Opéra de Lille : massacres de civils, bombardements, pillages, captés sur une chaîne d'info en continu.

        Nabucco, est l'opéra de Va pensiero, le chœur des esclaves, que chaque Italien, même le plus inculte connaît par cœur.

      • Vendredi 24 Août à 16:48

        Curieux que les esclaves juives soient habillées comme des bonnes soeurs.

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