De toute évidence, il est bien plus dangereux d’habiter près d’une centrale nucléaire que d’un parc d’éoliennes, qu’il serait cependant souhaitable d’installer dans des zones industrielles plutôt que dans des zones rurales pour respecter les paysages. Reste qu’il existe un débat entre opposants (483 organisations dans 22 pays) et partisans de cette source d’énergie, les opposants, outre l’altération du paysage, mettent en avant l’impact sur la santé des riverains de ces champs de grandes girouettes qui font penser aux moulins à vent de Don Quichotte. Faut-il croire Jacques Julliard qui déclare (Marianne du 20/08/11) : « les éoliennes sont comme les moulins à vent de l’époque moderne : beaucoup de gesticulation, pas d’électricité… ».
Une biologiste suisse a fait le point sur la question sanitaire dans un rapport où est décrit, ce que l’on appelle à présent, le « syndrome éolien » (voir l’encadré) : http://www.epaw.org/documents/Eoliennes_et_sante_humaine-Nicole_Lachat.pdf
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Troubles du sommeil, maux de tête, acouphènes, sensation d’augmentation de la pression à l’intérieur de l’oreille, étourdissements, vertiges, nausées, troubles de la vue, cœur plus rapide, irritabilité, troubles de la concentration et de la mémoire, angoisses. |
Ces troubles ont été rapportés par des médecins différents et n’ayant pas eu connaissance des descriptions de leurs confères. Ce syndrome ne frapperait pas tous les riverains, certains étant plus sensibles que d’autres et notamment les migraineux ou les sujets souffrant du mal des transports.
La nuisance proviendrait des sons émis par les éoliennes dont le spectre de fréquence est large avec de fortes variations d’amplitude, leur propagation étant facilitée par leur hauteur. Au niveau de la nacelle le bruit atteint 120 dB (bruit d’une discothèque), à 300m il s’abaisse à 45 dB. Il suffit donc d’être loin pour ne pas être gêné par le bruit mécanique. Mais c’est sans compter sur l’émission d’infrasons dont la fréquence est trop basse pour être entendue par l’oreille humaine et qui, eux, peuvent se propager à plusieurs kilomètres. Certains disent que ce qui ne peut pas être entendu ne peut pas être nuisible, argument un peu superficiel, car, par exemple, les rayons UV ne sont pas vues mais peuvent provoquer un cancer de la peau. Les infrasons sont en fait ressentis par le corps, ils existent dans la vie courante (comme lors du passage d’un camion ou lors d’un orage) mais de façon ponctuelle, les éoliennes, elles, émettent ces infrasons de manière continue et seraient à l’origine des maux constatés.
Si on peut douter de leur existence et accuser de subjectivité les riverains a priori contre les éoliennes, ces mêmes troubles ont été décrits par ceux qui en étaient au départ partisans et par d’autres qui n’avaient fait aucun rapprochement entre leurs troubles et la proximité des éoliennes.
Etant donné que ce « syndrome éolien » ne comporte que des symptômes non spécifiques et sans anomalies objectives mesurables, le débat risque de se prolonger avec la nécessité d’autres études, impartiales, comportant des groupes contrôles et suffisamment longues car les maux ressentis n’apparaissent pas dans l’immédiat.