• Le masochisme du lecteur

    Le masochisme du lecteur

    Par une fatalité à laquelle j’aurais pu aisément m’opposer, j’ai failli lire complètement un troisième roman d’Annie Ernaux. 

    Je viens d’interrompre « La honte » à la page 116, après avoir subi, je ne sais pour quelle raison, « la place » et « L’événement ». Il faut dire que les titres sont aussi brefs que les livres qui dépassent péniblement les 100 pages et comme le disait le non regretté Céline : "en laissant tomber un de ses livres, on ne risque pas de se faire mal au pied". Ce sont des titres percutants qui promettent monts et merveilles, mais ce ne sont que promesses de Gascon : ils recouvrent du vide. De petits souvenirs personnels d’une vie – apparemment – sans relief et médiocre. Un nombrilisme sans intérêt raconté gentiment, une littérature d’agence immobilière (elle excelle dans la description de l’épicerie de ses parents) digne d’un journal intime de jeune fille mais un peu trop délayé à mon goût, mais il faut tout de même dépasser les 100 pages pour être prise au sérieux.

    Cette écrivaine (le terme au féminin prend ici tout son sens) est surtout publiée par Gallimard, s’il vous plait, et d’après la dernière page de « La honte » elle a commis 18 livres jusqu’à l’année 2016. Je suppose donc qu’elle a du succès, ce qui explique que ces opuscules m’ont été offerts afin que je puisse rester dans le vent (une brise suffirait) et que je me suis efforcé de les lire par égard pour mes donateurs (qui, je l’espère, ne visitent pas mon blog).

    Bien sûr, sur ces 18 livres je n’en ai subi que 3 (c’est à dire 350 pages environ tout de même) en espérant sans doute, en passant de l’un à l’autre, voir apparaître enfin une épaisseur littéraire (je ne parle pas de l’épaisseur du livre, car j’ai lu des livres courts qui étaient des bijoux). Mais peut-être que les 15 autres sont des chefs-d’œuvre, j’en doute cependant car il me semble que Mme Ernaux n’a rien à dire.

    Illustration : Jacob Lawrence : "The library"

    « La libération de la paroleL’origine de la violence conjugale »

  • Commentaires

    1
    Jeudi 22 Février à 19:55

    La littérature aujourd'hui, est encombrée par ce genre d'article, avez-vous lu Angot ? C'est assez coton dans la bêtise aussi! Pareillement on me les a offerts, je les ai finalement donné à ma fille qui a été les vendre à la "bouquinerie" pour s'en acheter d'autres, nous n'avons pas tout perdu comme vous le voyez.

      • Jeudi 22 Février à 20:38

        Personne m'a offert du Angot et je crois que c'est tant mieux.

    2
    Jeudi 22 Février à 20:49

    Ces donateurs étaient-ils de vos amis ou de ceux de Madame Ernaux?

      • Jeudi 22 Février à 22:54

        J'ose espérer qu'ils voulaient partager avec moi le plaisir qu'ils avaient de la connaître.

    3
    Souris donc
    Vendredi 23 Février à 09:37

    Bien d'accord : faut pas être maso ! Je n’ai jamais aimé la fiction, que je trouve nombriliste. Traumatisée par les Voleurs de beauté de Pascal Bruckner, un roman de gare sans intérêt. Prix Renaudot ! Ce qui m’a achevée, c’est ensuite le roman d’une de ces mégères à physique "difficile" comme on dit maintenant, (avant on disait "ingrat"). Bref, laide. Je ne sais plus laquelle. Qui raconte comment elle va s’encanailler sur les aires de stationnement des poids lourds. De la vraie fiction. Ou alors, faut vraiment que le camionneur soit en manque.

    Bref, plus jamais de fiction. Il y a un genre qui commence à percer et qui prouve que les gens en ont marre, c’est la docu-fiction qui s’inscrit dans la réalité en mettant en scène des personnages existants (Houellebecq et Soumission où l’on voit Bayrou choisi par le Président musulman à cause de son imbécillité. Tous les ouvrages documentés de Jean-Christophe Rufin. Son Check-Point, les ONG comme si vous y étiez, son  Parfum d’Adam, l’écologisme plus vrai que nature. Dugain, Lemaitre, Laurent Binet...)

    Pour comprendre le monde, il y a mille livres. Je suis sur les Conversations avec Poutine, d’Oliver Stone dont j’ai loupé le documentaire à la télé l’été dernier. Stone, très critique envers son pays, et Poutine appelant les Etats-Unis "nos partenaires". Un renversement de point de vue sur les affaires du monde.

    Pas du Ernaux.

      • Vendredi 23 Février à 11:21

        Le pire pour Ernaux c'est qu'il semble, pour les livres que j'ai lus, que ce n'est pas de la fiction mais sa vie (qui manque dans ce cas totalement d'intérêt). Le docufiction est en effet bien plus passionnant. D'ailleurs le dernier prix Goncourt a été attribué à Eric Vuillard pour "L'ordre du jour" excellent petit livre qui met en scène les protagonistes de l'invasion de l'Autriche par l'Allemagne de Hitler.

      • Souris donc
        Vendredi 23 Février à 17:17

        Pire que tout, oui, l'autobiographie de gens sans intérêt.

        PS. Oliver Stone, de quoi je me mêle, a également lancé une pétition en Amérique en faveur de Mélenchon lors de la présidentielle (Google + Wiki, comme fait notre Bedeau préféré).

      • Vendredi 23 Février à 17:40

        Il a pourtant fort à faire dans son pays comme d'équiper les élèves américains de gilets pare-balles.

    4
    Vendredi 23 Février à 14:52

    Bon, moi, je n'avais pas l'honneur de connaitre, même de nom, cette écrivaine....

    Dans ces cas là, je demande à mon ami Google si son copain Wikipedia a des infos là-dessus (ça marche presque à tous les coups), et je comprends les raisons de son succès (relatif) dans  certains médias (Le Monde, Télérama, Libération, France-Culture, l'Humanité, le Nouvel Obs...) et quelques milieux universitaires... mais là et seulement là, semble t-il...

    je cite:

    "À l'élection présidentielle de 2012, elle soutient le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, car "il reprend une parole, communiste mais pas seulement, qu’on n’entendait plus"

    "Le 30 novembre 2015, elle est parmi les signataires de l'Appel des 58 : "Nous manifesterons pendant l'état d'urgence"

    "Le 19 juin 2017, elle co-signe dans Le Monde une tribune de soutien à Houria Bouteldja, auteur de "Les Blancs, les juifs et nous" (2016), porte-parole des Indigènes de la République.

     

    Elle aurait aussi demandé que Richard Millet ne soit plus édité ni ne puisse éditer les autres, en rassemblant "un bataillon d’auteurs en vue d’obtenir son châtiment" (suite à son livre sur Anders Breivik...)

    Mais je dois avoir mauvais esprit...

     

      • Vendredi 23 Février à 16:15

        Mon jugement est purement littéraire puisque je ne connaissais aucun des antécédents que vous venez de me communiquer. Il y a donc une totale objectivité dans ma critique.

    5
    Souris donc
    Vendredi 23 Février à 18:02

    Autobiographie sans intérêt : il existe maintenant un métier d'aide à l'écriture. Publication à compte d'auteur, que les anglo-saxons appellent "vanity press". Quelques auteurs reconnus ont publié, bonne idée, un recueil de nouvelles au profit des Restos du Cœur. Une des nouvelles met en scène le pilon. Où retournent les invendus. Un des personnages qui y travaille sauve quelques livres et va les lire dans les transports en commun et les maisons de retraite. L'histoire ne dit pas si les pauvres retraités tombent sur du Ernaux.

      • Vendredi 23 Février à 18:11

        Ne sachant plus où mettre mes livres j'en ai exposé anonymement une caisse dans mon immeuble pour que ses habitants puissent se servir. Gros succès, mais certains ont estimé que ça faisait désordre, je n'ai donc pas continué la distribution.

      • Souris donc
        Vendredi 23 Février à 18:28

         Vous avez maintenant partout des boîtes à livres, ou boîtes à lire où vous pouvez déposer vos livres.

         

      • Vendredi 23 Février à 18:38

        Elles sont assez loin et les livres sont lourds, mais ce n'est pas impossible avec une valise à roulettes yes

    6
    Serge
    Mardi 27 Février à 12:48

    Elle a signé la pétition pour que Richard Millet soit viré du comité de lecture de Gallimard.

    Tout est dit.

      • Mardi 27 Février à 17:41

        Je pense que Richard Millet, que l'on soit d'accord avec lui ou non, a infiniment plus d'épaisseur que cette petite  romancière qui n'a rien à dire mais qui croit personnifier le Bien dans son intégralité.

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