• Noirs désirs

    Noirs désirs

    Considérer, comme le fit Zemmour dans une émission TV, que porter un prénom au parfum exotique est « une insulte à la France » me semble stupide. Cela fait déjà longtemps que l’on a dans notre pays la liberté d’attribuer un prénom hors du calendrier chrétien et sans avoir l’obligation de le franciser. Pour moi, le prénom Hapsatou porté par Mme Sy, Française d’origine africaine, est bien plus charmant que Térébenthine, prénom que Mme Duflot a donné à l'une de ses filles.

    Par contre, qualifier cette sortie – ou provocation – de raciste, comme l’a fait en particulier un article du Canard enchaîné de cette semaine, me semble un contresens. L’obsession de Zemmour est celle de la nécessité de l’assimilation des immigrés et de leurs descendants dans le pays d’accueil, ce qui peut aller à ses yeux jusqu’à porter un prénom bien de chez nous.

    Mais quel que soit le jugement que l’on peut porter sur les déclarations de Zemmour, il a parlé du prénom mais pas de la personne. Aussi que Mme Sy demande de son propre chef l’interdiction de la présence de Zemmour sur les plateaux, et qu’une pétition va dans ce sens avec le désir d’appliquer une condamnation sans jugement parait outrecuidant.

    La provocation de Zemmour qui fait tant de bruit est vraiment dérisoire à côté de celle d’un rappeur noir qui ne s’estime aucunement raciste en proclamant par ses vociférations labélisées artistiques dans le clip intitulé « PLB » ou « Pendez les blancs » :

    « Je rentre dans des crèches, je tue des bébés blancs, attrapez-les vite et pendez leurs parents, écartelez-les pour passer le temps, divertir les enfants noirs de tout âge, petits et grands. Fouettez-les fort, faites-le franchement, que ça pue la mort, que ça pisse le sang. » Au-delà des mots, le clip montrait aussi un homme blanc attaché et torturé par Nick Conrad. Il reçoit en effet un grand coup de pied derrière la tête. » (Le Point).

    Il me semble que l’agression verbale dont fut victime Mme Sy devrait être relativisée par les rimes meurtrières de son frère de couleur.

    Mais le rappeur en question ne regrette rien (il est enfin connu) : « Je ne peux pas renier ce que j'ai écrit, ça touche le racisme, c'est la beauté de ce morceau, ça reste de l'art. ». Il est indéniable que ça touche le racisme, mais quand à la beauté et l’art, on peut en douter. Sur RTL, le rappeur s'est défendu d'avoir lancé un appel à la haine. « J'ai inversé les rôles. [...] ce clip est supposé amener à réfléchir et (ne) pas rester en surface. Je ne comprends pas les gens qui ne vont pas chercher en profondeur. » La profondeur de ce rappeur est en effet abyssale au même titre que sa modestie. Et il prétend simplement « inverser les rôles », « le système de manière à ce que Blancs comme noirs puissent se rendre compte de la situation ». De toute évidence la situation de ce rappeur qui vit en France est tragique, un pays où les Français blancs n’hésitent pas à tuer les bébés noirs dans les crèches et à pendre leurs parents après les avoir torturés.

    « Dans une interview accordée au site Aucoindela34eme, Nick Conrad présentait la philosophie derrière son album Saphir noir. « Dans cet album, j'envoie un message d'unité et d'identité noire. L'homme noir a des capacités intellectuelles et physiques comme n'importe quel être humain. Nous sommes tous des êtres extraordinaires. » Il se décrit lui-même comme un « artiste noir, parisien fier et raffiné ». (Le Point a remplacé raffiné par affirmé…c’est plus juste).

    Cette dernière déclaration contient un élément dangereux : l’appel à l’unité noire, à l’évidence, d’après ce qui précède, contre les blancs. Et un élément triste, car malgré les rodomontades de ce rappeur, il étale un complexe d’infériorité en éprouvant le besoin d’affirmer que le noir a les mêmes capacités que les autres et cerise sur le gâteau, il étale également sa misogynie en spécifiant que ces capacités sont celles de l’homme noir, et pour le prouver il sort un torchon de haine et un appel au meurtre artistiquement ciselé en vers de mirliton à côté duquel Zemmour apparaît comme un enfant de chœur.

    Illustration de Georges Mathieu : "Abduction"

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  • Commentaires

    1
    Souris donc
    Jeudi 27 Septembre à 17:15

    Le con en rade de notoriété fait son buzz. Plus c'est gros plus ça passe.

      • Jeudi 27 Septembre à 17:23

        J'espère que ça ne passera pas, mais j'ai un doute. Enfin, cet énergumène doit être content ; il sort de l'anonymat. Pour être connu dans ce monde bas artistique, il faut être ignoble à un moment donné.

      • Souris donc
        Jeudi 27 Septembre à 18:05

        Ignoble et saccageur (cf. Booba et Kaaris à Orly), le rappeur se doit de vandaliser la Lamborghini ou la boutique du concurrent. Ce Conrad est simplement dans la surenchère qui sied au rappeur.

        On est loin de nique ta mère.

        Tout le monde tombe dans le panneau.

      • Jeudi 27 Septembre à 18:21

        Les rappeurs sont parfois des voyous qui ont trouvé ce moyen pour gagner de l'argent à moindre risque. De toute façon, ils se comportent pratiquement tous en voyous pour se conformer au stéréotype

      • Souris donc
        Jeudi 27 Septembre à 18:34

        C'est ton destin. Et les keufs et les meufs.

      • Jeudi 27 Septembre à 18:50

        En ce moment j'écoute le concerto pour piano n° 5 de Bach, alors le destin ce sera pour plus tard. Faut pas mélanger.

    2
    Jeudi 27 Septembre à 17:41

    A quand le passage à l'acte de Nick Conrad ? En plus il est sûre d'être épargné, même d'être ovationné!

      • Jeudi 27 Septembre à 17:50

        Maintenant qu'il est connu il va avoir ses partisans.

    3
    Jeudi 27 Septembre à 18:19

    Un grand poète ce "Conard" (anagramme de Conrad) ! Je ne comprends même pas qu'on puisse encore laisser s'exprimer publiquement ce sous-homme. Et je suis polie ! Comment peut-il se trouver des personnes pour défendre ça et considérer que c'est de l'art ? Ecoeurant. 

      • Jeudi 27 Septembre à 18:26

        On peut appeler ça le bas art.

    4
    Jeudi 27 Septembre à 18:50
    Pangloss

    Ce type n'a fait que mettre en "musique" un racisme anti-blanc qui est un phénomène de moins en moins marginal (quoi qu'on dise).

      • Jeudi 27 Septembre à 18:55

        Entre les islamistes et une partie des noirs (on peut être les deux), les lendemains  risquent de déchanter.

    5
    Jeudi 27 Septembre à 19:34

    Ces deux anecdotes montrent les deux faces du problème auquel nous sommes confronté : l'une invoque notre morale pour attaquer la liberté de parole et l'autre revendique la liberté de parole pour piétiner notre morale. 

     

      • Jeudi 27 Septembre à 19:52

        Le dilemme est ainsi brillamment résumé.

    6
    Jeudi 27 Septembre à 21:38

    Menel, Médine, Black M, Conrad, Booba, Ministère Amer, Monsieur R, Groupe 113, Sniper, Salif, Expression Direkt... et cent autres, même combat ?

           Pascal Sevran... reviens !

           "C'était bien, hein, Tintin..."

     

    (j'ai repris en commentaire sur votre article  la "conclusion" d'un article sur le même sujet que j'ai mis en ligne une trentaine de minutes après le vôtre... j'aurais pu y ajouter le nom de XXXTentacion, le vrai héros oublié de mon papier)

     

      • Jeudi 27 Septembre à 23:07

        Evidemment ce n'est pas un cas isolé. En fait, ces rappeurs n'ont pas grand chose à exprimer d'autre que la violence, leur état persistant de victime même en Europe (que les noirs d'une Afrique toujours en développement cherchent à rejoindre en risquant leur vie) et en revendiquant pour certains une supériorité  (ce qui est un signe de racisme) sans en apporter la preuve sauf dans la course à pied et la musique de jazz.

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