• Le partage de la perversité

    Le partage de la perversité

    Bien que surtout intéressé en ce moment par la forêt et l’océan, j’ai appris un peu par hasard que la chaîne de TV LCI allait consacrer ce soir, et pendant 1h30, une émission en forme d’enquête sur un assassin pédophile (pédoclaste me paraîtrait plus exact).

    Cette chaîne semble être très fière d’avoir recueilli les témoignages des proches de l’enquête qui a conduit à son arrestation. Ces témoins ne manqueront pas de faire le portrait d’un individu exécrable, toujours vivant, et dont le procès pour au moins deux crimes n’a pas encore eu lieu.

    Je ne sais pas ce qu’en pense les parents de la petite Maëlys tuée à l’âge de 8 ans par cette brute, mais pour ce qui me concerne j’ai le même rejet que lorsque l’on passe en boucle sur les médias les portraits (au demeurant sans intérêt) des terroristes islamistes après leur assassinats censés leur ouvrir le paradis des musulmans.

    Je sais que les faits divers sont une source inépuisable pour les journalistes d’articles, d’informations et de commentaires, mais il me semble malsain, pour ne pas dire révoltant, de transformer ainsi des assassins en héros, omniprésents sur les ondes et les écrans au point d’attirer l’intérêt et même l’amour de quelques égarées plutôt perverses.

    Klimt : Frise Beethoven : « Les forces du mal »

    « Bien que cela n'intéresse personneIls ne pensent qu’à ça »

  • Commentaires

    1
    Jean-Claude HALLEY
    Vendredi 29 Juin à 18:04

    Votre dégoût est le mien...

      • Vendredi 29 Juin à 18:37

        Mais je pense que les amateurs de fange ne manquent pas.

    2
    Vendredi 29 Juin à 18:18

    Je suis aussi dégoûtée par ce genre "d'infos" il y a tent de chose plus belles dans le monde!

      • Vendredi 29 Juin à 18:38

        Il s'agit plus qu'une info mais d'une émission entière consacrée à ce criminel.

    3
    Samedi 30 Juin à 10:36

    Quand il n'y a pas de faits-divers, on écrit des livres et tourne des films.

      • Samedi 30 Juin à 11:29

        Je pense que les faits divers n'ont jamais manqué.

    4
    Sémaphore
    Samedi 30 Juin à 19:26
    Sémaphore

    Sans parler ses études psychologiques à deux balles pou "savoir pourquoi ce pauvre tueur, terroriste, etc... (qualificatif choisi en fonction du besoin) a bien pu en arriver là...

    avec l'inévitable cortège des membres de la famille et des voisins qui dressent systématiquement le portrait d'un gusse tout gentil qui donnait à manger aux oiseaux, portait les courses des grands-mères et les aidait à traverser aux passages cloutés...

    La victime quant à elle ne reçoit jamais le moindre apitoiement pour tout ce qu'elle aura loupé... (ou jamais en proportion correspondante)...

      • Samedi 30 Juin à 22:41

        Le coupable est bien plus intéressant que la victime.

    5
    Souris donc
    Dimanche 1er Juillet à 00:03

    Omniprésent sur les ondes.

    Et le petit Grégory, Chanal, Fourniret... Du marronnier pour les pisse-copie. Avec les francmacs, le salaire des cadres et le classement des hôpitaux.

      • Dimanche 1er Juillet à 09:24

        La transformation de l'assassin en héros n'est pas un marronnier mais une perversion de l'information.

    6
    Souris donc
    Dimanche 1er Juillet à 09:20

    Autre partage de la perversité : la chasse à l'homme.

    Vous connaissez le chef d'orchestre James Levine. Carrière de chef d'opéra (BSO puis MET), discographie éblouissante. Enregistrements d'anthologie récompensés par deux Grammy Award.

    74 ans, infirme, malade.

    Voilà que trois loustics se réveillent et l'accusent d'attouchements* il y a...50 ans. Que croyez-vous qu'il arriva ? Personne pour prendre la défense de Levine. Pire : le directeur du MET lui interdit dorénavant d'en franchir le vertueux seuil, même comme spectateur.

    *Ivan Alexandre appelle ça le touche-pipi scout dans sa chronique du Diapason du mois dernier.

      • Dimanche 1er Juillet à 09:31

        Le lynchage médiatique, mais ici le pire est le lynchage par l'environnement du condamné sans jugement qui se croit obligé de suivre la meute, de peur d'être condamné à son tour pour non assistance à la vertu du jour.

      • Souris donc
        Dimanche 1er Juillet à 11:23

        Idem pour Charles Dutoit, chef pendant 25 ans de l'orchestre symphonique de Montréal. Des cantatrices l'ont dépeint comme un satyre aux mains baladeuses. L'allégation a suffi. La mairesse de Montréal lui a retiré son titre de citoyen d'honneur. Le pauvre Dutoit aggravant son cas en parlant du "contact physique informel" habituel dans le milieu de la musique, il a été exclu de tous ses engagements à venir auprès d'autres orchestres.

      • Dimanche 1er Juillet à 12:40

        La parole se libère mais les petites vengeances aussi.

    7
    Lundi 2 Juillet à 16:20

    A laisser croupir dans un cul-de-basse-fosse et à oublier ! 

     

      • Lundi 2 Juillet à 16:57

        D'ailleurs, j'ai oublié son nom que je n'ai pas cité.

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