• Quand il ne dit rien, il ne fait rien

    Quand il ne dit rien, il ne fait rien

    Nous avons un Président de la République que tout le monde nous envie, à la fois monarchique et professoral, la foudre dans une main et le cours de la bourse dans l’autre, et offrant de surcroît un contraste qui montre combien sa pensée est complexe.

    D’un côté, c’est un chef de guerre lançant ses missiles comme un juge frapperait de son marteau pour rétablir l’ordre dans la salle planétaire, pour aller l’instant d’après sermonner l’Europe.

    D’un autre côté, on assiste dans son royaume, dans une ambiance de grèves multiples, à des émeutes rurale et urbaines, dont la dernière à propos – semble-t-il - d’une femme voilée à Toulouse qui aurait dit merde à la maréchaussée. Et ne parlons pas du désordre qui règne dans quelques universités, et notamment dans celle de Tolbiac qui, d’après le chef de l’établissement, serait devenu un lieu d’attraction parisien, bloqué pour les étudiants qui veulent étudier, mais restant accessible, non seulement à ceux qui veulent partager le délire philosophico-politique abscons de cerveaux en surchauffe, mais également aux casseurs, aux drogués et aux baiseurs.

    En ce domaine, la foudre de notre monarque à la mollesse d’une fin d’érection reculant devant les 22 étages, fièrement dressés, dans lesquels il faudrait remettre de l’ordre. Le spectacle de CRS et de jeunes gens jouant à cache-cache, courant dans les escaliers, ouvrant et fermant les portes, se poursuivant dans les gradins, hurlant dans les couloirs, serait à la fois ubuesque et redoutable car un-e mort-e (parité oblige) par une chute dans un escalier ou une glissade sur un détritus dans un couloir non entretenu serait attribué-e par principe à un CRS et provoquerait une révolution.

    On comprend qu’il est plus facile de bombarder la Syrie, de faire des discours dans les assemblées, et même d’être interviewé par des journalistes sans cravate et dont l’un porte même une moustache stalinienne.

    Alors on laisse pour l’instant courir et pourrir. « Nuit debout » a bien fini par se coucher. Mais est-on alors bien crédible ? Certes, notre monarque « dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit ». Ce qui implique que quand il ne dit rien, il ne fait rien. C’est clair.

    « Je m’ingère, donc je suis.Un révolutionnaire qui dort est un révolutionnaire « mort » »

  • Commentaires

    1
    JCH
    Mardi 17 Avril à 15:52

    avec les compliments d'un LLA lointain lecteur assidu

      • Mardi 17 Avril à 17:21

        Un sympathique écho à la Guadeloupe.

    2
    Mardi 17 Avril à 16:46

    A Nantes nous le constatons pratiquement tous les jours, çà casse du flic et des vitrines à tire larigot, quand ce n'est pas à NDDL, mais il part faire la guerre en Syrie!

      • Mardi 17 Avril à 17:22

        Heureusement de loin.

    3
    Souris donc
    Mardi 17 Avril à 17:40

    Excellent !

    On se demande encore pourquoi Macron a choisi ces deux roquets hargneux mais faciles à mater. Bourdin, réputation de pittbull. Jamais vu. Assez pro face à Macron. Quant à Edwy Plenel, éteint. Ailleurs. Affichant un petit  air supérieur. Bof.

     

      • Mardi 17 Avril à 17:52

        Le  choix d'un ami des Frères musulmans m'étonne tout de même. C'est lui donner un certificat de bonne conduite, alors que récemment il s'est illustré par un appel au meurtre contre Charlie Hebdo.

      • Souris donc
        Jeudi 19 Avril à 10:48

        Nathalie MP dans son papier Emmanuel Macron, le Président qui "joue au président" * ?

        [...] Est-ce vraiment un hasard si Macron semble assis entre deux burnes devant une Tour Eiffel incontestablement très phallique et brillant de mille feux ?

        *(citation Hollande dans son livre, voire même "surjoue")

        Selon moi Hollande, vieille génération qui n'a jamais rien compris à la com'.

      • Jeudi 19 Avril à 11:07

        Ensemble composé avec la volonté de donner une image subliminale de mâle alpha. Mais Macron a plutôt l'apparence d'un premier communiant qui ne se déplace jamais sans sa maman. Quant aux burnes qui l'entourent, il s'agirait plutôt de casse-burnes.

    4
    Mardi 17 Avril à 18:31

    Si j'étais partisan des thèses conspirationnistes, je dirai que Jupiter ne laisse pas courir, pourrir et mourir...

    Il fait ce pour quoi il a été élu (pas nécessairement par "le peuple", mais par des partenaires ayant assez de moyens financiers et "(in)humains") livrer l'occident à deux ennemis: à l'immigration massive et à un certain islamisme d'une part afin de l'affaiblir de l'intérieur, de le diviser ou de détourner son attention), et finalement au grand capitalisme international d'autre part... (certains chroniqueurs "nauséabonds" ont envisagé et développé cette thèse...)

    Après quelques recherches, je viens de tomber sur cette analyse:

    "La dernière course à l’Élysée n’a été qu’un "simulacre de démocratie", une mascarade, une vulgaire "palinodie". Qu’importe les multiples rebondissements qui ont donné un tour inédit à cette élection, puisque "tout" était prévu d’avance. [Il] affirme qu’il connaissait la fin de l’histoire, avant même son dénouement. Cette bataille ne pouvait, selon lui, aboutir qu’à la désignation d’un pion de l’"État maastrichtien": Emmanuel Macron. Conclusion : les électeurs ont été manipulés par un "dispositif" – c’est le terme qu’il emploie – au service du grand capital et avec la complicité de médias serviles."

     

     

    Ce n'est pas une élucubration soralienne ou autre:

    Dans son dernier ouvrage, Michel Onfray soutient que l'élection d'Emmanuel Macron a été orchestrée par un système mis en place par la finance mondialisée

    Par L'Obs Publié le 31 mai 2017

    (lire les commentaires des lecteurs de l'Obs sur cette page)

    ou encore:

      • Mardi 17 Avril à 18:48

        D'une façon générale je me méfie des complots et des machinations souterraines et ceux qui les affirment ne sont pas toujours crédibles non plus. Ce qui ne veut pas dire que des intérêts ne cherchent pas à modifier le cours des choses (c'est vieux comme le monde) mais dire que Macron ou un autre n'est qu'une marionnette et qu'il ne fait que ce qu'on lui dicte de faire, c'est aller un peu loin. Il obéit peut-être tout simplement à ses propres convictions.

      • Mardi 17 Avril à 20:00

        Le fait que Macron, grand inconnu du public et des électeurs 3 ou 4 ans avant l'élection présidentielle remportée allègrement, ait été élu "grâce à un dispositif au service du grand capital" ou, dit autrement, "par un système et des intérêts qui voulaient décider directement de la politique à mener", n'enlève rien à ce qui pourrait être ses convictions personnelles qui ne seraient pas du tout incompatibles avec le parcours professionnel qui a été le sien dans une grande banque d'affaires (!) où il occupa un poste "d'associé gérant" après à peine 2 ans de présence, sans passer par tous les échelons intermédiaires habituels !

        Il ne fait donc certainement pas aveuglement où on lui dit de faire, sans comprendre ni le comment ni le pourquoi, mais tenterait d'appliquer un programme économique et social dans lequel les gesticulations de quelques énergumènes semblent aux mieux un point de détail de l'actualité, au pire une diversion utile de temps en temps...

        Au lieu de dire "conspiration", "complot", "manipulation" ou "machination", on peut dire "usage inédit et approprié de techniques de persuasion particulièrement efficaces". oops

        Bon, je dis ça... je dis rien.

      • Mardi 17 Avril à 20:41

        Comme je l'ai dit sur votre blog, Macron a été élu parce que les autres étaient mauvais. Si Fillon descendu par le Canard enchaîné - qui n'est pas un journal libéral - avait de suite laissé sa place à Juppé, c'est celui-ci qui aurait été élu et non Macron. Quel était le choix ? Le Pen ? Hamon ? Mélenchon ? Chercher une manipulation ne me semble pas nécessaire.

      • Souris donc
        Mercredi 18 Avril à 09:22

        Macron a été élu grâce à Marine Le Pen et à son suicide en direct auquel nous avons tous assistés, médusés. Inutile de convoquer la finance internationale et les francs-mac. Des repoussoirs pour les électeurs. C'est Marine Le Pen qui a permis l'élection de Macron, et rien d'autre. Elle a montré le vrai visage du FN : non pas le fascisme à l'affût, mais une petite affaire familiale prospérant sur les thèmes que les autres partis ont bien voulu lui sous-traiter.

      • Mercredi 18 Avril à 11:06

        Les autres n'étaient pas éligibles non plus.

    5
    Mardi 17 Avril à 20:19

    Macron a sans doute des convictions et de l'ambition sans parler de ses capacités. C'est pour elles que ceux qui l'ont soutenu l'ont choisi.

      • Mardi 17 Avril à 20:43

        J'en suis d'accord. C'était le meilleur, et il n'avait pas de mal à l'être.

    6
    Mercredi 18 Avril à 10:14

    Quand j'écris "ceux qui l'ont choisi", je ne parle pas des électeurs.

      • Mercredi 18 Avril à 11:21

        Je connais votre opinion sur le suffrage universel, mais sans électeurs il n'y pas d'élection. Dans les régimes totalitaires il y a élections mais avec un seul candidat. En France on ne manque pas de candidats, et ce n'est pas la faute des électeurs à la présidentielle si la plupart ont  été soit mauvais soit extrémistes et ce n'était pas le fait d'une manipulation quelconque, à moins de penser que les manipulateurs aient demandé à Fillon d'être visiblement malhonnête, à Le Pen d'être mauvaise, à Mélenchon de proclamer son admiration pour Castro et le régime du Venezuela, et à Hamon d'être à côté de ses pompes.

    7
    semaphore
    Mercredi 18 Avril à 23:50
    semaphore

    "Ce qui implique que quand il ne dit rien, il ne fait rien. C’est clair."

    Ou il laisse faire.

    Sur les 80 km/h dans la cambrousse (pour commencer), ce n'est pas lui mais la faute à son premier ministre...

      • Jeudi 19 Avril à 09:05

        C'est l'intérêt d'avoir un exécutif théoriquement bicéphale.

    8
    Vendredi 20 Avril à 06:44

    Tolbiac est évacué. J'espère qu'il en sera de même pour  ND des Landes

    Sur le plan international, je le trouve assez suiviste et même parfois naïf.  Mais sur le plan intérieur , j'aime bien son intransigeance (et celle de son ministre de l'intérieur) qui tranche avec la veulerie de son prédécesseur. 

     

     

      • Vendredi 20 Avril à 08:27

        Tolbiac a été évacué et évidemment de nuit pour éviter les courses dans les 22 étages. Un révolutionnaire qui dort est un révolutionnaire "mort".

        Contrairement à mon titre : il n'a rien dit mais il a fini par faire.

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