• La tristesse de la vertu

    Un vent vertueux souffle sur le monde. Des documents révèlent que des gens très bien cherchent à éviter de payer des impôts en toute légalité, et leurs noms circulent sur les vecteurs de délation généralisée. Et les envieux s’indignent. Pourtant si l’on donnait le choix à ces envieux : préférez-vous payer des impôts ou ne pas en payer sans pour autant frauder, quel choix feraient-ils ?  

    Un vent vertueux souffle sur le monde. Il est venu des femmes qui, à juste titre, ne veulent plus être l’objet des assauts masculins non désirés jusqu’à en devenir criminels*. Un vent de délation souffle sur les réseaux sociaux : chaque jour des porcs sont balancés dans l’auge médiatique. Parfois ce ne sont que des porcelets qui avaient l'intolérable, l'irrespectueuse et grossière tendance, mais sans aller plus loin, à flatter les fesses des dames qui leur plaisaient (bien que Jane Birkin disait jadis – mais c’était avant – que ça lui remontait le moral). Une fois dans l’auge on en sort définitivement sali par la rumeur avant toute enquête, et les acteurs accusés se voient retirés des affiches, des films ou des séries, et les gens connus écartés comme des pestiférés avant tout jugement.

    La tristesse de la vertuUn vent vertueux pénètre dans les salles de garde des hôpitaux dont les murs sont parfois ornés de fresques très grivoises que des personnes scandalisées par leur existence voudraient faire repeindre, alors que l’accès de ces salles de garde n’est réservé qu’aux internes. J’en ai connu de très belles, dont une réalisée par Chaval avec un panneau intitulé « Mon Dieu, prothèsez-nous » et l’on devine de quelle prothèse il s’agit. Il paraît que ces fresques heurtent (qui ?) : elles seraient (bien modestement) pornographiques, alors que la pornographie autrement plus « hard » sort par tous les pores de nos écrans, et surtout sexistes car l’univers médical était dans le passé presque entièrement masculin. J’ignore quelle est l’opinion des internes féminines devant cet environnement plus phallique que vaginal.

    Pour paraphraser Aragon : l’avenir de l’homme, ce n’est pas la femme, mais le délateur et la délatrice en charge de la surveillance de la vertu placée au-dessous de la ceinture ou dans le compte bancaire.

    Aussi devant la montée de cette vertu triste et qui n'est pas sans danger, je tiens à rendre hommage à ce pilote de l’armée de l’air américaine qui fit preuve de résistance en dessinant avec habileté une verge céleste.

    La tristesse de la vertu

    Devant les protestations outrées, notamment féminines, ses supérieurs ont affirmé par la suite que le dessin d’un phallus dans le ciel ne faisait pas partie de l’entraînement des pilotes et ils se sont excusés auprès de la population, car « tout le monde était sous le choc » devant ce phallus géant et provocateur flottant au-dessus de leurs têtes.

    * En retour les hommes peuvent devenir des objets de haine de la part des femmes (féministes et/ou lesbiennes). Voir "La douceur féminine n'est plus ce qu'elle était".

    « Une journaliste particulièrement utileLes cracheurs dans la soupe »

  • Commentaires

    1
    Dimanche 19 Novembre à 17:03

    Tout le monde était "sous le choc"? Il n'y a donc pas de toilettes publiques aux USA?

      • Dimanche 19 Novembre à 17:12

        Bonne question.

    2
    Lundi 20 Novembre à 12:20

    On se demande si la race humaine survivra à toutes ces conneries ?

      • Lundi 20 Novembre à 13:15

        Le seul espoir est qu'elle en a fait de pires.

    3
    Lundi 20 Novembre à 14:36

    Si j'en crois Basile de Koch (et pourquoi pas ?), dans l'Obs, il y a à la fois une série de conseils destinés aux "contribuables souhaitant diminuer la facture fiscale qu'ils acquitteront l'an prochain au titre de l'impôt sur le revenu" et un article qui fustige "des pratiques à la limite de la légalité, employées par certains individus ou certaines entreprises afin d'échapper à l'impôt"...

    Qui fera mieux en matière de xyloglossie  ?

      • Lundi 20 Novembre à 14:44

        Oui, j'ai vu ça, et je crois que ce n'est pas le seul journal à pratiquer l'incohérence en publiant des papiers contradictoires entre l'idéologie et la pratique dans la même édition.

    4
    Lundi 20 Novembre à 16:36

    Si ça continue comme ça, on va s'emmerder grave (comme disent les d'jeuns) ! Et revenir à l'ère de la parfaite hypocrisie. 

      • Lundi 20 Novembre à 16:43

        "La vertu cesse là où l'excès commence".

    5
    Lundi 20 Novembre à 18:27

    On va redécouvrir le goût du fruit défendu.

      • Lundi 20 Novembre à 18:36

        L'équilibre entre la permissivité et l'interdit est une affaire d'équilibriste sur un fil avec son balancier.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :