• Le tir sur ambulance, un sport en pleine expansion

    Le tir sur ambulance, un sport en pleine expansion

    Balthus : "Thérèse rêvant"

    Je n’aime pas la foule lyncheuse, je n’aime pas la meute en réseau qui, aux premiers sons du cor de chasse, se précipite unanime et vorace sur le vaincu déjà à terre pour le piétiner avec fureur, alors que quelques heures auparavant, les mêmes lui caressaient parfois l’échine en le nourrissant.

    Je n’ai jamais apprécié Gabriel Matzneff. Je n’ai lu de lui qu’un seul livre : « Mamma li Turchi », qui n’est peut-être pas l'un de ses meilleurs, mais je l’ai trouvé sans intérêt, ce qui ne m’a pas encouragé à lire d’autres écrits de ce personnage pour lequel je n’avais guère de sympathie et qui, dans le livre susnommé, compare la vindicte contre les pédophiles (non agressifs) à l’antisémitisme ! Si je n’ai pas apprécié son ouvrage, j’ai pu admiré son culot.

    J’ai également eu l’occasion de lire ses chroniques dans Le Point, d’un intérêt variable, mais que je n’aurais sans doute plus l’occasion de lire car tout le monde s’est de suite écarté de ce pestiféré, et notamment les éditeurs et les donneurs de subventions.

    A 83 ans, le ciel est brusquement tombé sur la tête de cet amateur de petites filles et de petits garçons alors que les nues restaient aimablement suspendues au-dessus de l’écrivain, aux yeux de tous et depuis des décennies.

    La parution d’un seul livre l’a fait s’effondrer à retardement et a permis de rassembler la meute : « Le consentement » de Vanessa Springora, tombée amoureuse de Matzneff à l’âge de 14 ans alors qu’il en avait 50. Je n’ai pas lu le livre, mais seulement les déclarations qu’elle a pu faire sur cette emprise d’un adulte sur elle. Curieusement j’ai eu l’impression – sûrement à tort – d’un dépit amoureux, puisqu’elle dit avoir rompu ses relations avec Matzneff quand elle s’était aperçu en lisant les ouvrages de l’écrivain suborneur que l’aventure avec lui était loin d’être unique alors qu’elle pensait vivre une relation exceptionnelle en raison même de la transgression.

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 9 Janvier à 20:36

    L'hypocrisie des médias dans sa splendeur... Tout le monde sait, mais tout le monde ne dit rien, peut-être de peur de déclencher des réactions en chaîne incontrôlable concernant tel ou tel autre, célébrité connue ou oubliée, dans tel ou tel domaine, artistique ou pas... (je dis ça, je dis rien, hein...?!!). Jusqu'au jour où "Coco... t'as vu ça...et si on faisait un papier là-dessus... c'est bon pour les ventes... me-too, balancetonporc... Weinstein... Polanski... on a vite fait le tour et les gens s'en lassent... Maztemachin, c'est un p'tit nouveau... allez, file voir qui c'est çui-là..."

    Bon, d'accord, mais on fait quoi, alors ?

    PS. je suis quand-même d'accord pour qu'on foute la paix à Gauguin; et du côté de David Hamilton quoi de neuf ?

     

      • Jeudi 9 Janvier à 20:55

        En effet, en mettant le profil un peu crade du bonhomme de côté, cette explosion médiatique brutale et inattendue est plutôt dérangeante et suspecte.

    2
    Souris donc
    Vendredi 10 Janvier à 09:06

    Les nues aimablement suspendues au-dessus de l'écrivain...

    Le pauvre Matzneff a toujours été ridiculisé, et pas par la foule lyncheuse. Il était l'attraction de la Piscine Deligny où nous espérions le voir batifoler au milieu de nuées de Lolitas. Rien. Quelle que soit l'heure où votre copine vous y traînait pour rigoler un coup. Dans ces années dépourvues de défenseurs de minorités opprimées se donnant le beau rôle tout en défoulant son agressivité, on allait à Deligny comme on allait au cirque. Regarder l'auguste. Plus sournoisement, peut-être, que la meute vorace.

    A 83 ans, y a prescription.

      • Vendredi 10 Janvier à 09:09

        Mais le ridicule ne tue plus, la meute est plus cruelle.

    3
    Vendredi 10 Janvier à 10:20

    Un des grands plaisirs de lecture de ma vie a été le Lolita de Nabokov qui décrivait les rapports ambigus (les fantasmes, en fait !) d'un homme de 40 ans avec une "nymphette" de 14 ans. Mais il n'y a aucun  détails sexuel dans ce roman qui décrit seulement de l'intérieur, à la première personne, le trouble qui s'empare de l'esprit du narrateur. 

    Rien à voir avec ce pédophile de 50 ans qui (à travers les extraits d'interviews que j'ai vus) se vante, l'air suffisant et le sourire en coin, de se faire sucer la queue à 50 ans par une gamine de 14 ans ou de sodomiser des garçons pré-pubères. 

     C'est l'interdit qui le faisait bander ? Hé bien, c'est un hommage que lui rendent aujourd'hui  toutes les femmes de plus de 14 ans en lui confirmant que c'était bien des actes crapuleux qu'il commettait avec tant de suffisance et de fierté.  Ne le plaignons pas ! Sûr qu'il se masturbe en écoutant ce qu'on dit de lui aujourd'hui. 

      • Vendredi 10 Janvier à 10:37

        Oh, non ! Lui je ne le plains pas, c'est un pervers qui se vantait de l'être. Ce qui est minable ce sont les médias et les réseaux asociaux qui du jour au lendemain trouvent que ce type n'est plus fréquentable : l'éditeur ne publie plus son journal alors qu'il connaissait depuis longtemps ses penchants puisqu'il s'en vantait, une subvention saute et je suppose qu'il ne fera plus sa chronique dans Le Point. Une belle illustration de "hurler avec les loups". Quelle hypocrisie !

      • Vendredi 10 Janvier à 10:47

        Seule la Canadienne, Mme Bombardier, je crois, n'a pas mâché ses mots lors d'un "Apostrophe" en disant face à Matzneff qu'il était pitoyable et sa littérature nulle. Et depuis toutes ces années personne n'a trouvé à y redire et l'Etat l'a subventionné (à quel titre ? L'éducation des jeunes ?)

      • Vendredi 10 Janvier à 11:12

        Oui, je comprends. La bien-pensance progressiste à l'époque était à la tolérance sur ces questions. Cohn Bendit, dans la fameuse interview qu'on lui reproche, mettait le fait de toucher des enfants au même niveau d'interdit que fumer un joint. frown  

        Mon ressenti est très subjectif, Doc ! C'est celui d'un père de deux filles. Et si je n'aime pas hurler avec les loups, j'aime encore moins le faire avec les chacals. 

         

      • Vendredi 10 Janvier à 11:27

        Oui, la liberté sexuelle comme corollaire à la lutte des classes. Nous avons eu une brochette d'intellectuels français d'un haut niveau, Sartre en tête, particulièrement stupides. Votre dernière formule bestiaire me convient.

      • Vendredi 10 Janvier à 12:53

        Formule bestiaire : je rends hommage à votre élégance d'esprit, Doc ! d'autres m'auraient fait remarquer que si les loups hurlent, les chacals jappent ou aboient smile

      • Vendredi 10 Janvier à 13:35

        Quand on marche sur la patte d'un chacal - ce qui est courant - il doit probablement hurler.

        NB Votre interview de Jéhovah est très instructif.

    4
    Souris donc
    Vendredi 10 Janvier à 18:10

    Pour en revenir à la piscine Deligny, dans la Seine, vers l'Assemblée Nationale dans le 7ème, terrain de drague de Matzneff, et qui a coulé, Dieu sait comment, les ligues de vertu n'existaient pas encore, sinon elles auraient envoyé leur arme de destruction massive : les burkinis.

    On n'aurait pas entendu Jane Birkin chanter Lolita go home (où Lolita est traitée de pute*). Maintenant les Lolitas sont victimisées en tant que minorité opprimée.

    *Paroles, Philippe Labro, musique Serge Gainsbourg.

      • Vendredi 10 Janvier à 19:00

        Si les appétits de Matzneff sont franchement malsains (je ne sais pas s'il en a encore), le comportement des adolescentes vis à vis d'un adulte peuvent aussi être ambiguës.

      • Souris donc
        Samedi 11 Janvier à 11:18

        Le marketing a vu venir le filon. Il existe des plateformes, vous vous inscrivez, et le Sugar Daddy est mis en relation avec la Lolita de ses rêves. Et vice versa.

        Vous avez l'abonnement de base, et l'abonnement premium.

      • Samedi 11 Janvier à 12:36

        L'activité de Matzneff était donc du type artisanale. A noter que le lien que  vous m'avez proposé - à titre scientifique - tombe sur une page "introuvable".

      • Souris donc
        Samedi 11 Janvier à 13:41

        Recliquez sur Sugar Daddy France de la page introuvable

      • Samedi 11 Janvier à 14:14

        N'étant aucunement un Sugar Daddy, je vais passer mon chemin. sarcastic

    5
    Vendredi 10 Janvier à 19:18
    Pangloss

    A la différence que l'adulte est censé savoir ce qu'il fait et que l'enfant est censé ne pas mesurer les conséquences de ses actes ni de ce qu'on lui fait subir.

      • Vendredi 10 Janvier à 19:36

        Bien entendu. Mais n'oublions pas que la majorité sexuelle est aujourd'hui à 15 ans (l'autrice du livre en avait 14, je crois)

        NB. Surtout que ce billet ne fasse pas croire que je défends ce pédophile qui en a même fait un sujet littéraire

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