• LE SONNET DE L’ÉLECTEUR SONNÉ

    LE SONNET DE L’ÉLECTEUR SONNÉ

    Qui dira la solitude inquiète de l’électeur

    Sous le regard scrutateur des assesseurs

    Qui dira l’embarras consterné devant

    Les bulletins attablés attendant le client

     

    Dans l’isoloir l’électeur solitaire isolé

    Plie en quatre un bulletin démesuré

    Le glisse dans une enveloppe minuscule

    Pour donner son accord à l‘élu qui l’encule

     

    Et l’électeur s’en va d’un lent pas fataliste

    Sous le regard ironique des abstentionnistes           

    Honteux d’avoir cédé à son devoir civique

     

    Montré du doigt comme un récidiviste las

    Croyant toujours aux vertus démocratiques

    Mais s’il n’en reste qu’un il sera celui-là

     

    Illustration : Brigitte Kuckenberg-Wagner

    « 380. Fait ce que je dis, ne fait pas ce que je faisMis en boîte »

  • Commentaires

    1
    Lundi 21 Juin à 11:11

    Excellent!

    J'ai fais mon devoir civique mais surement pas honteusement !

    Aujourd'hui, je suis ravie, la macronie a été envoyée valdingué!

     

      • Lundi 21 Juin à 11:31

        La macronie sort en effet en triste état de cette élection-croupion.

    2
    Isabelle Mazan
    Lundi 21 Juin à 11:19

    La grossièreté n'est pas de mise dans un sonnet .

      • Lundi 21 Juin à 11:33

        La forme du sonnet est un cadre. On y exprime ce que l'on veut.

    3
    Souris donc
    Lundi 21 Juin à 12:04

    Molière commet je ne sais combien de sonnets parodiques. D'ailleurs, Trissotin bégaie "So So So Sonnet à la Princesse Uranie" dans ses Femmes Savantes. D'où son nom, Trissotin.

    De joindre à l’épigramme, ou bien au madrigal,
    Le ragoût d’un sonnet, qui chez une princesse
    A passé pour avoir quelque délicatesse.
    Il est de sel attique assaisonné partout,
    Et vous le trouverez, je crois, d’assez bon goût.

      • Souris donc
        Lundi 21 Juin à 12:48

        Ah qu'en termes galants ces choses-là sont mises :

        = sonnet parodique du Misanthrope, acte I, scène II

      • Lundi 21 Juin à 13:09

        Me voilà en  bonne compagnie.

      • Souris donc
        Lundi 21 Juin à 15:08

        En bonne compagnie, oui :


        Boris Vianle blouse du dentiste. Chuis pas dentiste, chuis plombier, entre voisins, faut s'entraider, et moi je gueule ce soir le blouse du dentiste dans le noir.


        Corneille, Marquise si mon visage... Peut-être que je serai vieille, répond Marquise cependant, j'ai vingt-six ans, mon vieux Corneille, et je t'emmerde en attendant.

      • Lundi 21 Juin à 16:57

        ça fait du bien d'écouter Brassens.

    4
    Lundi 21 Juin à 13:56

    La parabole du fils prodigue nous a appris depuis longtemps que  le cadet abstentionniste a droit à toutes les attentions et l'aîné civique à l'indifférence et  au dédain. 

     

    PS : Je ne comprends pas ce qui a pu motiver la réserve émise à propos du sonnet : en effet la rime en question est très riche !

      • Lundi 21 Juin à 14:03

        Faire des réserves sur une telle rime est quasiment discriminatoire.

    5
    Lundi 21 Juin à 15:21

    Le "pas lent" que vous avez observé n'est peut-être pas forcément "fataliste" : on dit (on dit !..) qu'on a parfois quelques difficultés à marcher au sortir d'une séance d'enc... de sodomie (à vérifier ?). Quoiqu'y aller de son plein gré, tout en connaissant d'avance la suite du programme et être prêt à récidiver... Mais, bon,  si c'est par devoir plus que par plaisir...


     

      • Lundi 21 Juin à 17:01

        C'est vrai, mais je tiens à mon bulletin de vote tant que l'on ne me choisit pas les candidats à élire comme  cela se fait ailleurs.

    6
    Lundi 21 Juin à 16:18

    En bonne compagnie:


    Le sonnet du trou du cul


    Obscur et froncé comme un œillet violet
    Il respire, humblement tapi parmi la mousse
    Humide encor d’amour qui suit la fuite douce
    Des Fesses blanches jusqu’au cœur de son ourlet.

    Des filaments pareils à des larmes de lait
    Ont pleuré, sous le vent cruel qui les repousse,
    À travers de petits caillots de marne rousse
    Pour s’aller perdre où la pente les appelait.

    Mon Rêve s’aboucha souvent à sa ventouse ;
    Mon âme, du coït matériel jalouse,
    En fit son larmier fauve et son nid de sanglots.

    C’est l’olive pâmée, et la flûte câline,
    C’est le tube où descend la céleste praline :
    Chanaan féminin dans les moiteurs enclos !


    Paul Verlaine et Arthur Rimbaud

      • Lundi 21 Juin à 17:03

        ça c'est de la poésie !!!

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