• Une discrimination ethnique peut-elle être positive ?

    Une discrimination ethnique peut-elle être positive ?Dans l’appel que j’ai rapporté hier, la violoniste Zhang Zhang s’insurge contre le licenciement de musiciens d’un orchestre parce qu’ils sont blancs pour laisser leur place à des musiciens « issus de la diversité », opération approuvée par les journalistes et elle fait le parallèle entre cette discrimination ethnique et la discrimination désastreuse ayant caractérisé la « révolution culturelle » chinoise. Elle trouve l’expulsion de ces musiciens blancs à la fois absurde et injuste. Injuste car les musiciens d’un orchestre sont recrutés à l’aveugle en jouant derrière un paravent ce qui a d’ailleurs abouti à une composition des orchestres parfaitement équilibrée entre les hommes et les femmes. 

    Quand on parle de minorités « issues de la diversité », c’est une façon alambiquée de parler des gens de couleur, car il ne s’agit sûrement pas de minorités d’origine asiatique ou juive car c’est parmi elles que l’on trouve les plus grands interprètes de musique classique. Pourquoi les musiciens noirs sont-ils sous-représentés dans les orchestres ? C’est une autre question. Les plus grands musiciens de jazz – une musique qu’ils ont inventée - sont noirs. Sont-ils moins attirés ou moins doués pour la musique classique ? Ou les conditions sociales jouent-elles dans l’orientation musicale ? Quoi qu’il en soit on cherche à leur donner un « coup de pouce » en les recrutant par la petite porte aux dépens de musiciens blancs qui ont acquis leur place uniquement par leur talent. N’est-ce pas méprisant ?

    On trouve pour cette discrimination positive la même justification que l’on apportait à la colonisation. En 1925, Léon Blum déclarait à la chambre des députés : « nous admettons le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture ». La colonisation était aisément présentée comme un « coup de pouce » donné aux peuples colonisés comme on donne aujourd’hui dans les pays anglo-saxons un « coup de pouce » aux gens de couleur pour favoriser leur ascension sociale. Mais comme le dit très bien Mme Zhang Zhang : Aucune discrimination n’est jamais “positive”.

    Illustration : Braque : violon et cruche.

    « La révolution culturelle occidentaleQuérulence »

  • Commentaires

    1
    Souris donc
    Jeudi 7 Octobre à 09:38

    La mezzo-soprano Teresa Berganza, qui a grandi dans l'Espagne franquiste, a dit exactement la même chose dans ses entretiens avec Olivier Bellamy (journaliste animateur de "Passion classique") :

    S'ils ont à délivrer un message, qu'ils donnent des conférences.

    L'opéra accepte toutes les invraisemblances, ce n'est pas une raison pour s'en servir à des fins idéologiques. La noire Jessye Norman a été une merveilleuse Walkyrie. Pas par la discrimination positive, mais par le talent.

    S'ils veulent absolument "actualiser", qu'ils se contentent de remplacer la calèche par une Porsche. 

    Je me permets de faire mon intéressante :

    L’enchanteresse à la clinique vétérinaire | antidoxe (wordpress.com)

      • Jeudi 7 Octobre à 10:28

        Finalement votre texte décrit un opéra ultra-comique. Mais la question est : les spectateurs ont-ils éclaté de rire ?

      • Souris donc
        Jeudi 7 Octobre à 12:43

        Un opéra, c'est une soirée au cours de laquelle le baryton passe tout son temps à empêcher le ténor de coucher avec la soprano.

        (Giuseppe Verdi)

        Les formidables sopranos noires américaines enchantent le lyrique verdien et wagnérien sans que ça choque qui que ce soit (Grace Bumbry, Leontyne Price, Jessye Norman, Kristin Lewis, Kathleen Battle, Camilla Williams, Shirley Verrett, Caterina Jarboro…)

         

      • Jeudi 7 Octobre à 12:53

        Cela s'appelle l'universalisme.

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    2
    Jeudi 7 Octobre à 10:14

    L'idée que les minorités doivent faire l'objet d'une attention particulière et bienveillante est une vieille idée chrétienne qui n'est pas sans intérêt. A la base, il y a la parabole de la brebis perdue que  Jésus conclut ainsi : "Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue ?"

    Illustration pratique positive  : On réserve les meilleurs places de parking aux handicapés, on verse des allocations supplémentaires aux mères élevant seules des enfants, on prend en charge les Pupilles de la nation, etc...

    Mais quand le principe tombe dans les mains des communistes, ca donne, comme le souligne cette dame, la révolution culturelle chinoise et ses millions de morts et des décisions woke comme ces licenciements qui s'apparentent plus à du racisme anti blancs qu'à la promotion de musiciens noirs. 

     

    PS : d'ailleurs, s'agissant de cet orchestre, il faudrait également imposer un quota de noirs dans le public, sinon les mêmes wokes diront que des musiciens noirs jouant de la musique composée par des blancs  pour un public de blancs rappellent l'esclavage.

     

     

      • Jeudi 7 Octobre à 10:37

        N'est-ce pas condescendant de vouloir aider les noirs comme on aide les handicapés ? Il arrive que le racisme anti-blancs finisse par abaisser les noirs. Votre PS donne à réfléchir, en poussant à l'extrême : orchestre composé seulement de musiciens noirs jouant uniquement pour des spectateurs noirs. Cela s'appelle l'apartheid.

    3
    Jeudi 7 Octobre à 11:03

    Une discrimination ne peut être "positive", comme le dit Larousse "Fait de séparer un groupe humain des autres en le traitant plus mal".

    En effet cette discrimination dont vous parlez, n'est absolument pas "positive" !

    C'est de la Cancel culture çà !

      • Jeudi 7 Octobre à 11:09

        En effet la discrimination dans son sens est de défavoriser, quand on y ajoute "positive", c'est en principe pour favoriser un groupe, mais quand on favorise un groupe c'est toujours aux dépens d'un autre.

    4
    Jeudi 7 Octobre à 14:27

    N'oubliez pas que si il faut des "noirs" dans la musique dite "blanche" pour favoriser la discrimination positive, il ne faut pas de "blancs" dans la musique "noire" et assimilée pour lutter contre l'appropriation culturelle. 

    Voir aussi Alice Coffin qui n'écoute plus de musique composée ou jouée par les "assaillants" mâles.

     

    (heureusement que la musique adoucit mes mœurs.)

     

      • Jeudi 7 Octobre à 14:41

        A noter qu'en solfège une blanche vaut deux noires. Il serait temps que les woke réagissent. Comment peut-on assaillir Alice Coffin ? Il y a vraiment des pervers.

      • Jeudi 7 Octobre à 15:38

        En attendant d'attaquer le solfège, Rokhaya Diallo s'est attaqué à un problème autrement plus important : la couleur des pansements qui ne sont compatibles qu'avec la carnation des blancs ce qui est extrêmement discriminant pour les racisés

      • Jeudi 7 Octobre à 15:48

        De plus en plus tout tourne autour du peau, et on va nous dire comment panser.

        NB. Ulysse soit qui mal y pense.

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