• 275. Quand on prend de la bouteille

     

    275. Quand on prend de la bouteille

    Une étude récente parue dans The Lancet avance que dès le premier verre d’alcool nous sommes exposés à des dangers multiples. Cette fâcheuse nouvelle a peut-être diffusé comme une traînée de poudre blanche parmi les pochards et les pochardes qui ont les moyens de boire du bon vin, mais sans doute pas parmi les habitants de nos rues à ciel ouvert pour qui le litre de rouge bon marché constitue leur chauffage central pendant l’hiver. Cette nouvelle inquiétante laisse totalement indifférentes les nouvelles mendiantes importées du Moyen-Orient qui, voile sur la tête et progéniture dans les bras, constellent les couloirs du métro parisien et pour lesquelles, Allah merci, l’alcool est interdit.

    Une telle étude étonne par sa radicalité, ce qui amène à soupçonner une manipulation des données (ce qui semble être le cas) pour démontrer ce qui heurte le bon sens le plus élémentaire, c’est à dire qu’un verre d’alcool puisse changer votre destinée, en dehors d’un accident provoqué par une ivresse au volant. Le vin étant évidemment inclus dans la consommation d’alcool, cette étude ne tient pas compte de celles qui montrent que le vin, à doses très modérées, a des vertus expliquant pour certains le « paradoxe français » de la fréquence moindre des maladies cardiovasculaires par rapport aux pays du nord de l’Europe malgré une alimentation à la française plutôt riche. C’est ainsi que les médecins, qui échappent pour la plupart aux études du genre mais pas au sexisme, préconisent à leurs patients de ne pas dépasser : 14 verres de vin par semaine s’ils sont du sexe masculin et seulement 8 s’ils sont du sexe féminin sans le moindre souci de respecter la parité à cet égard. A ma connaissance aucune détermination n’a été faite pour les autres genres qui tendent à se multiplier à défaut d’enfanter.

    Quand on prend de la bouteille, on n’est que modérément impressionné par les études, surtout lorsque leurs conclusions radicales se veulent révolutionnaires, car on a eu le temps de voir les études défiler en montrant tout et son contraire. Il suffit d’attendre.

    C’est ainsi que, tout jeune médecin, il m’était enseigné de rechercher une cause à l’hypertension artérielle chez tous les patients qui en étaient atteints – il faut dire qu’à l’époque le budget de l’assurance maladie était peu ou pas troué - pour ne le faire plus tard que dans les cas sélectionnés.

    Il fut un temps où les béta-bloquants étaient formellement contre-indiqués lorsque le cœur était défaillant pour devenir ultérieurement formellement indiqués dans ce même cas (mais à doses très progressives).  

    Jusqu’à présent on avait tout intérêt à tenter d’élever le taux du « bon cholestérol » (HDL), il vient de paraître une étude qui affirme qu’il deviendrait mauvais s’il est trop haut.

    Des études montrent que les sucres ne seraient pas bon pour la santé, ce qui conduirait, du coup, à privilégier les graisses qui, jusqu’à présent, n’étaient pas bon pour les artères, et les viandes rouges accusées d’être cancérigènes.

    Il est certain que la vie est dangereuse - la preuve est que l’on en meure - et ces fichus médecins n’ont pas fini de regarder dans nos assiettes et dans nos verres avec une insistance qui finit par nous couper l’appétit et la soif car les légumes, les fruits et l’eau, qui, pour l’instant, sortent toujours indemnes des critiques, s’avèrent un peu lassants à la longue.

    Illustration de Degas : « Absinthe »    

    « Attention Dieu méchantChoses inutiles et périssables »

  • Commentaires

    1
    Samedi 8 Septembre à 20:26

     

    Je me permets d'apporter en toute modestie une humble contradiction éventuelle à toutes ces études savantes et bienveillantes :

    Messieurs (ça ne s'adresse qu'aux messieurs et assimilés)

    On peut picoler tout ce qu'on veut, tant qu'on veut, depuis le kil de rouge en litre à 5 étoiles retrouvé au fond de la cave à pépé jusqu'au "Yamazak":  un whisky japonais de 50 ans d'âge à 9 400 € la bouteille (environ et selon le change).

    On peut bouffer, à s'en faire péter la sous-ventrière, gras, salé, sucré, trop salé, avec du gluten et de la caféine et du lactose et de l'huile de palme, avec des traces de fruits à coques ou de crustacés, se servir des 5 fruits et légumes quotidiens obligatoires uniquement dans le but d'éloigner le médecin en visant bien, etc...

    Il suffit juste de prendre une décision, un peu surprenante et pas très facile à prendre, au début :

                                Pour vivre vieux vivons castrés :

    les eunuques vivraient 19 ans de plus que les hommes non castrés !

    (selon une étude de 2012 dont je n'ai pas encore testé la sériosité, mais c'est scientifique)

     

      • Samedi 8 Septembre à 21:40

        ça donne les boules.

    2
    Samedi 8 Septembre à 20:41
    Pangloss

    Devrai-je me mettre à boire sur le tard? 

      • Samedi 8 Septembre à 21:47

        On ne change pas des habitudes qui gagnent.

        NB Ce qui console est que ces objets volants dont vous parlez sur votre blog sont identifiés (OVI)

    3
    Dimanche 9 Septembre à 12:45
    Pangloss

    Le monde nous en veut. Même les paranoïaques peuvent avoir des ennemis.

      • Dimanche 9 Septembre à 15:50

        Le paranoïaque trouve toujours, un jour ou l'autre, l'ennemi qu'il craint. 

    4
    Sémaphore
    Dimanche 9 Septembre à 23:59
    Sémaphore

    Cet axiome fait penser à l'aphorisme :

    quand la réalité heurte Votre belle théorie élégamment bâtie, c'est la réalité qui a tort...

    Soutenir que le premier verre d'alcool comporte tant de dangers face à l'expérience millénaire que l'on peut en avoir, est quand même très aventuré comme postulat. Il y a d'ailleurs déjà des articles dénonçant pareil oukase ne paraissant pas reposer sur des bases convenables ou un raisonnement conventionnel. Cela fait un peu théorie du coup d'aile de papillon qui déclenche des tempêtes...

      • Lundi 10 Septembre à 09:07

        C'est un article destiné à faire du bruit - ce qu'il a parfaitement réussi - mais dont l'honnêteté laisse à désirer sur bien des plans et pour commencer en attribuant à l'alcool une responsabilité dans des maladies où celui-ci n'a qu'un rôle nul ou mineur.

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